La vie de Bardot aujourd’hui, racontée par son ami Henry-Jean Servat

Publié le par Ricard Bruno

Brigitte Bardot en 1997

Brigitte Bardot en 1997

Je ne vois plus personne ou presque», reconnaît Brigitte Bardot qui célèbre aujourd’hui ses 80 ans dont une vingtaine d’années consacrées au cinéma. Mais son quotidien n’a depuis longtemps plus rien à voir avec celui d’une actrice mythique du grand écran.

C’est ce que nous raconte le journaliste Henry-Jean Servat, un de ses proches amis, qui lui rend visite régulièrement dans le petit port varois où l’héroïne de «Et Dieu créa la femme» de Roger Vadim (1956), a élu domicile en 1958 dans sa propriété de La Madrague. Voici son témoignage, passionnant. Une chevelure qui descend sous ses fesses «Brigitte Bardot ne vit aujourd’hui qu’à Saint-Tropez. Chez ses animaux. Elle a fait le don à sa Fondation, il y a maintenant plus de 20 ans, de La Madrague, ancienne maison de pêcheurs, achetée en 1958, située sur la plage des Canoubiers, au ras de l’eau, et protégée de la vue par un mur et un rideau de bambous. Elle commence sa journée par la lecture de «Var-Matin» et du «Figaro» dont elle fait les mots croisés. Elle ne va plus nulle part, et certainement pas chez le coiffeur, mettant elle-même de l’ordre dans sa chevelure qui lui descend jusqu’en bas des fesses et qu’elle remonte et épingle en gros chignon piqueté de fleurettes de son jardin. Elle n’a pas mis les pieds sur le port depuis des lustres. Elle souffre des hanches et marche avec des cannes mais peut aussi se déplacer sans, sur de petits trajets. Elle refuse de se faire opérer par crainte de l’anesthésie. Plusieurs de ses proches sont décédés sur des tables d’opération. Elle vit entourée de pins et d'animaux rescapés des abattoirs Selon un rite immuable qui ne change jamais, chaque jour de sa vie, au volant de sa 4L blanche qui a connu des jours meilleurs et après que son gardien lui en a ouvert le portail, près duquel stationnent toujours des fans qui l’applaudissent, elle quitte La Madrague avec quelques-uns de ses chiens à bord, à l’heure du déjeuner. Empruntant une petite route passant par devant les demeures de Michèle Morgan et France Gall, elle part passer l’après-midi à la Garrigue, son autre petite maison, distante de quelques kilomètres, située au Capon sur une petite colline dont le terrain feuillu descend en pente douce vers la mer. Là, au calme, loin de tout, dans son «bureau, selon son expression, elle travaille à une table de bois, croulant sous les dossiers, sans ordinateur, rédigeant lettres pour sa Fondation, notes pour ses collaborateurs et courriers pour ses admirateurs. Portes et fenêtres en sont toujours ouvertes, du moins en été, et ses animaux, cheval, jument, ânes et poneys, se promènent librement au dehors. Tous, rescapés des abattoirs, passent la tête et réclament des friandises. En un vaste enclos, cohabitent un gros cochon, des chèvres et des moutons, également sauvés de la mort, des oies et de poules. Un autre gardien, tout nouveau, entretient la maison et nourrit les animaux. Le décor est simple, sans prétention, accueillant, chaleureux, tapissé de massifs d’hortensias et de bosquets de pins. L’air vient de la mer, en contrebas. Et il sent bon le vent frais et le sable chaud. Les dîners face à la mer A proximité, se trouve sa toute petite chapelle édifiée selon les plans de Brigitte et dédiée à Notre-Dame de la Garrigue. Les animaux décédés sont enterrés en de petits cercueils à son entour et leur photo se trouve sur l’autel. A la fin de la journée, travail accompli, Brigitte, que son secrétaire parisien vient aider le dernier week-end de chaque mois, redescend à La Madrague, et y nourrit ses animaux, chiens et chats, qui ne la quittent pas d’un poil. Puis elle dîne avec son mari Bernard. L’été au dehors. Presque sur la plage. De nombreux bateaux sont toujours amarrés au large face à son ponton, espérant l’entrapercevoir à la jumelle, mais Brigitte ne se baigne plus. Elle entend, ça dépend du temps, les navires de promenade dans la baie clamant haut et fort, à l’attention de leurs passagers, Et voici la maison de Brigitte Bardot !.... Elle lit des histoires à ses chiens Depuis longtemps déjà, elle ne mange plus de viande. Parfois, rarement, un peu de poisson. Elle confectionne omelettes et salades. Elle boit de l’eau ou du cidre. Pas de vin et plus de champagne. Elle lit beaucoup, parfois même des histoires à ses chiens, regarde la télévision selon les programmes, allongée sur son lit. Elle ne regarde jamais ses anciens films dont elle n’a d’ailleurs pas toutes les copies et dont elle se moque éperdument. Seuls, les animaux l’intéressent. Le téléphone sonne. Brigitte répond, au milieu de son décor inchangé depuis plusieurs années. Elle a émis le vœu (et fait ce qu’il fallait) pour reposer plus tard dans la terre de sa propriété, «près de ses petits», à La Madrague, dont elle souhaite qu’elle reste en l’état et puisse, transformée en lieu de mémoire, être visitée. Un jour. Lointain.».

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