Massacre de dauphins : Xavier Figarella, militant de Sea Shepherd et officier de la marine marchande témoigne

Publié le par Ricard Bruno

 

Les images révoltantes, insoutenables, tournent en boucle sur le web : la mise à mort incompréhensible de deux cents dauphins sur une plage idyllique des Iles Feroé.
Les images révoltantes, insoutenables, tournent en boucle sur le web : la mise à mort incompréhensible de deux cents dauphins sur une plage idyllique des Iles Feroé.photo Eliza Muirhead / Sea Shepherd Global
Militant de l'ONG Sea Shepherd, cet officier de la marine marchande, en campagne aux Iles Feroé pour cette organisation, a été interpellé par la marine danoise. Il a assisté à la mise à mort barbare des animaux
Lorsque nous sommes arrivés, deux navires militaires danois étaient déjà sur site, ils voulaient nous faire barrage. Je suis monté à bord d'un petit pneumatique avec un photographe pour les contourner, ils ont mis à l'eau deux bateaux rapides et nous ont bloqués. J'ai été menotté et remis à la police danoise". Confiscation des passeports et des équipements, interrogatoires... Xavier Figarella a été libéré sous condition après une nuit en prison, et il comparaîtra devant un tribunal. Il risque une peine de 2 à 10 ans de prison et une amende de 25 000 couronnes.

"Avec l'aide du Danemark"

Officier de la marine marchande, ce jeune homme originaire de Figarella, dans le Cap Corse, a travaillé sur différentes compagnies, notamment à la Méridionale.

Il a rejoint l'organisation en avril dernier et les Iles Feroé pour sa première campagne ONG qui se déroule de juin à septembre, période durant laquelle les grinds connaissent un pic dans l'archipel.

Il a donc assisté jeudi dernier, en début d'après midi, en direct à cette opération barbare, sa première expérience dont il ressort traumatisé mais plus déterminé encore à poursuivre le combat.

"Notre objectif est d'empêcher les dauphins de tomber dans le piège des bateaux qui se regroupent devant les plages pour rabattre les bancs vers le rivage. Il y avait un peu moins d'une trentaine d'embarcations ce jour-là, assistées par la marine nationale du Danemark qui apporte aux Iles Feroé une aide militaire et financière. De telles pratiques sont interdites en Europe, mais les Iles Feroé font valoir leur indépendance vis-à-vis des Danois pour légiférer à leur gré. Elles prétendent disposer de leurs ressources naturelles, notamment pour survivre mais c'est faux car les îles sont ravitaillées par le monde entier".

"Un crime gratuit"

Selon Xavier Figarella, ces animaux présentent un taux élevé de mercure, leur viande est donc impropre à la consommation. "Il n'y a pas nécessité de tuer, les cadavres d'animaux sont en grande partie jetés par la suite, c'est un crime gratuit. Cette tradition pouvait, à la limite, se concevoir à petite échelle dans des temps plus reculés lorsque les Feringiens utilisaient des bateaux en bois. Avec les moyens actuels, ce massacre à ciel ouvert prend des proportions gigantesques. Les animaux n'ont aucune chance d'y échapper même si nous parvenons à en sauver quelques-uns".

Ainsi, ce carnage constitue un rite, une fête où l'on se retrouve en famille. "Les enfants vivent cela depuis leur plus jeune âge, ils ne sont pas choqués de voir les dauphins charcutés, mutilés, éventrés vivants, et ils sont particulièrement hostiles envers les ONG. La foule a applaudi lors de notre interpellation, nous avons été injuriés, nous sommes, nous, les monstres qui s'interposent ! On ne peut pas arrêter de se battre quand on a vu un tel spectacle. J'en fais encore des cauchemars".

 
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