La lettre du CRAC Europe // septembre 2014

Publié le par Ricard Bruno

La lettre du CRAC Europe // septembre 2014
La lettre du CRAC Europe // septembre 2014

Déni de justice, censure, violences, ça suffit !

Dans quelques jours, cela fera très exactement trois ans que le lynchage de Rodilhan se sera produit. Bien que l’instruction soit enfin bouclée depuis octobre 2013 et que la plupart des agresseurs aient été identifiés, aucune date de procès n’a encore été donnée. Il ne fait pas bon être victime lorsque le tribunal dont on dépend se trouve à Nîmes. Ce déni de justice est inacceptable et justifie à lui seul que nous nous mobilisions plus que jamais pour venir manifester une nouvelle fois à Rodilhan. Ce sera le 5 octobre. Cette fois, l’initiative a été prise par des militants autonomes qui ont lancé une action citoyenne dans ce but. Le CRAC Europe ne cherche en rien à récupérer cet événement à son nom. Ce qui compte, c’est d’être présents en nombre à Rodilhan pour protester non seulement contre une nouvelle séance de massacre mais également contre l’inertie honteuse de la justice nîmoise sur cette affaire de violences graves. Nous soutenons donc sans réserves l’action citoyenne en question, et encourageons tous les militants anti-corrida, qu’ils fassent ou non partie d’une association, à la rejoindre. Cela reste d’autant plus crucial que l’action citoyenne de Maubourguet s’est elle aussi traduite par des violences ignobles, commises tant par les aficionados qui décidément aiment infliger des souffrances et voir couler du sang - y compris humain - que par un groupe de CRS particulièrement haineux, leur commandant n’hésitant pas à dire haut et fort qu’il était là « pour casser de l’anti-corrida ». Cela est totalement inacceptable dans un pays où la liberté d’opinion est pourtant garantie par la Constitution. De nombreuses plaintes ont été et vont continuer à être déposées. La sortie du livre « Corrida la honte » en mai dernier a été marquée aussitôt par une nouvelle attaque en justice du lobby taurin. C’est en effet l’ONCT qui a mis l’un de ses avocats à la disposition de Serena Carone, sculptrice de la statue de Nimeno 2, afin d’obtenir l’interdiction d’une photo de son oeuvre couverte de faux sang sur la couverture du livre. Le juge n’a pas retenu nos arguments (représentation d’un fait-divers sur la voie publique) et a suivi tous ceux des aficionados. Il est cependant réjouissant de constater que quatre mois après sa sortie, « Corrida la honte » n’a été attaqué que pour sa couverture et jamais pour son contenu, ce qui confirme la solidité des informations qu’il révèle et leur caractère irréfutable. Une nouvelle édition augmentée est d’ores et déjà en préparation, avec une autre couverture qui sera, elle, inattaquable. Il en faudra beaucoup plus que cette censure minable pour nous faire taire, d’autant que ce livre commence à peine sa carrière. Afin de soutenir les propositions de projets de loi (PPL) déposées à l’Assemblée et au Sénat, « Corrida la honte » a été distribué aux 348 sénateurs et aux 577 députés le lundi 15 septembre, jour de la rentrée parlementaire. Cette opération sans précédents par son ampleur a été rendue possible grâce au soutien indéfectible de nos partenaires (Fondation Brigitte Bardot, Animaux en Péril, SNDA et Editions du Puits de Roulle). Nos élus vont ainsi avoir accès à une description détaillée et solidement étayée des turpitudes du monde de la tauromachie. Ceux d’entre eux qui n’ont aucune opinion sur la corrida - une large majorité - ne pourront plus dire qu’ils ne savaient pas. Nous comptons d’ailleurs bien les aider à s’informer au mieux grâce à nos réunions de formation visant à faire du lobbying anti-corrida auprès des parlementaires. La prochaine séance de formation aura lieu à Lyon le 11 octobre. Les militants inscrits y recevront tous le Vademecum mis au point par nos soins, qui contient, en sus des PPL en cours, les principaux arguments permettant de convaincre des élus hésitants. La meilleure façon de faire disparaître la corrida est de la rendre illégale. L’abrogation d’un seul alinéa suffit pour cela. Il s’agit de notre objectif premier. Tous ensemble, nous allons réussir à mettre fin à cette ignominie. Abolition ! Roger Lahana Vice-président du CRAC Europe

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