500 € d’amende avec sursis pour avoir noyé et roué de coups un chat

Publié le par Ricard Bruno

La vieille dame comparait pour cruauté envers animaux. Elle a noyé un chat, avant de tenter de l’achever à coups de pied. Pourtant elle aime les chats, sauf ceux qui errent dans son jardin.

La vieille dame, excédée par les chats errants dans son jardin, a agi sous la colère.  Photo illustration A.MARCHI

Elle est minuscule à la barre. Le chef d’inculpation semble plus gros qu’elle : « sévices graves ou acte de cruauté envers un animal domestique ». Elle entend mal, mais reconnaît les faits d’un ton péremptoire. « Bien sûr, je regrette mais qu’est-ce que je pouvais faire ? »

La présidente Nadine Schaller-Litolff questionne : « quelle femme êtes-vous pour réussir à tuer un chat à coups de pied ? ». La vieille dame n’a pas réussi. Non. Elle a laissé le chat agoniser à l’orée du bois. 

Habiter en lisière de forêt, le problème vient de là. « Je suis envahie par les chats errants ! Les voisins ont des chiens, moi j’en ai pas, alors les chats viennent chez moi. Encore l’autre jour, ils m’ont fait tomber ». Les voisins justement ont appelé la police ce 1er  avril 2017 vers midi, alertés par les miaulements d’agonie d’un chat. Certains l’ont vue donner des coups de pied à la pauvre bête. Ce jour-là, en colère contre ces chats errants qui miaulent à sa porte, la vieille dame en a attrapé un, a tenté de le noyer dans un tonneau d’eau au fond de son jardin. Comme elle n’y parvenait pas elle a roué la pauvre bête trempée de coups de pied, avant de le balancer au fond de son terrain.

500 euros d’amende avec sursis

Aux policiers qui le retrouvent, elle propose un seau pour emmener l’animal, puis se ravise et l’emmène elle-même se faire euthanasier chez le vétérinaire.

C’est là tout le paradoxe, la vieille dame aime les chats, elle en a un et nourrit ceux qui s’arrêtent chez elle, alors forcément ils reviennent. « J’avais déjà demandé à la SPA de faire quelque chose, ils n’ont rien fait. Je donne la pilule aux minettes sinon y’en aurait une cinquantaine. Qu’est-ce que vous voulez que je fasse ? » explique la dame. « Arrêtez de les nourrir », suggère le procureur Molle qui requiert 500 € d’amende avec sursis.

« Mais ils crèvent de faim », note-t-elle dans un haussement d’épaules, « c’est quand même un problème, je ne vais pas les laisser mourir de faim ! ». La SPA demande effectivement une participation financière pour stériliser les chats errants apportés par des particuliers. Me Barras, du barreau de Paris, demande 500 € de dommages et intérêts pour la confédération des SPA de France, autant pour celle de 30 millions d’amis et 2 000 € pour la fondation Brigitte Bardot.

« C’est peut-être beaucoup pour trois associations qui ont le même objet » remarque, avec bon sens, Me Saget, pour la défense.

« Madame n’a qu’un tort, elle ne peut pas s’empêcher de nourrir les chats qui reviennent donc systématiquement. Ce jour-là, elle était exaspérée, elle s’était fait mordre et griffer, les blessures s’étaient infectées. Elle a finalement emmené le chat chez le vétérinaire et a payé 90 € pour le faire euthanasier. Elle est honteuse d’être là, elle n’en a parlé à personne ». L’avocate plaide la dispense de peine.

Le tribunal punit de 500 € d’amende avec sursis le geste inconsidéré. La vieille dame continue à nourrir les chats. 

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