Interview exclusive de Marine Le Pen : "La protection animale, une priorité de mon quinquennat"

Publié le par Ricard Bruno

Interview exclusive de Marine Le Pen : "La protection animale, une priorité de mon quinquennat"

A l'aube de l'élection présidentielle, Wamiz a tenu à interroger les candidats - via un questionnaire identifique pour tous - sur leurs propositions en ce qui concerne la cause animale, et en particulier celle des animaux de compagnie. Dans une interview exclusive, Marine Le Pen (Front national) nous explique son projet et son rapport à l'animal. 

 

Wamiz : Avez-vous grandi avec des animaux de compagnie ? Si oui, lesquels et qu’ont-ils apporté à votre enfance ? Actuellement, avez-vous des animaux de compagnie ? Si oui, pouvez-vous nous dresser brièvement leur portrait et nous expliquer ce qu’ils représentent pour vous ? Êtes-vous plutôt « team chien » ou plutôt « team chat » ? Plutôt « de race » ou plutôt « bâtard » ?

Marine Le Pen : Je suis résolument « team chat », sans hésitation aucune ! J’ai toujours été entourée de chats dès mon plus jeune âge et c’est la raison pour laquelle je les affectionne tant !

Actuellement, j’ai cinq chats Bengal chez moi. Ils se prénomment Jazz, Kerillo, Gavroche, Jusan et Miniminette. Ces chats sont joueurs, parfois sauvages mais me rendent bien l’amour que je leur porte. Vos projets pour la cause des animaux de compagnie

A l’instar de nombreux Français, êtes-vous sensible à la cause animale ?

La cause animale et le sort des animaux sont très importants à mes yeux. J’ai en horreur les atteintes au bien-être animal et j’ai voulu faire de la protection animale une priorité de mon quinquennat. J’ai d’ailleurs fait figurer cet engagement dans mon projet présidentiel.

D’après notre sondage, la majorité des électeurs propriétaires d’animaux de compagnie souhaitent que les sanctions pénales pour les actes de maltraitance envers les animaux soient durcies. Vous Présidente, alourdirez-vous ces peines ?

Je suis pour un renforcement de l’arsenal pénal et pour des peines réellement dissuasives : il faut punir lourdement ceux qui portent une atteinte volontaire à l’animal, avec l’idée de le blesser ou de lui faire subir des comportements cruels.

Les Français sont majoritairement favorables à la lutte contre les trafics d’animaux. Et vous ? Renforcerez-vous les cellules de lutte contre les trafics et augmenterez-vous les enquêtes de terrain comme les Français le souhaitent ?

Je m’engage à mettre fin au trafic d’animaux, qui est un véritable fléau pour la protection animale. Nous y parviendrons en rétablissant des frontières nationales qui faciliteront les contrôles. Le travail mené par la Cellule Anti-trafic de la SPA devra être reconnu et les inspecteurs des douanes seront encouragés à travailler en étroite coopération avec les associations.

Avoir un animal de compagnie peut coûter cher et cela peut être un frein à leur identification et à leur stérilisation. Pour pallier cette difficulté, les propriétaires à faibles revenus aimeraient que les dispensaires vétérinaires soient plus nombreux. Y êtes-vous favorable ?

Il faut en effet inciter à la création de services d'aide aux animaux appartenant à des personnes en situation de difficulté ponctuelle ou d'exclusion, non seulement pour soulager ces gens qui se trouvent en difficulté (posséder un animal représente parfois une charge financière très lourde) mais aussi pour protéger l’animal.

Pour aider les propriétaires à faibles revenus, les prestations vétérinaires seront par ailleurs exemptées de TVA et la TVA sur les médicaments vétérinaires sera baissée de 20 à 10%, afin de l’aligner sur celle des médicaments humains nonremboursés par la sécurité sociale. Le passage chez le vétérinaire (ne serait-ce que pour les vaccins obligatoires) représente en effet un coût considérable pour les familles modestes.

Alors que les vidéos montrant les conditions de vie des animaux de laboratoire ne cessent de choquer l’opinion publique, 38% des sondés souhaitent que l’expérimentation animale sur les chiens et chats soit interdite. Et vous ?

Au-delà de l’émoi naturel que les images d’animaux sacrifiés pour des expériences suscitent, l’expérimentation animale peut être très souvent évitée. Par ailleurs, certaines expériences sur animaux ne sont pas toujours fiables quand il s’agit de développer un traitement médical pour les hommes : le métabolisme des animaux ne répondant pas toujours de la même manière que celui des humains.

Nous ne pouvons pas fermer totalement la porte aux expériences sur animaux, notamment dans les cas où il n’existe aucune autre manière de tester un vaccin ou un nouveau traitement. Mais je m’engage à encourager les méthodes substitutives (telles que la peau artificielle, les expériences in vitro plutôt qu’in vivo) et la réduction de l’emploi d’animaux vivants.

