Un sanctuaire pour protéger les hérissons...

Publié le par Ricard Bruno

Un sanctuaire pour protéger les hérissons...

C’est une structure pionnière dans le domaine du soin aux hérissons. Espèce protégée, la sympathique bestiole est très encadrée. Reportage dans cet hôpital-refuge installé dans la Somme.

Un sanctuaire pour protéger les hérissons...

Vers 18 h, Anne Fingar enfile casque et micro de standardiste. Les appels commencent à affluer à la permanence du Sanctuaire des hérissons, à Fouencamps, dans la Somme. Au bout du fil, une dame des Yvelines veut des conseils. Et ça continuera un moment. Sur un coin de table, une pile de courrier destinée au sanctuaire. La page Facebook revendique 18 000 abonnés. Une fois, un hérisson est même arrivé de Montauban !

Tout a commencé en 1997, chez le couple Fingar. Patrick recueille un hérisson blessé au bord d’une route. Le couple le soigne et la bête récupère avant de dépérir et mourir sans raison. Un banal vermifuge l’aurait sauvé. « C’est une rencontre qui a changé notre vie », résume Anne.

Patrick Fingar présente l’un des petits pensionnaires du sanctuaire.

Patrick Fingar présente l’un des petits pensionnaires du sanctuaire.

Espèce protégée depuis 1976

Le couple part régulièrement se former en Grande Bretagne, mais aussi en Suisse où la protection et le soin accordés à l’espèce sont plus développés. Le sanctuaire est lancé.

Espèce protégée depuis 1976, le hérisson est pourtant massacré par les voitures, les débroussailleuses, les feux de feuilles mortes. Unique hôpital-refuge lui étant consacré, le sanctuaire est doté d’un certificat de capacité obligatoire pour recueillir les espèces protégées. « Lorsque l’on nous apporte une bête blessée, on la réchauffe, on lui administre un antidouleur, avant de l’emmener vers un vétérinaire pour de la chirurgie. On s’occupe des soins post-opératoires. Puis on la relâche. Les hérissons qui n’en sont pas capables finissent leur vie ici », détaille Anne Fingar.

Une femme a apporté deux hérissons au sanctuaire. Anne commence par les peser avant de les vermifuger.

Une femme a apporté deux hérissons au sanctuaire. Anne commence par les peser avant de les vermifuger.

De plus en plus vulnérable

Le hérisson est de plus en plus vulnérable. Le réchauffement climatique fait que l’espèce se reproduit de plus en plus tard. Si un hérisson ne fait pas 600 grammes au minimum avant d’hiberner, il n’a que peu de chances de passer l’hiver. Depuis sa création, le sanctuaire a recueilli 1 355 hérissons et en a relâché 1 017. Il fonctionne grâce aux adhésions de ses 800 membres. Certains se sont formés auprès du sanctuaire et, ainsi, le territoire est couvert de protecteurs de l’ami qui pique.

Un des faits les plus marquants du sanctuaire est d’avoir fait évoluer… Mc Donald’s. Le pot de la glace Mc Flurry est en effet un piège mortel pour le hérisson, gourmand, qui rentre sa tête pour manger la glace restante et ne peut ressortir. Les associations anglaises étaient au courant mais la France attendait. Une délégation du géant américain est venue à Fouencamps en 2007, avec des prototypes de pots à l’ouverture plus étroite. Depuis, le hérisson est privé de glace. Mais sauf !

Cet abri dédié aux hérissons contient de la nourriture et est inaccessible aux chats.

Cet abri dédié aux hérissons contient de la nourriture et est inaccessible aux chats.

Un hérisson hiberne, caché dans des vieux journaux.

Un hérisson hiberne, caché dans des vieux journaux.

Depuis sa création, le sanctuaire a recueilli 1 355 hérissons et en a relâché 1 017

Depuis sa création, le sanctuaire a recueilli 1 355 hérissons et en a relâché 1 017

Anne dépose de nouveaux arrivants dans une cage.

Anne dépose de nouveaux arrivants dans une cage.

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