Election présidentielle : Quel candidat pour la cause animale ?

Publié le par Ricard Bruno

En France (ici dans le Nord, en novembre 2015), 40 millions de lapins sont élevés en cages dépourvues de tout aménagement.

En France (ici dans le Nord, en novembre 2015), 40 millions de lapins sont élevés en cages dépourvues de tout aménagement.

Vidéos choc à répétition, révélations des conditions d’élevage, actes de maltraitance… : les Français ne veulent plus fermer les yeux sur la souffrance des animaux.

Selon un sondage Ifop réalisé pour la Fondation 30 millions d’amis daté du 17 mars 2017, la cause animale est un enjeu important pour 80% des personnes sondées (soit 4 Français sur 5). 72% des futurs électeurs interrogés souhaitent que les candidats s’engagent sur des mesures concrètes en matière de protection des animaux et 39% estiment que ces dernières «pourraient avoir une influence sur leur vote» (+10% par rapport à 2012). Le collectif Animal Politique, qui regroupe 26 associations -L214, PETA, Fondation Brigitte Bardot, 30 Millions d’amis, CRAC Europe, Sea Shepherd…-, a rédigé un Manifeste riche de 30 propositions en novembre 2016 afin d’interpeller chaque candidat et connaître leur engagement. A deux semaines du premier tour, le point avec Christophe Marie, porte-parole de la Fondation Brigitte Bardot.

Paris Match. Les 11 candidats ont-ils tous répondu au Manifeste Animal Politique ?
Christophe Marie. Parmi les favoris, on attend toujours la réponse d’Emmanuel Macron… Mais la plupart se sont positionnés, que ce soit à travers le Manifeste ou par l’envoi d’un courrier. Il y a enfin une parole politique et publique évidente sur la condition animale.

Est-ce la première fois ?
Oui. Lors des présidentielles de 2012, le scandale de l’abattage rituel a éclaté. Le Front National s’en est immédiatement emparé pour des mauvaises raisons et cela a créé une crispation autour du sujet animaux. Il est devenu tabou, on n’a pas pu le faire avancer auprès des autres candidats. Aujourd’hui, grâce à de nombreux intellectuelles et au travail des associations, l’animal est devenu un vrai sujet de société. Le traitement médiatique a évolué, le débat n’est plus marginalisé ou ridiculisé. Les politiques ne peuvent plus afficher leur mépris ou faire l’impasse. Preuve que les choses ont changé : la plupart des candidats se positionnent pour la mise en place d’un étourdissement obligatoire avant l’abattage. Il n’y a plus de clivage gauche-droite sur ce point. C’est une vraie nouveauté.

Sur quel autre point sont-ils d’accord ? 
D’une manière générale, l’élevage en cage est également remis en cause. Dans le courrier qu’il nous a adressé, François Fillon souhaite, à terme, l’arrêt des cages aménagées. Jean-Luc Mélenchon élargit la problématique aux lapins (99% d’élevages en cage en France). Il parle très régulièrement des animaux, propose qu’ils aient leur place dans la constitution en tant qu’êtres vivants…

Benoît Hamon a autour de lui des personnalités pro-animaux"

L’abolition de la corrida n’est pourtant pas inscrite dans son programme…
Ce qui me gêne le plus, c’est qu’il ferme le débat parlementaire. Selon lui, le sujet ne devra pas être abordé au Parlement parce qu’il y a d’autres priorités. La force du Parlement c’est justement de pouvoir légiférer !

Un candidat s’est-il engagé à protéger l’animal dans sa globalité ?
Non, aucun ne porte toutes nos revendications. Mais Benoît Hamon a autour de lui des personnalités pro-animaux comme Laurence Abeille. Il a aussi Yannick Jadot, qui s’est retiré en sa faveur, et qui avait signé les 30 engagements que nous proposions.

Quelle est selon vous la mesure qui pourrait être mise en œuvre rapidement et qui permettrait une réelle avancée ? 
Il faudrait appliquer les textes réglementaires existants. Le code pénal punit les mauvais traitements et les actes de cruauté, à l’exception de la corrida et des combats de coq. C’est une aberration ! L’article L214.1 du code rural impose quant à lui que les animaux soient placés par leur propriétaire dans des conditions qui répondent à leurs besoins biologiques. Alors comment justifier les cages, les cirques, les delphinariums… ? Il faut donner du sens aux textes adoptés et arrêter les incohérences. Ce sera déjà un grand pas.  

Retrouvez toutes les réponses des candidats au Manifeste AnimalPolitique

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