L’Australie répond à Brigitte Bardot pour justifier son «génocide» des chats

Publié le par Ricard Bruno

Un chat errant (feral cat) photographié en Australie. Un chat errant (feral cat) photographié en Australie. - HO / CHARLES DARWIN UNIVERSITY /

« Chère Madame Bardot (…), j’aimerais d’abord saluer votre travail et votre dévouement pour les animaux et leur bien-être. » C’est par ces mots que commence la lettre écrite par le gouvernement australien à l’adresse de la présidente de la Fondation Brigitte Bardot, reprise depuis 24h par de nombreux médias. Si la forme est élégante, le fond est sans appel : laissez-nous tuer les chats en paix.

A coups de poison et de pièges, l’Australie compte en effet abattre deux millions de chats errants (feral cats, des chats domestiques vivant à l’état sauvage), sur les vingt millions qui vivent sur l’île. Il faut dire que l’animal, introduit par les colons européens, est une véritable plaie pour le fragile et unique écosystème australien. Ça n’avait pas empêché Brigitte Bardot de s’indigner du procédé. En juillet, elle avait profité de sa renommée internationale pour adresser ce vœu au gouvernement de Canberra : qu’il renonce à commettre ce « génocide animalier », procédé « cruel » et « inutile », et qu’il se contente de stériliser les félins.

« La stérilisation marche partout dans le monde, pourquoi pas en Australie ? »

Trois mois plus tard, c’est à ce message que répond dans une lettre ouverte Gregory Andrews, le commissaire aux espèces menacées nommé par le gouvernement australien pour mener cette campagne d’abattage. Il y souligne à nouveau le danger que représentent les chats errants : « Notre vie sauvage a subi l’un des plus hauts taux d’extinction du monde, (…) en grande partie à cause de leur prédation, écrit-il. Ces chats menacent 124 espèces australiennes menacées, un tiers de nos mammifères, reptiles, oiseaux et batraciens menacés. » Il assure que leur nombre sera réduit « humainement et efficacement », et souligne que les chats domestiques ne sont évidemment pas concernés.

Contactée par 20 Minutes, la Fondation Brigitte Bardot estime que le message est à côté de la plaque. « Le problème c’est qu’il ne répond pas au problème soulevé », estime le porte-parole de la Fondation, Christophe Marie. Oui, reconnaît-il, l’introduction des chats a été une bêtise. Mais les abattre en serait une nouvelle. « Le nombre de chats doit être diminué, et le meilleur moyen c’est une campagne non pas d’abattage, mais de stérilisation. Ça marche partout dans le monde, pourquoi pas en Australie ? », interroge le porte-parole, qui reconnaît que stériliser est moins simple que tuer. « Mais plus efficace : un chat stérilisé continuera de défendre son territoire, alors que tuer des chats créera un appel d’air ». En attendant, dans les zones sauvages australiennes, deux millions de chats retiennent leur souffle.

Source : 20 MINUTES

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