Schnock n°11 à paraitre prochainement...extrait...

Publié le par Ricard Bruno

Couturier attitré de Brigitte Bardot dès leur rencontre en 64, Jean Bouquin a vécu, sept ans durant, le tourbillon BB de l’intérieur. Il a accepté de raconter sa « soeur Brigitte » pour Schnock. Extraits d’un grand entretien où l’ami fidèle styliste évoque une époque où l'actrice n'hésitait pas à porter des tee-shirts à l'effigie de Valéry Giscard d'Estaing. Jean Bouquin : Notre collaboration a duré jusqu’en 71, et après nous sommes restés des amis intimes. Elle est capable d’écrire des lettres d’une tendresse incroyable : « Ce soir, je m’endormirai en ne pensant qu’à nous. » À l’époque, elle m’appelait à 4 heures du matin en me disant : « Il est tout nu sur le palier, viens vite parce qu’il y a tous les journalistes en bas, il faut que tu amènes des vêtements et qu’on le sorte ! » J’étais son confident, son ami, je ne l’ai jamais trahie, voilà. Au début des années 70, vous devenez de plus en plus politisé, au point de participer activement à la campagne présidentielle de 74, aux côtés de François Mitterrand. Qu’en pensait Bardot ? Ah ! Le Mitterrand, elle en pensait rien parce qu’elle ne veut même pas en entendre parler. Elle me disait : « Qu’est-ce que tu fous avec lui ? » Elle avait le maillot de Giscard. À Saint-Tropez elle se baladait avec. Elle me dit : « Pourquoi tu es là ? »Je lui réponds : « Écoute Brigitte. Tu es née dans le XVIème, ton père était militaire ; moi dans le XIème, rue Voltaire, ma mère est blanchisseuse. Je suis né en 36, elle défilait pour le Front populaire alors que j’étais dans son ventre. Bon, c’est sûr que Giscard, je l’ai habillé. Mais on n’est pas dans le même monde, et je ne te le reproche pas ! » Donc on n’était pas d’accord. À l’époque elle est de droite, une droite modérée, une droite « XVIème ». Et donc je me suis battu pour Mitterrand en 74, j’ai fait le tour de France avec lui, avec Jacques Higelin, et on a perdu de 400 000 voix. Ça m’a fait un coup, j’y croyais. Mais Brigitte n’a jamais voulu entendre parler d’un mec de gauche, quel qu’il soit, jamais. Et en plus elle était très bien avec Giscard. Très très bien. Par la suite, Giscard d’Estaing a aidé sa fondation : il interdira l’importation des peaux de phoque en 1977. Les animaux, elle voulait les sauver dès 68. Avec Brigitte, on a fait plein de belles choses, c’est une fille extraordinaire. Un jour elle me dit : « Jean, y a un type qui m’a écrit, ils vont lui tuer ses soixante-dix chevaux. Tu te rends compte ? Faut que tu les sauves. » Je vais voir le mec à Auvers-sur-Oise, on est en 68. En fait le mec, il gardait les chevaux pour pas qu’on lui vende son ranch. Celui-ci avait été vendu aux enchères et là, il y avait eu surenchère. Et arrive la mort de De Gaulle. Et quand meurt un président de la République, plus rien ne se fait. Donc j’arrive, on me dit que la vente est reportée de trois semaines. Donc j’y vais. Brigitte croyait que j’allais pouvoir récupérer les chevaux. Et j’achète le ranch. Je l’ai toujours. Brigitte, je lui dis : « J’ai acheté le ranch et les chevaux, donc on a sauvé les chevaux !» Mais elle, elle ne se rend pas compte (du côté pratique des choses), elle disait : « Il faut aller sauver ça », et voilà.

Schnock n°11 à paraitre prochainement...extrait...

Publié dans le web en parle

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