Une association va prendre soin des chèvres de la Nerthe

Publié le par Ricard Bruno

Une association va prendre soin des chèvres de la Nerthe
Une association va prendre soin des chèvres de la Nerthe

C'était une des demandes de l'État, via la préfecture des Bouches-du-Rhône : que les défenseurs des chèvres de la Nerthe parlent d'une seule voix, via une association, devenant ainsi l'interlocuteur unique et légal de l'administration.

D'Écoute ta planète à Eco-Relais, des Amis de Castrum Vetus à la Fondation Brigitte Bardot, en passant par les propriétaires du massif ou la fédération des chasseurs, des structures étaient déjà au chevet des troupeaux répertoriés. Mais le choix a été fait d'en créer une spécialement dédiée. Après s'être enregistrée fin décembre en Préfecture, c'est le 26 janvier dernier que l'association "Chèvres de notre colline" a vu le jour officiellement. Son but est "de défendre les chèvres libres du massif de la Nerthe sur le territoire de Châteauneuf-les-Martigues".

C'était une des demandes de l'État, via la préfecture des Bouches-du-Rhône : que les défenseurs des chèvres de la Nerthe parlent d'une seule voix, via une association, devenant ainsi l'interlocuteur unique et légal de l'administration.

D'Écoute ta planète à Eco-Relais, des Amis de Castrum Vetus à la Fondation Brigitte Bardot, en passant par les propriétaires du massif ou la fédération des chasseurs, des structures étaient déjà au chevet des troupeaux répertoriés. Mais le choix a été fait d'en créer une spécialement dédiée. Après s'être enregistrée fin décembre en Préfecture, c'est le 26 janvier dernier que l'association "Chèvres de notre colline" a vu le jour officiellement. Son but est "de défendre les chèvres libres du massif de la Nerthe sur le territoire de Châteauneuf-les-Martigues".

Conformément aux exigences préfectorales, l'association "s'engage à effectuer l'identification, le contrôle sanitaire et la régulation du troupeau". La présidente en est Sylvie Vidal, propriétaire, épaulée par Jeannie Giry, trésorière, et Corinne Roux, secrétaire.

"On doit suivre les mêmes règles"

"Pour l'instant, les obligations sont d'en capturer pour faire les contrôles sanitaires et la castration des boucs pour limiter la cosanguinité et la prolifération, ne pas être débordé par leur nombre, les marquer et essayer de les maintenir sur le plateau, où elles vivent normalement, à part en été, où elles ont tendance à se rapprocher des routes", souligne Sylvie Vidal.

Conséquence directe, "la mise en place de parcs ouverts avec de la nourriture qu'elles adorent et qu'elles ne trouvent pas dans la nature, du maïs, de l'orge, du sel et de l'eau. Quand un groupe y sera dedans, on fera un bouclage, un prélèvement sanitaire, les vaccinations nécessaires, tout ce qui est imposé aux éleveurs. On doit suivre les mêmes règles. On s'y est engagé."

Un premier enclos est posé "depuis plus d'un mois. Pour l'instant, il n'a pas de succès car il y a trop d'herbe, tellement à manger autour. Un deuxième sera posé le 27 avril. Celui-là, puis un autre, resteront en place, très loin des routes, au cas où il y ait des problèmes sanitaires, pour les regrouper en urgence. Bien que leur isolement géographique les mette à l'abri de toute contamination". Même si la présidente a appris que, "paraît-il, les moustiques, vecteurs de la maladie de la langue bleue, ont un rayon d'action officiel de 250 km".

"Elles aiment être perchées en surplomb du vallon"

Sur les nuisances qui leur sont attribuées, liées au trafic routier, "la Dirmed a rénové les grillages le long de l'autoroute. On a aussi l'accord des propriétaires privés pour en poser d'autres vers la RD9, si nécessaire. Même s'il faudrait trouver les fonds nécessaires. Mais leur lieu de prédilection n'est pas la plaine ou le macadam. Elles aiment être perchées en surplomb du vallon , vers les carrières, qui les acceptent bien maintenant. On veut les fixer là-haut, là où elles sauront trouver une gâterie."

Une autre attaque avait été portée par les cultivateurs, qui les accusaient de manger les vignes : "On a entouré les vignes en question d'une clôture électrique il y a trois ans. Il n'y a plus de problème de ce côté-là. Maintenant, ce sont les éleveurs qui, se sentant persécutés par tous les règlements qui évoluent et augmentent leur charge de travail, disent pourquoi nous, et pas eux ? La différence, c'est que nos chèvres ne seront jamais, ni mangées, ni traites. Elles sont imprenables dans un circuit commercial donc elles ne vont pas contaminer un humain. Mais on va quand même faire comme si c'était un élevage. "

"Elles vont par petits troupeaux de 20"

Quant à leur nombre, "il reste très difficile à évaluer. Si on veut être honnête, on doit rester évasif. Des chiffres délirants partent jusqu'à 250 bêtes alors qu'en fait on n'en a jamais vu plus de 70, au mieux, selon Sylvie Vidal. Ça a été fait par la mairie, qui a envoyé tous les patrouilleurs des comités feux de forêts, en 4/4, en cernant tout le massif". "Elles vont par petits troupeaux de 20", complète Jeannie Giry. Qui y voit aussi un indéniable attrait politique et touristique : "Avec tous ces chemins de randonnée qui se créent, il y a un créneau dans lequel on peut se situer, pour dire que ces chèvres, finalement, plairont aux gens qui se promènent."

