Plus de 600 clichés de l'âge d'or du cinéma dispersés à Vannes

Publié le par Ricard Bruno

EN IMAGES - L'ancien directeur adjoint du festival de Cannes Gilles Durieux, vend aux enchères le samedi 11 juin, ses plus chers souvenirs de tournage, compilés avec passion pendant un demi-siècle.

Gilles Durieux a compilé plus de photos que s'il avait mille ans. L'ancien directeur adjoint du festival de Cannes a collectionné durant toute sa carrière de journaliste les souvenirs, en argentique, de tous les tournages où pour feue la revue Cinémonde, il réalisait des reportages. Au fil du temps sa photothèque a fini par rassembler plus de 10.000 clichés.

Sur les conseils de son ami Jack-Philippe Ruellan, commissaire-priseur de son état, l'ancien reporter a enfin décidé de vendre aux enchères une partie de son trésor: «C'est l'estampille Durieux. Ce sont essentiellement des tirages originaux. Cette enchère exceptionnelle sera à la portée de tous les cinéphiles. Gilles est l'ami de Jean-Paul Belmondo. Il a connu Jean Gabin. Avec Jean Yanne ils avaient noué une amitié fraternelle. Il appartient au monde du 7e art et c'est en archiviste méticuleux qu'il nous livre, d'une certaine manière, son jardin secret.»

Il est vrai que cet incroyable album de famille rassemble, avec 634 clichés exactement, les plus grands noms du cinéma mondial et hexagonal des années 50 à 80. Dans le catalogue on retrouve Brigitte Bardot, Robert de Niro, Claudia Cardinale, Gérard Depardieu, Federico Fellini, Patrick Dewaere, Danielle Darrieux, Jacqueline Bisset, Sean Connery... En un mot le gotha du cinéma du XXe siècle. La vente de ces photos, souvent inédites aura lieu le samedi 11 juin, à Vannes, dans la maison de vente de Jack-Philippe Ruellan.

Gilles Durieux a accepté pour Le Figaro de nous livrer la genèse et quelques secrets de l'œuvre de sa vie, «son âge d'or du cinéma».

LE FIGARO - Comment est née cette passion pour les photos de cinéma et ce goût de les collectionner?

GILLES DURIEUX. - Vous savez, au début je n'avais pas vraiment l'idée de collectionner. J'étais d'abord un passionné qui a eu la chance de devenir journaliste à Cinémonde. Le journal m'a expédié aux quatre coins de la planète pour écrire des papiers in vivo, et en avant-première sur les tournages des grands films. Et à l'époque, il était de bon ton de donner des jeux de photos aux reporters. J'en donnais un aux maquettistes et je gardais un autre pour moi. Au fur et à mesure, je me suis rendu compte que mes archives personnelles commençaient à ressembler à une authentique mémoire du cinéma. Et puis quelques années plus tard, lorsque j'ai eu des responsabilités au festival de Cannes et ce durant vingt ans, les photographes avec beaucoup de gentillesse ont encore enrichi ma compilation.

Avez-vous rangé, trié, classé votre caverne d'Ali Baba?

Oui, bien sûr. Une mauvaise aventure m'y a poussé. On m'a volé 80 photos exceptionnelles de Brigitte Bardot que j'avais bêtement confiées à une journaliste indélicate. Depuis, j'ai tout classé dans des albums de famille. J'ai un livre Gabin, un livre B.B, un livre Claudia Cardinale, un livre Michel Simon...

Vous évoquez Michel Simon. Que représente-t-il à vos yeux?

J'ai une passion pour les comédiens. Pour moi, Michel Simon est le plus grand de tous. Je le revois encore sur la Croisette, Promenade des Anglais, à Broadway, chez Jack Dempsey, sur l'immense scène du Kremlin où il me tint la main pour tenir le choc devant des milliers de spectateurs, debout, voulant lui dire combien il était aimé aussi sur la Moskova. Je le revois à New York peignant des filles nues. A Berlin sur le Kurfürstendamm, quémandant un cornet de frites… au Madison Square Garden de New-York me récitant le pont Mirabeau...

Vous avez aussi cotoyé Jean Gabin...

Avec Jean, j'ai une belle histoire. Dans La Traversée de Paris j'étais figurant et j'ai sympathisé avec lui. Il m'avait à la bonne. À chaque fin de tournage, il venait causer. Je lui parlais de tout ce qu'il aimait, de tous les coureurs cyclistes de son temps. Je me souviens qu'il avait joué au football avec Marcel Thil, un grand boxeur de sa jeunesse. Il en était très fier. Et puis on est resté très copain. En 1967, à la mort de Julien Duvivier je devais pour le journal télévisé recueillir son témoignage. Je lui ai forcé un peu la main. Mais dès que je suis arrivé chez lui en Normandie, et que j'ai vu son regard extraordinaire, bleu, rempli de larmes, je n'ai pas eu la force d'insister. Gabin, c'était ça, l'un des hommes les plus sensibles que j'aie jamais rencontrés.

Plus de 600 clichés de l'âge d'or du cinéma dispersés à Vannes
Plus de 600 clichés de l'âge d'or du cinéma dispersés à Vannes
Plus de 600 clichés de l'âge d'or du cinéma dispersés à Vannes
Plus de 600 clichés de l'âge d'or du cinéma dispersés à Vannes
Plus de 600 clichés de l'âge d'or du cinéma dispersés à Vannes
Plus de 600 clichés de l'âge d'or du cinéma dispersés à Vannes
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Publié dans le web en parle

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