 

 

La science a prouvé les nombreux bienfaits que procurent les animaux aux personnes en situation de difficulté. Les Français en sont convaincus : ils souhaitent que les hôpitaux, centres médicalisés, maisons de retraite, prison, etc. soient incités à développer des programmes de zoothérapie/médiation animale. Vous engagez-vous en ce sens ?

Je suis pour la réintégration de la notion de respect des animaux dans les programmes scolaires et pour former le personnel éducatif à cet enseignement.

La zoothérapie sera enfin promue car les études scientifiques tendent à prouver que la présence d’animaux parmi les enfants ou les personnes âgées a une influence positive sur leur santé. Elle favorisera en conséquence la protection animale et la santé humaine.

Sans tenir compte des précédentes questions, quelle serait pour vous LA priorité en matière d’amélioration de la condition animale ?

En octobre dernier, durant ma convention consacrée à la protection animale, j’ai pris l’engagement de développer l’élevage raisonné, qui permet à la fois de renforcer la protection et le bien-être des animaux, tout en assurant aux consommateurs de meilleurs produits. De récents reportages ont mis en évidence des pratiques inacceptables, le développement de méthodes industrielles très douloureuses pour les animaux et très dangereuses pour la santé des consommateurs. Je pense notamment à toutes ces situations où les animaux sont entassés dans des cages et où ils ne peuvent exprimer leurs comportements naturels ni même se mouvoir. Je pense aussi à la ferme des 1000 vaches, modèle absolument scandaleux et refusé en bloc par nos compatriotes. Je veux donc avancer sur ce sujet : l’élevage en plein-air sera favorisé, les cages et conditions d’élevage incompatibles avec les besoins des animaux seront interdites. Je serai aux côtés des éleveurs français, qui sont eux aussi attentifs au bien-être de leurs bêtes, afin qu’ils puissent moderniser leur exploitation en ce sens. La transformation de la Politique Agricole Commune en Politique Agricole Française permettra de favoriser cette évolution et de renforcer les subventions d’équipement.

Un Ministre des Animaux, vous y pensez ?

Je souhaite disposer autour de moi d’une équipe resserrée d’une quinzaine de ministres afin de mettre rapidement en œuvre les grandes mesures qu’attendent les Français pour remettre notre pays en ordre et lui rendre son indépendance.

Je veux que la protection animale progresse sensiblement durant mon quinquennat. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle la protection animale ne peut être du seul ressort du ministère de l’Agriculture et que le ministère de l’Environnement doit évidemment y être associé.

Je propose donc la création d’un grand conseil public en charge de la protection animale, qui réunira tous les acteurs et où les associations auront une place significative.

Je suis enfin favorable à ce que l’effort financier envers les associations de protection animale soit renforcé afin qu’elles puissent assurer convenablement leurs missions.

La tradition veut que le Canada offre un chien à tous les Présidents de la République française. Maintiendrez-vous cette coutume ?

Bien sûr et je suis favorable à ces traditions qui entretiennent des liens très forts entre nos deux pays. Le Canada est pays ami, francophone et à ce titre, nous devons encourager tout ce qui renforce la coopération entre nos deux pays.

Quelque chose à ajouter ?

Selon la Chambre d’agriculture d’Île-de-France, 100 % de la viande abattue dans la région est hallal. Au niveau de la France, ce taux est de 60 %, bien au-delà des besoins. L’abattage rituel fait souffrir les animaux mais il pose également de nombreuses questions en termes de traçabilité de la viande et de transparence des produits offerts aux consommateurs. L’abattage rituel accroît considérablement le stress et la souffrance des animaux abattus, en témoignent les nombreuses vidéos prises dans les abattoirs qui montrent des animaux égorgés à vif, se tordant de douleur, asphyxiés par leur propre sang. Je rendrai donc obligatoire l’étourdissement préalable des animaux avant l’abattage, pour en finir avec ces traitements d’un autre âge.

Pour toute la viande vendue en France (même importée), l’étiquetage devra préciser la méthode d’abattage.

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ELISA 22/04/2017 12:21

ça nous rassure. Mais la tache est immense.
Ces pauvres animaux souffrent tant qu'on se demande comment on arrive malgré tout à les manger.
Même chez les éleveurs "respectueux" du bien être de leurs bêtes, que dire lorsqu'on entend beugler les vaches à qui on vient de retirer leur veau après sevrage. ....Désolée de plomber l'ambiance.

Chapuis 22/04/2017 14:10

Ça ne plombe en rien l'ambiance au contraire il est bien que les gens prennent conscience de ce qui se pratique dans notre pays et surtout le pourquoi,trop de gens ignorent les pratiques qui s'appliquent non loin d'eux sans en avoir connaissance donc il est bien de faire une piqûre de rappel de temps en temps.