Vidéo Ces porcs agoni­sants vont vous passer l’en­vie de manger du jambon...

Publié le par Ricard Bruno

Crédit photo : Captures d'écran

Crédit photo : Captures d'écran

Une enquête sur l'élevage de cochons dans six établis­se­ments italiens révèle les condi­tions de vie inac­cep­tables des bêtes desti­nées à la produc­tion du jambon de Parme. Atten­tion, certaines images sont choquantes.

 

Nouveau coup de commu­ni­ca­tion fort de la part d’as­so­cia­tions de défense des animaux. Ce lundi, Gaia, L214, Welfarm et la Fonda­tion Brigitte Bardot relaient une nouvelle vidéo qui en dit long sur l’abo­mi­nable supplice des porcs desti­nés à la produc­tion du célèbre jambon de Parme. Une vaste enquête a récem­ment été menée par Euro­group for animals dans trois provinces du nord de la Botte, au sein de six élevages où sont parqués entre 3 000 et 10 000 bêtes. Pendant trois mois, il a été constaté de graves manque­ments à la régle­men­ta­tion sur le bien-être des cochons. Selon l’or­ga­ni­sa­tion belge, les condi­tions d’en­fer­me­ment sont abso­lu­ment épou­van­tables ». Les images diffu­sées ne contre­disent malheu­reu­se­ment pas le propos, certains séquences étant à la limite du suppor­tables. Sur celles-ci, on découvre une majo­rité d’ani­maux malades, atro­phiés, à l’ago­nie ou même morts au milieu de leurs congé­nères, sans prise en charge rapide de vété­ri­naires. Dans les hangars surpeu­plés et peu aérés, l’at­mo­sphère y est étouf­fante. Les truies et porcs se marchent litté­ra­le­ment dessus. Certains se bloquent dans les mangeoires et restent coin­cés sur le dos pendant des heures, allant jusqu’à s’uri­ner dessus. D’autres, affai­blis, subissent des actes de canni­ba­lisme de leurs congé­nères pâtis­sant de la grande pauvreté de leur envi­ron­ne­ment. Sans comp­ter les infec­tions qui rongent les derniers, desti­nés à une mort certaine car ne dispo­sant pas de l’ins­pec­tion jour­na­lière habi­tuelle. Hernies abdo­mi­nales, prolap­sus rectaux, lésions ulcé­rées de la queue, troubles oculaires, carcasses lais­sées froides sur le béton… Les élevages ont l’air de véri­tables cime­tières infor­mels.

Surtout, Eurgroup for animals note un ensemble de pratiques illé­gales. Premiè­re­ment, les instal­la­tions ne sont pas du tout adap­tées aux besoins des cochons. Certaines stalles, inter­dites dans l’UE depuis 2013, leur empêche tout mouve­ment et notam­ment la simple possi­bi­lité de se retour­ner. Une autre séquence se concentre sur un abject contai­ner dans lequel repo­sent… des porce­lets décé­dés, des placen­tas sangui­no­lents et des queues. Or, « la coupe routi­nière de la queue est une pratique inter­dite depuis plus de 20 ans dans l’Union euro­péenne », rappelle l’or­ga­ni­sa­tion. Elle est en outre quasi-systé­ma­tique­ment pratiquée à vif, ce qui est très doulou­reux. Pour­tant, elle n’est auto­ri­sée que lorsqu’il n’existe pas d’autre moyen d’em­pê­cher l’ap­pa­ri­tion de problèmes du compor­te­ment ». En réalité, le maté­riel et les vivres notam­ment instal­lés dans les enclos pour enrayer les problèmes de compor­te­ments sont absents. Résul­tat, en plus des cochons qui perdent leur mobi­lité ou souffrent d’in­fec­tion de l’ar­rière-train, d’autres deviennent fous et s’en prennent au reste de l’éle­vage. Ne serait-ce qu’un exemple de ce qui se fait partout sur le conti­nent, ou bien ces six élevages font-ils partie d’un petit îlot ou la qualité de l’en­fer­me­ment des porcs est volon­tai­re­ment négligé ? Diffi­cile d’y répondre. Mais la cofon­da­trice de L214, Brigitte Gothière, rappelle à nos confrères du Huffing­tonPost qu’en France, « 95% des cochons » vivent « enfer­més » en bâti­ment, sur du béton, la plupart du temps sans un brin de paille.

⋙ Relire :Animaux deux asso­cia­tion dénoncent les actes de maltrai­tance infli­gées aux porce­lets (vidéo)

L’enquête menée sur la produc­tion du jambon de Parme, qui prône pour­tant des « méthodes d’éle­vages modernes et hygié­niques » pour donner un « pur produit du temps et de la nature », montre en tout cas une part bien moins relui­sante du savoir-faire gastro­no­mique italien. Et l’hexa­gone se rend complice de ce contexte extrê­me­ment préoc­cu­pant pour les animaux, puisque nous sommes le premier impor­ta­teur en Europe. 476 000 jambons de Parme ont été livrés sur nos terres en 2016. Il fait des émules en super­mar­ché, se clas­sant troi­sième jambon cru le plus vendu, juste derrière le Jambon Serrano et les jambons italiens sans appel­la­tion d’ori­gine. Les prenant pour partie respon­sables, Euro­group For Animals et les nombreuses asso­cia­tions qu’elle fédère réclament un arrêt immé­diat de ces pratiques et appellent les prin­ci­paux Consor­tiums à prendre de réelles enga­ge­ments en faveur du bien âtre des porcs. Distri­bu­teurs et états membres de l’UE sont aussi sommés, notam­ment via une péti­tion ayant été signé par plus de 500 000 personnes, de faire appliquer les légis­la­tions en vigueur.

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Elisa 27/03/2018 09:11

Même si c'est difficile il faut absolument freiner nos habitudes de manger du jambon blanc, patés, knackis, et autres charcutailles qui inondent les étals des supermarchés, c'est plein d'antibiotiques et de pesticides qu'on donne à ces pauvres bêtes qui sont le plus souvent élevées dans des conditions déplorables. En plus de nous faire grossir, ça rend malade. Rendons-nous à l'évidence.