"Et Dieu créa…la femme" : Bardot la scandaleuse

Publié le par Ricard Bruno

Challenges.fr vous fait revisiter les coulisses d’un film culte. Cette semaine, le film qui lança la Bardot mania et déclencha l'hystérie Outre-Atlantique.

Brigitte Bardot dans "Et Dieu...créa la femme" de Roger Vadim CocinorBrigitte Bardot dans "Et Dieu...créa la femme" de Roger Vadim Cocinor

Bardot : en tête du box-office français

Déjà, la comédienne est la star préférée des Français.  A l’âge de 22 ans, elle fait le bonheur des salles.  "La Mariée était trop belle" de Pierre Gaspard-Huit  enregistre 2,366 millions de fauteuils.  "En Effeuillant la marguerite" de Marc Allégret séduit  3,296 millions de français. Le coup d’envoi de cette année Bardot a commencé en avril avec "Cette sacrée gamine", avec 4,04 millions d’entrées. Tout est permis, donc.  

Mais elle n’est encore qu’une vedette tricolore.  Et  le tandem Lévy-Vadim cherche à en faire une star internationale. Tous les ingrédients sont réunis pour y parvenir. La rupture avec la morale  et les conventions, ce corps dévoilé, des tournages en extérieur,  un scénario qui met en scène une jeune mariée volage et infidèle, séduisant tous les hommes, et même son beau-frère.  Le budget n’est pas très élevé (200 millions de francs d’alors). Levy veut minimiser les risques de cette production et cherche la participation d’une star importante au projet. Il recrute Curd Jürgens alors très populaire en Europe. Jean-Louis Trintignant et Christian Marquand, un vieux copain de Vadim, rejoignent la distribution.  

Le 28 novembre 1956, la bombe Bardot est lancée.  En France, le film n’est pas un succès parisien lors de sa sortie en exclusivité, mais triomphe dans les salles de quartier et en province. La critique établie fait la moue. A l’exception, notable, de ceux qui seront les têtes de file de la Nouvelle Vague, à commencer par Truffaut.

B.B boycottée par les autorités religieuses américaines

Mais la vraie fortune du film passe par les Etats-Unis.  Les ligues protestantes et catholiques américaines se mobilisent contre cet outrage cinématographique qui ne respecte pas les sacro-saints liens du  mariage. Les instances religieuses de certains Etats tentent même de le faire interdire, menaçant d’excommunication les éventuels spectateurs. "And God created woman" attise, du coup, la curiosité du public. Le film rapporte 4 millions de dollars, soit plus de 12 fois son budget initial.  Idem en Angleterre, où l’actrice balaie les blondes locales (comme Diana Dors). 

Le mythe est né. "B.B" , symbole sexuel, emblème de l’émancipation des femmes et  française la plus connue outre-Atlantique, devient l’actrice la mieux payée du cinéma hexagonal. Le film fait aussi la renommée de ses partenaires. Trintignant mène de front une carrière française ("Les Liaisons dangereuses" de Vadim) et italienne ("Le Fanfaron" de Dino Risi) pour devenir l’un des meilleurs acteurs de sa génération. Curd Jürgens, quant à lui, impose  sa figure dans de nombreux films internationaux.  Le mariage de Bardot et Vadim n’y résiste pas.  La liberté de l’amour, Bardot l’a goûtée dans les bras de Trintignant pendant le tournage...

Saint-Tropez, c’est l’autre succès du film. Le village  devient  le rendez-vous culte de la jet-set.  En repérage, le réalisateur a découvert cette partie encore peu fréquentée de la Côte d’Azur, que Bardot connaît bien. Elle y venait avec sa famille en vacances dans leur maison près de la place des Lices. L’équipe du film a pris ses quartiers dans le village, de mai à juillet, adoptant pour cantine le Club 55, qui  gagne ses galons de restaurant réputé de la plage de Pampelonne. Les déjeuners pendant les jours de tournage se terminent par un dessert préparé par un pâtissier polonais appelé Micka,  une tarte onctueuse à base de crème : la  "Tarte tropézienne" est elle aussi… légendaire.

Source : Cliquez ICI : http://toutlecine.challenges.fr/cinema/l-actu-cinema/0003/00031869-et-dieu-crea-la-femme-tous-les-secrets-du-film-qui-a-consacre-brigitte-bardot.html

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