Dix semaines avec BB...

Publié le par Ricard Bruno

Colombe Schneck imagine le roman d'une brève histoire d'amour, en 1967, entre Brigitte Bardot et un technicien de cinéma. Publicité L'allemand ? Apprenez l'allemand avec Babbel et LeFigaro Démarrer 1/5 Dix semaines. Dix semaines à partager la vie, même en secret, de la plus belle femme du monde: quel homme n'a jamais fait ce rêve? Assistant costumier, natif d'Oujda, Maroc, F. l'a réalisé. En mai 1967, il a trente et un ans et se trouve à Rome, dans les studios de Cinecittà. Louis Malle, qui avait connu le succès trois ans plus tôt en adaptant Le Feu follet de Drieu, y tourne William Wilson, un des sketchs tiré des Histoires extraordinaires d'Edgar Poe. Si le casting est royal, Brigitte Bardot et Alain Delon , le film ne restera pas dans les mémoires. Sauf pour F., que l'actrice va choisir pour amant. Trente ans après, il découvre l'autobiographie de la star. Leurs deux mois ensemble et les quatre-vingt-dix-sept fois où ils ont fait l'amour tiennent en une phrase: «F., qui m'a consolée de mon mariage de pacotille.» La star avait épousé un an plus tôt le play-boy milliardaire Gunter Sachs , qui s'occupait davantage de son image que de sa femme, pourtant sublime. Sublime de naturel, de liberté, d'insolence. En lisant cette phrase lapidaire, F. ne s'offusque pas. Grâce à la star, il a appris à aimer. Et la longue lettre qu'il va lui écrire est une façon de la remercier et de revivre, aussi, peut-être, ses jours merveilleux auprès d'elle. Summer of love À travers son personnage masculin, Colombe Schneck rappelle un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître, et qu'elle n'a pas connu non plus. L'époque des Grands Bouleversements, du fameux Summer of Love, des premières télés couleur. F., qui n'en finit plus de s'extasier devant la beauté de sa maîtresse, qu'il compare à une reine, une déesse, montre à quel point celle-ci fut un détonateur pour l'époque: «Tu es la première fille pour qui coucher avec un garçon est naturel et bon. Tu en as envie, tu le demandes, tu proposes, tu fais l'amour avec des garçons dont tu n'es pas amoureuse, mais que tu trouves mignons, et puis tu les oublies.» La romancière analyse finement le mécanisme amoureux de la star, sa peur panique de la solitude, sa mélancolie et aussi cette force qui lui permet de survivre à toutes ses histoires d'amour en étant celle qui congédie. Alors que BB fêtera le 28 septembre ses quatre-vingts ans, le joli récit de Colombe Schneck lui restitue sa grâce, son naturel, son étonnante modernité. «Mai 67», de Colombe Schneck, Robert Laffont, 260 p., 18,50 €. L'auteur Sur le même sujet Réagir (0) Partager

Publié dans Le web en parle

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