Les produits dérivés du phoque resteront interdits en Europe

Publié le par Ricard Bruno

« C'est un jour merveilleux pour les phoques », déclare Sheryl Fink, du Fonds international pour la protection des animaux, après la décision de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) de rejeter, le 22 mai, l'appel du Canada et de la Norvège contre l'embargo européen sur les produits dérivés du phoque au sein de l'Union européenne. « La raison et la compassion ont triomphé sur la cruauté », estime Mme Fink. En août 2010, l'Union européenne prend la décision d'interdire la commercialisation de produits dérivés du phoque sur l'ensemble du territoire communautaire. Deux ans plus tard, le Canada et la Norvège décident d'attaquer cet embargo. Fin novembre 2013, l'OMC déboute les deux pays, géants du commerce de produits dérivés de phoques, et semble donc mettre un terme au conflit. Mais le Canada et la Norvège font appel de la décision. Appel rejeté donc, le 22 mai par l'OMC. CHASSE TROP CRUELLE L'Union européenne avait justifié cette interdiction de vendre des produits dérivés de phoques (qui regroupent à la fois les peaux de la fourrure des phoques ainsi que les différents composés à base de graisse et d'huile très prisés par l'industrie pharmaceutique) par des méthodes de chasses jugées trop « cruelles ». Selon la Fondation Brigitte Bardot, « les jeunes phoques sont assommés à grands coups d'hakapik (un bâton d'environ 1,50 m muni d'un percuteur en métal) puis dépecés sur place ». Comme lors de sa précédente décision de 2013, l'OMC indiquait que les considérations d'ordre moral, y compris les préoccupations portant sur le bien-être des animaux, pouvaient justifier une restriction du commerce international. Ce motif n'avait encore jamais été utilisé pour bloquer l'importation de produits dérivés d'une espèce sauvage, espèce dont la survie n'est pas menacée. C'était une première pour le droit international. DÉCEPTION CANADIENNE Au contraire, pour la ministre canadienne de l'environnement, Leona Aglukkaq, venue en mars à Genève pour plaider la cause de son pays, la chasse est pratiquée de manière « humaine et durable » sur le territoire canadien, et ce « depuis des siècles ». La ministre estimait alors que l'OMC devrait statuer en fonction des règles internationales du commerce et non pas en fonction de la moralité, « une notion forcément subjective » selon elle. Deux autres ministres canadiens, Ed Fast (commerce international) et Gail Shea (pêches et océans), se sont également opposés à la décision de l'OMC : « L'embargo européen sur les produits du phoque n'était qu'une décision d'ordre politique aucunement fondée sur les faits et les données scientifiques », ont-ils déclaré. Pour le Canada, « la chasse aux phoques (…) est une activité humaine, durable et bien réglementée qui constitue une importante source de nourriture et de revenus pour les collectivités côtières et inuites ». Environ 600 000 personnes la pratiquent. Un quota de 400 000 animaux peuvent être tués en moyenne par an. RESSOURCES HALIEUTIQUES EN PÉRIL Le gouvernement canadien explique notamment que l'embargo européen a entraîné une hausse des populations de phoques, mettant en péril les ressources halieutiques du pays. Le Canada explique aussi avoir durci sa législation pour éliminer les pratiques de chasse les plus critiquées. Ainsi, l'utilisation de l'hakapik a été restreinte depuis 2009. Aujourd'hui, 34 pays interdisent le commerce de produits dérivés du phoque : les 28 Etats membres de l'UE, la Russie, le Kazakhstan, la Biélorussie, la Croatie, le Mexique, les Etats-Unis (premier partenaire commercial du Canada) et, plus récemment, Taïwan. 900 000 phoques environ sont tués chaque année dans le monde à des fins commerciales ou de subsistance.

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