Marineland d’Antibes : 500 opposants à la captivité face au parc

Publié le par Ricard Bruno

Marineland d’Antibes : 500 opposants à la captivité face au parc pour dénoncer les conditions de détention des animaux et demander leur libération !

Belle mobilisation samedi 15 août, à l’appel des "sans voix PACA", la Fondation était présente auprès des militants locaux.

- Pourquoi la Fondation Brigitte Bardot s’est-elle associée à cette manifestation ?

Au Marineland d’Antibes, comme dans tous les autres parcs équivalents, les orques, dauphins, otaries, ours polaires, etc. sont condamnés à vivre dans des conditions qui ne répondent pas à leurs besoins biologiques, c’est déjà une infraction à la législation. D’ailleurs, la forte mortalité observée dans les bassins est la preuve de cette inadaptation aux besoins des cétacés. Depuis l’ouverture du Marineland, une trentaine de dauphins et une dizaine d’orques sont morts dans ce parc (dernièrement l’orque Freya qui avait été capturée en Islande), c’est un véritable cimetière marin et nous sommes solidaires des militants qui se mobilisent, chaque mois, devant cet établissement pour informer et sensibiliser le public.

- Précisément, que reprochez-vous à cet établissement ?

Les cétacés vivent dans un environnement restreint, dépourvu de tout enrichissement. Ils sont utilisés pour le spectacle et doivent donc être vus des spectateurs, d’où ce choix de les confiner dans des bassins peu profonds qui sont de grandes piscines mais ne reflètent nullement la richesse et la diversité de leur milieu naturel. Pas de plante, pas de rocher ni de sable, pas même d’autres espèces animales pour créer des interactions, les conditions de captivité des cétacés sont un cas d’école, il est ridicule d’avancer des arguments de conservation, ce n’est rien d’autre que du cirque où les animaux sont réduits à l’esclavage.

- Peut-on parler de maltraitance ?

Je parle des cétacés mais il ne faut pas oublier toutes les autres espèces, notamment les ours polaires qui se retrouvent sous le soleil varois, comment ne pas parler de maltraitance ? La souffrance n’est pas seulement physique, il ne faut pas oublier un autre point tout aussi important, en condamnant les cétacés à la captivité, on détruit aussi leur organisation sociale qui est extrêmement développée et importante dans l’équilibre du groupe. Lors de la capture on casse les liens sociaux, ils sont détruits aussi pour les jeunes nés en bassins qui seront transférés vers d’autres delphinariums. Dans la nature, le groupe reste soudé, les jeunes restent avec leur mère, en captivité il n’y a pas de groupe mais un rassemblement d’individus qui parfois ne se comprennent pas. Les orques sont en effet les rares animaux à utiliser, comme l’homme, différents dialectes développés au sein même d’un groupe. C’est monstrueux de considérer que l’homme peut disposer à sa guise, pour son plaisir, d’autres espèces animales, c’est totalement immoral.

- Quelles sont les prochaines étapes ?

Lors de la 1ère lecture à l’Assemblée nationale du projet de loi "biodiversité", des amendements ont été déposés, dont l’un par la députée Laurence Abeille demandant la fermeture des delphinariums. Cet amendement n’a pas été adopté mais le gouvernement s’est engagé à un réexamen de la réglementation relative à la captivité des cétacés. Ségolène Royal nous a assuré que la Fondation Brigitte Bardot serait pleinement associée à ces travaux et nous venons de lui rappeler son engagement. Il n’y a aucune raison que certains pays membres de l’UE prennent des dispositions pour interdire l’exploitation des cétacés et que la France ne légifère pas. Nous avons le même problème avec les cirques et nous devons absolument mettre un terme à l’esclavage animalier, il ne suffit pas d’écrire dans le code pénal que les animaux sont doués de sensibilité, il faut agir pour faire en sorte que le pays des Droits de l’Homme soit, aussi, celui du respect des Droits de l’Animal.

Christophe Marie
Porte-parole de la Fondation Brigitte Bardot
 

Marineland d’Antibes : 500 opposants à la captivité face au parc
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