Paris-photo : l'émotion du cinéma en 350 clichés...

Publié le par Ricard Bruno

Féodor Chaliaplin Jr. et Federico Fellini sur le tournage de son film "Fellini Roma" (1972). Prix estimé : entre 200 et 300 euros

Féodor Chaliaplin Jr. et Federico Fellini sur le tournage de son film "Fellini Roma" (1972). Prix estimé : entre 200 et 300 euros
(avec l'aimable autorisation de Kapandji Morhange)
Du 12 au 15 novembre, le Grand-Palais accueille la 19ème édition de Paris-Photo. Profitant de l'événement,  Drouot disperse 350 tirages originaux de grands photographes de plateau, de presse ou de studio. L'occasion de retrouver Bardot, Rita Hayworth, Gabin ou Claudia Cardinale  dans l'immortalité de l'instant. 
Photographe de plateau, une profession qui fait rêver. Approcher les stars, saisir la fugacité d'un moment, d'une expression, capter l'atmosphère d'un tournage...   Pourtant, l'ingratitude est souvent reine dans ce métier.
Si ces artistes de l'ombre captent la lumière de la magie du 7ème Art, ils ne bénéficient que très rarement de la poussière de cette célébrité.

Comme le souligne la photographe  Caroline Dubois sur son site internet : "Sur un plateau, la photographe est le +1 dont on se passerait bien. Personne ne vous attend et il faut se faire discrète. Le film ne se souvient pas de votre travail, mais il faut tout faire pour qu’il puisse avoir une vie. Il faut qu’il puisse être vendu, il faut qu’il donne envie. C’est pour cela que je suis là."
Brigitte Bardot sur le tournage de "Et Dieu... créa la femme" (1956). Epreuve argentique postérieure (c'est le cas de le dire) sur papier cartoline
Brigitte Bardot sur le tournage de "Et Dieu... créa la femme" (1956). Epreuve argentique postérieure (c'est le cas de le dire) sur papier cartoline
Léo Mirkine (avec l'aimable autorisation de Kapandji-Morhange)
Cette vente exceptionnelle qui aura lieu le 13 novembre à Drouot va permettre à tous les amateurs d'inédits de trouver là une pâture roborative à leur appétit.
Un festival sans Cannes."Les photographes à l'époque, travaillaient en noir et blanc pour la presse quotidienne et en couleur pour les photos d'exploitation. Il y avait toujours une double version : couleur et noir et blanc. "Quand les vendeurs de film faisaient la prévente, aujourd'hui il y a les DVD, mais à l'époque, ils proposaient l'oeuvre avec des albums photos. C'était sur le feuilletage de ces album photos que les distributeurs, par exemple italiens ou allemands, déclaraient leur intérêt pour tel ou tel film." explique Pierre Bourdy,  l'expert à l'origine de cette vente hors norme.
Cette vente lessive les yeux.
Qui se souvient d'avoir déjà vu Steeve McQueen dans un garage de Los Angeles à bichonner sa moto ?
Marlon Brando, Al Pacino et Francis Ford Coppola sur le tournage du film "Le Parrain" (1972)
Marlon Brando, Al Pacino et Francis Ford Coppola sur le tournage du film "Le Parrain" (1972)
Steve Schapiro (avec l'aimable autorisation de Kapandji Morhange)

Qui pourra oublier  l'affolante sensualité de Claudia Cardinale alors qu'elle tourne "Cartouche" de Philippe de Broca ?  Et puis aussi Tippi Hedren, Romy Schneider, Kim Novak, sans oublier Truffaut en compagnie d'un  J.P. Léaud gamin. Tous deux, complices, semblent déguster le triomphe des"400 coups". Impossible, enfin, de passer sous silence cette image étourdissante du cinéaste espagnol Luis Bunuel, féroce anticlérical, dynamiteur des hypocrisies et que l'on découvre marchant, très concentré, une croix sur l'épaule !
"En France,  poursuit Pierre Bourdy. Plusieurs photographes se sont fait un nom, sont devenus une institution comme Roger Corbeau ou Raymond Voinquel. Ils font partie du patrimoine français !"
Claudia Cardinale en 1962. Un cliché estimé entre 200 et 300 euros
Claudia Cardinale en 1962. Un cliché estimé entre 200 et 300 euros
Impossible de citer dans le détail ce catalogue d'émotion où reposent 350 clichés, inédits pour le plus grand nombre. "Ces clichés viennent des collectionneurs, d' archivistes, de journalistes, de marchands, de tout un réseau que j'ai constitué avec le temps. Ensuite, s'est faite la sélection" confie Pierre Bourdy.

La valeur de certains commence à 150 euros. Elle s'envole à plus de 2000 pour d'autres. Pourquoi cette différence de prix ? Pourquoi les fesses de Bardot coûtent  davantage, par exemple, que le sourire de Rita Hayworth ?
Le réalisateur Luis Bunuel sur le tournage de son film "La voie lactée" (1969).<br />
Estimation entre 200 et 300 euros.
Le réalisateur Luis Bunuel sur le tournage de son film "La voie lactée" (1969).
Estimation entre 200 et 300 euros.
(photo publiée avec l'aimable autorisation de Kapandji Morhange)
"La grande majorité des documents de cette vente, à 95 %,  sont des documents d'époque. Il existe aujourd'hui des grands et beaux  tirages qui sont fait a posteriori mais il s'agit d'une autre catégorie de photos. Dans le cas de Brigitte Bardot, c'est un grand tirage numéroté, d'où son prix. Les photos en vente sont des documents jamais vus. "
Kim Novak dans une photo montage pour la promotion du film "Vertigo" de Alfred Hitchcock (1958). Ektachrome estimé entre 400 et 500 euros
Kim Novak dans une photo montage pour la promotion du film "Vertigo" de Alfred Hitchcock (1958). Ektachrome estimé entre 400 et 500 euros
(avec l'aimabe autorisation de Kapandji Morhange)

Laissons à Caroline Dubois, photographe de plateau, le mot de la fin : "Capter les émotions d’un évènement, si éphémère qu’un tournage, donne une sensation de vertige, d’adrénaline : « Je ne dois pas louper ça! ». Ce « Ça », est quelque chose d’indescriptible qui change en fonction des tournages, des univers mais qu’il faudra capter à tout prix."

Expositions publiques

- le jeudi 12 novembre de 11h à 21 h
- le vendredi 13 novembre de 11h à 12h

Vente aux enchères publiques
Hôtel Drouot, salle 6
9, rue Drouot, 75009 Paris

Source de l'article : Cliquez ICI : http://information.tv5monde.com/culture/paris-cin%C3%A9ma-350%20clich%C3%A9s-55437

Publié dans le web en parle

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