Dans le tourbillon de la vie de Jeanne Moreau, sur France Musique

Publié le par Ricard Bruno

Dans le tourbillon de la vie de Jeanne Moreau, sur France Musique

Jeanne Moreau côté musique. De Miles Davis aux Têtes Raides, souvenirs et projets d'une gouailleuse à la diction claire. A écouter dans l’émission “Etonnez-moi Benoît” samedi 24 janvier à 11 heures sur France Musique.

Je ne fais pas de carrière, moi, j'ai été choisie. » Interrogée par Benoît Duteurtre sur France Musique, Jeanne Moreau est bien sûre d'elle. « Je ne suis pas responsable, je suis née comme ça, j'ai suivi le chemin qui m'était montré. » Un peu plus d'une heure durant, avec aplomb, la comédienne déroule ses souvenirs liés à la chanson. Elle repasse le disque de son enfance – « Maman était danseuse aux Folies Bergère, nous parlions toutes deux anglais, mon père détestait cela, il ne comprenait pas un mot. » Il y a cet oncle qui l'emmenait au Châtelet et à Mogador, les sorties en douce au ciné avec les copines, pour voir Premier Rendez-vous, d'Henri Decoin, avec une Danielle Darrieux fredonnant.

Elle qui voulait devenir ballerine incarne sur scène une prostituée chantante dans L'Heure éblouissante. Avec gouaille, l'octogénai­re raconte la directrice de la salle qui voulait la faire jouer sans culotte – « je n'allais pas montrer mon âme au public, c'est personnel ! » ; Blaise Cendrars qui prend sa défense ; Suzanne Flon victi­me d'un empoisonnement, ce qui lui permet d'incarner deux personnages ; enfin son père, sorti en plein spectacle, scandalisé par son « rôle de putain ».

Guidée par un interlocuteur friand d'anecdotes, quitte à valser un peu vite de l'une à l'autre, Jeanne Moreau pointe son angoisse de la scène, lorsqu'elle doit chanter. « Je suis une interprète dramatique ou comique, or la chanson est un univers différent. Il faut avoir les tours de chant dans la peau, imposer son répertoire au public. » Une gageure pour elle, qui reste littéralement sans voix avant un concert à Montreux.

Evidemment, elle parle d'Ascenseur pour l'échafaud (et de Juliette Gréco, inquiète à l'idée qu'elle puisse séduire Miles Davis), de Jules et Jim et du Tourbillon de la vie, ou de Viva Maria ! avec Brigitte Bardot – « nous étions à couteaux tirés alors que je n'avais jamais été la rivale d'une autre comédienne ».

Pêle-mêle, l'artiste dit son admiration pour Billie Holiday (« elle m'a beaucoup nourrie pour Eva, de Joseph Losey »), Léo Ferré, Barbara ou Charles Trenet, évoque une future collaboration avec Christian Olivier, des Têtes Raides. On redécouvre l'autre facette d'un parcours dense. Surtout, à l'écoute de ses chansons, on se délecte d'une diction claire et charmante, d'un timbre frais et franc. Ceux d'une amatrice de mots musicaux.

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Publié dans le web en parle

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