Hérault : pour Ciam le lion de Poussan, le cirque est terminé

Publié le par Ricard Bruno

Hérault : pour Ciam le lion de Poussan, le cirque est terminé

Le maçon qui détenait illégalement un fauve de 14 mois a jeté l'éponge mardi 3 novembre. Confisqué, Ciam a été envoyé dans un centre en Belgique.

La nuit lui a porté conseil." C'est ainsi que le commandant de la compagnie de Pézenas, Richard Van Cauwemberghe a expliqué, mardi 3 novembre au matin, le revirement radical d'Anthony Crapet. La veille encore, retranché sur un terrain près de Poussan où il avait érigé une cage pour Ciam, un lion de 14 mois, qu'il détient illégalement, ce père de famille menaçait de se tirer une balle dans la tête si on lui enlevait le fauve.

"M. Crapet n'avait pas pris conscience du danger réel..."

Anthony Crapet s'est rendu de lui-même à 9 h à une convocation à la gendarmerie de Mèze où il a été placé en garde à vue. Pendant ce temps, la préfecture a réuni tous les moyens pour lui confisquer l'animal. Ciam a été pris en charge par la Fondation 30 Millions d'Amis pour être transféré vers le sanctuaire belge Natuurhulpcentrum, un centre spécialisé dans la faune sauvage. Le transfert est organisé et financé par la Fondation.

 

"M. Crapet n'avait pas pris conscience du danger réel vis-à-vis de sa famille et pour ses voisins", a ajouté le commandant. "On lui a expliqué que son comportement est irresponsable. Tout se termine bien, pour le détenteur de l'animal, pour la commune de Poussan et pour ses concitoyens. Certains nous ont appelés pour nous demander si on pouvait toujours aller faire un footing dans la Gardiole, sans risques. Psychose serait un terme trop fort. Mais certains habitants étaient très inquiets, a conclu le commandant Van Cauwemberghe. Les maîtres-mots de l'opération ont été pédagogie et concertation."

"Plus tôt on interviendra, le mieux ce sera"

Mercedes, l'épouse d'Anthony Crapet, ajoute : "J'ai réussi à le décider cette nuit. Je suis soulagée que cette affaire s'arrête." Quant au lion, "apparemment, on lui donnait trop à manger..." La directrice de la DDPP (Direction départementale de la protection des populations), Caroline Médous, affirme toutefois que "selon l'examen clinique des vétérinaires du zoo du Lunaret, le lion est en pleine forme".

Anthony Crapet était prêt à tout pour conserver son animal. Le maçon d'une trentaine d'années a construit une grande cage sur sa propriété de Poussan. C'est là que vivait le fauve, récupéré il y a 7 mois. Le samedi 31 octobre, les gendarmes avaient déjà tenté de saisir l'animal mais Anthony Crapet s'était vivement interposé, menaçant de se suicider. Ils avaient renoncé provisoirement pour ne pas créer d'incident "vu l'état d'excitation du détenteur du lion", précise un proche du dossier. "Plus tôt on interviendra, le mieux ce sera", avait confié le préfet, Pierre de Bousquet, dimanche.

"Chaque année, une dizaine de fauves détenus illégalement"

Ciam ne rugira plus à Poussan. "L'animal est en train de voyager jusqu'en Belgique en toute sécurité dans un véhicule adapté, sous étroite surveillance", précise la Fondation 30 Millions d'Amis qui a déposé plainte à la gendarmerie de Mèze pour notamment "défaut de certificat de capacité", "défaut d'origine" et "mauvais traitements". La Fondation ajoute : "Les conditions de vie du lionceau, depuis 7 mois dans une cage de fortune de 15 m² étaient inadaptées pour ce type d'animal et constituaient de surcroît une menace pour la sécurité publique."

D'où vient ce lion d'Afrique qui n'a jamais été "pucé" ? Anthony Crapet a, selon Arnaud Lhomme, enquêteur à la Fondation 30 Millions d'Amis, varié dans ses explications. A-t-il été acheté dans un cirque peu regardant ? A-t-il transité par une société d'import-export ? Dans ce dernier cas, Arnaud Lhomme explique qu'en Europe, "seule la France oblige à avoir un certificat de capacité... De plus en plus de particuliers s'entichent d'un animal exotique.

Chaque année, nous sommes saisis d'une dizaine de cas de fauves détenus illégalement dans l'Hexagone. Et on n'arrive pas à les placer en France. On se tourne ainsi vers la Belgique et les Pays-Bas", note Arnaud Lhomme. Le trafic d'animaux sauvages vient juste après le trafic de drogue, et la vente illégale d'armes. L'association écologiste internationale WWF estime le marché à 15 milliards d'euros par an sur la planète.

Source de l'article : Cliquez ICI : http://www.midilibre.fr/2015/11/03/lion-le-cirque-est-termine,1236327.php

Commenter cet article

Yann Soinard 05/11/2015 20:45

Il faudrait les remettre en liberté, comme au Costa Rica.