Verdict historique pour les requins des îles Galápagos

Publié le par Ricard Bruno

Un tribunal équatorien se prononce en faveur de la réserve marine des Galápagos et des requins

 

Le célèbre navire Fer Mary lors de son arrestation aux îles Galápagos - Photo: Sea Shepherd/Tim WattersLe célèbre navire Fer Mary lors de son arrestation aux îles Galápagos
Photo: Sea Shepherd / Tim Watters
Un tribunal équatorien a rendu un verdict historique sur la célèbre affaire du Fer Mary. Il a jugé le capitaine et l’équipage de ce navire de pêche coupables de braconnage sur les requins dans les îles Galápagos, un espace protégé et un site classé au patrimoine mondial de l’UNESCO (Organisation des Nations unies pour l'éducation, la science et la culture). Il s’agit là de la première condamnation de ce genre en 17 ans, depuis l’adoption de la législation visant à protéger l’archipel.

L’affaire remonte au 18 juillet 2011, lorsque la marine équatorienne et des rangers de la réserve marine des Galápagos ont arrêté le Fer Mary, un navire équatorien de pêche industrielle, à environ 20 milles nautiques au sein de la réserve marine des Galápagos : 357 requins avaient été découverts à bord.

Le 19 juillet 2011, le procureur de l’environnement des îles Galápagos avait ouvert une enquête judiciaire. Après quatre années d’un intense procès, émaillé de problèmes juridiques complexes, ce verdict a été accueilli avec soulagement. Le juge a condamné le capitaine du Fer Mary à deux ans de prison et son équipage à un an. Le jugement rendu ordonne également la confiscation des six vedettes accompagnant le navire et la destruction du Fer Mary. Cette dernière intervient après une décision judiciaire prononcée l’année dernière et ratifiée par ce nouveau jugement.

Grâce aux preuves présentées à la cour par le procureur de l’environnement et le parc national des Galápagos, le tribunal a conclu que le Fer Mary était délibérément entré dans la réserve marine des Galápagos. C’est un point particulièrement important, car il écarte la théorie de la "force majeure", largement utilisée par les braconniers, selon laquelle des navires "déréglés" sont poussés par les vents et les courants et entrent "accidentellement" dans la zone protégée.

Le tribunal a également conclu que les requins étaient bien la cible principale du navire de pêche : les preuves ont démontré que 96 % des poissons découverts à bord étaient des requins de différentes espèces. Une palangre, outil de pêche interdit sur les îles Galápagos, a aussi été trouvée à bord. Ceci est un autre point important, car il écarte l’argument de la "prise accessoire" (requins capturés involontairement dans les filets) souvent mis en avant devant les tribunaux.

Cette décision historique aux Galápagos aidera à protéger les requins d’un destin similaire. Photo: Sea Shepherd/Tim WattersCette décision historique aux Galápagos aidera à protéger les requins d’un destin similaire
Photo: Sea Shepherd / Tim Watters
Le verdict met également en lumière une perspective très importante pour l’application des lois aux îles Galápagos : capturer des requins dans la réserve marine des Galápagos est une pratique illégale au vu de la loi internationale, de la loi constitutionnelle et, bien évidemment, de la loi pénale. Cet argument a été mis en avant tout au long du procès, non seulement par les parties impliquées dans la procédure, mais aussi par la société civile, qui a suivi l’affaire de près.

Sea Shepherd Galápagos a encouragé une initiative proposant de se rendre au tribunal au nom des requins. En conséquence, un dossier juridique (Amicus Curiae) a été constitué et signé par différentes organisations le 26 septembre 2011, avant d’être remis devant la cour pour la défense des requins de la réserve marine des Galápagos. L’Amicus Curiae a servi de témoignage pour la défense de ces requins majestueux – premier prédateur des océans –, ce dont Sea Shepherd retire une grande fierté.

Le verdict offre une perspective rarement vue dans les jugements judiciaires internationaux : celle de détention de droits par la nature. Cette perspective est en accord avec la Constitution équatorienne, qui considère que la nature détient certains droits, et avec la législation des Galápagos, qui réaffirme ainsi son statut de zone naturelle protégée.

Sea Shepherd félicite le bureau du Procureur de l’Équateur et le parc national des Galápagos pour avoir rendu ce verdict historique qui rend justice aux requins tués. Nous tenons également à saluer la société civile des Galápagos et la communauté locale pour leur soutien constant et leurs préoccupations justifiées dans cette affaire.

Tout n’est pas encore terminé : il est probable que les coupables fassent appel du jugement. Cet aboutissement représente néanmoins un pas important dans la conclusion de la première phase de ce procès. Sea Shepherd Galápagos s’est montré persévérant et implacable tout au long de la procédure, pour aboutir à cette décision historique.

Aux Galápagos, l’on s’exclame avec fierté : "La constancia vence lo que la dicha no alcanza" ("La persévérance conquiert ce que la chance n’a pas permis d’obtenir").

Le capitaine et l’équipage du Fer Mary ont été reconnus coupables de braconnage sur les requins au sein de la réserve marine des Galápagos - Photo: Sea Shepherd/Tim WattersLe capitaine et l’équipage du Fer Mary ont été reconnus coupables de braconnage sur les requins au sein de la réserve marine des Galápagos - Photo: Sea Shepherd / Tim Watters
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article

wettle 08/08/2015 12:20

Oui enfin une bonne nouvelle car il faut que cesse cette chasse aux requins ce massacre de ces cétacés à n'importe quelle fin !
Il est temps que les autorités concernées réagissent et agissent pour la défense et protection de ces animaux marins !
Que justice soit faite et lourdement faite !

Sereine 08/08/2015 06:47

Une bonne nouvelle qui contrebalance la mauvaise pour l'arrestation des activistes pour les dauphins...