"Tout est prêt, en place, sourit Sylvie Vidal. Si tous les engagements sont tenus, elles sont sauvées sur site. Ça prendra un peu de temps mais c'est en route".

Association "Chèvres de notre colline". Pour adhérer, cotisation minimum à 10€/an. Pour faire un don, minimum 10€, sans obligation d'adhésion. Chèques à adresser ou à déposer sous enveloppe dans la boîte aux lettres de l'association, Maison des associations, 22, avenue du 4 septembre, Châteauneuf-les-Martigues. Contact : 04 42 81 53 14. chevresdenotrecolline@laposte.net

"Coopération efficace avec la mairie"

"Le relationnel avec la mairie de Châteauneuf et Roland Mouren se passe parfaitement, apprécie Sylvie Vidal. On a une coopération amicale, efficace. On tient compte des obligations et des responsabilités de chacun. Car au final, malgré l'association, s'il y avait un accident, c'est le maire, avec la Préfecture, qui resteraient responsables de la sécurité publique, qui comprend la sécurité routière, la protection des cultivateurs et, surtout, celle des éleveurs qui, eux, vivent de leur travail." Et d'ajouter : "Tout ce petit monde a accepté de prendre un risque pour laisser les chèvres dans les collines. La commune a pris un arrêté d'interdiction de leur donner à manger au bord des routes. Des panneaux en ce sens seront posés. Ensuès devrait faire de même puisqu'une partie du massif concerné se trouve sur son périmètre."

Le troupeau des Pennes-Mirabeau a trouvé refuge en Dordogne

On se souvient qu'un autre troupeau de chèvres sauvages a fait parler de lui, il y a un an, cette fois dans le massif bordant les Pennes-Mirabeau. Un groupe de 28 bêtes divaguant y avait été recensé, "clairement rejeté par les riverains, contrairement à celles de Châteauneuf", rappelle Romy Turpin, de la Fondation Brigitte Bardot. Notamment par les chevriers du Rove, qui ne voyaient pas d'un bon oeil cette proximité potentiellement vecteur de maladies.

Venue se rendre compte sur place en avril 2015, la Fondation avait ensuite financé la mise en place d'un enclos pour les récupérer et les regrouper, ce qui fut fait durant l'été.

Grâce à la Fondation Brigitte Bardot

Après un indispensable contrôle sanitaire - avéré favorable -, le troupeau a été d'abord "sécurisé" dans une bergerie à Grans, "qui appartient à un particulier, membre de la Fondation", précisait alors Christophe Marie, son porte-parole médias. Les chèvres y ont passé tout l'hiver... jusqu'à ce mardi où, au petit matin, elles ont pris la route, dans des camions, direction la Dordogne. Le Périgord sera leur port d'attache définitif, toujours sous l'égide de la Fondation, soucieuse de voir le moins possible d'animaux abattus.

Impliquée également depuis 2012 dans le dossier de la Nerthe, la Fondation Brigitte Bardot avait plaidé il y a un an pour un maintien sur site encadré. "Nous continuons à être au côté des habitants du secteur, qui souhaitent leur maintien", indique Romy Turpin. C'est dans cette intention que l'enclos qui a servi pour la capture des chèvres des Pennes-Mirabeau "va être offert à l'association de Châteauneuf". Par ailleurs, la Fondation "prendra à sa charge les frais de castraction des boucs qui seront capturés".

Qui soutient l'association ?

"En assistant plusieurs fois aux réunions depuis 2012, on a compris qu'il fallait avoir une position claire", précise Sylvie Vidal. À ce jour, "on a une vingtaine de particuliers adhérents et autant de donateurs", indique Jeannie Giry. Dont des archéologues de Martigues et Marseille et l'Office de Tourisme de Fuveau. "On est très sélectif sur les adhésions parce qu'on veut être sûr que ce sont des gens qui ont bien compris qu'on n'a pas d'autre alternative si on veut qu'elles restent là, ajoute la présidente. Ceux qui ont d'autres ambitions, d'autres espérances, ce n'est pas compatible avec ce qui est accepté par la préfecture. On va essayer de rendre le risque minimum mais il demeure, en théorie. Cela aurait été plus simple d'éradiquer le problème en se débarrassant des chèvres. Ce qui est tout à fait légalement possible".

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