Brigitte Bardot : "Quand on me connaît bien je ne suis pas vraiment intimidante"

Publié le par Ricard Bruno

1995 |Retour sur les années 50 grâce à l'émission "Radio archives" qui consacre une heure d'entretiens avec des acteurs célèbres de cette époque. Dans un patchwork d'interviews et d'extraits de films, retrouvez entre autres la voix de Brigitte Bardot qui parle de son rapport à la presse et à sa renommée.

 

Brigitte Bardot : "Quand on me connaît bien je ne suis pas vraiment intimidante"

Dans cette émission "Radio archives" intitulée pour l'occasion "Radio cinoche", on peut entendre plusieurs entretiens de célébrités du cinéma comme Anouck Aimé, Brigitte Fossey ou encore Brigitte Bardot au Festival de Cannes, qualifiée de "gentille et charmante" par l’intervieweuse visiblement séduite. La star internationale décrit par la suite l'assaut des paparazzis qui la font trébucher et l'empêchent de sortir :"C'est adorable, c'est très mignon mais nous n'avons aucune liberté pour aller nous promener.", déplore-t-elle. C'était juste avant le tournage des "Grandes manœuvres" de René Clair sorti en 1955.

Ecoutez, pour le moment je n'en connais pas une autre... C'est triste, c'est embêtant pour la fille qu'on compare à moi dans ces conditions-là. C'est mieux que l'on dise : Voilà la nouvelle unetelle, avec son vrai nom. C'est toujours ennuyeux que l'on vous compare à quelqu'un d'autre. Je ne suis ni sûre , ni pas sûre [de moi]. Je suis moi c'est tout. Je ne suis pas indétrônable, je suis détrônable par quelqu'un qui ne sera pas une nouvelle Bardot !

Son rapport à sa célébrité hors-norme intrigue beaucoup. Quant à son attitude envers la foule des journalistes, il a été remarqué un changement de sa part, qu'elle serait devenue "coopérative avec tout le monde". Elle raconte qu'elle a affectivement changé de "tactique" puisque la fuite ne servait à rien.

Au lieu de me cacher et fuir, j'essaye de faire le contraire, de rester là, de faire des photos. Ce qui fait que le résultat est le même mais je suis souriante sur les photos au lieu d'être grognon. Ce qui est mieux!

Sur les questions indiscrètes qu'on peut lui poser : "J'ai une spécialité formidable c'est que je ne réponds pas ! Je détourne, je zigzague ! "

A la toute fin de l'émission, on entend le couturier de Brigitte Bardot s'exprimer, Jacques Esterel, l'inventeur de la si fameuse robe Vichy que portait l'actrice lors de son mariage en 1959 avec Jacques Charrier, et qui contrastait tellement avec la robe blanche traditionnelle.

Le phénomène Bardot est un phénomène absolument extraordinaire. J'ai l'impression qu'il y en a un par siècle ou tous les deux siècles. Que la pensée du monde se cristallise comme ça sur un seul être, c'est une chose qui m'a donné à réfléchir, d'autant plus que je la connais. Je connais cette idole, je l'ai vue de près. Et donc je me suis demandé : mais qui avait fait Brigitte Bardot ? Et je pense que son personnage dépasse largement la publicité qu'on a faite sur elle, c'est-à-dire que ça ne dépend plus de la publicité. Jacques Esterel

Et de poursuivre sa réflexion :

Je pense que Brigitte Bardot n'a pas été faite par les hommes mais par les femmes.[...] Elle représente pour les femmes ce qu'elles croient que les hommes aiment. Elle représente pour les femmes ce qu'elles redoutent le plus. La concurrence même c'est Brigitte Bardot. Et je ne suis pas sûr que les femmes aient tellement raison. Je ne suis pas sûr que ce soit à ce point-là. J'imagine que les hommes aiment Brigitte Bardot et que les femmes la détestent presque, la craignent, la redoutent d'une façon terrible. Pour la femme, elle représente le sommet de la séduction, l'idéal de ce qu'une femme doit être pour plaire à un homme. Voilà comment je m’explique cette fameuse Brigitte Bardot. Jacques Esterel

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aeschelmann charlotte 08/06/2018 19:45

Bizarre, pour ma part ainsi que p.o nombre d' amies de ma génération et aussi de celles ayant l'âge de Bardot, je ne partage pas l'idée que J.Esterel se faisait des femmes à propos de BB et de leur "jalousie" même si parmi elles, nunuches et bien pensantes coincées la vilipendaient . J'ai connu Bardot à travers les revues de cinéma (grand public, genre Cinémonde) de ses apparitions de star à la télé alors en n & b et aussi de son témoignage sur les conditions d'abattage sans étourdissement, elle qui eut le courage de se rendre sur place pour témoigner de la souffrance animale dans les années 60. J'étais ado à l'époque, aujourd'hui j'ai 70 ans et suis restée une inconditionnelle de Bardot, tant pour la militante que pour l'actrice que j'ai découverte tardivement à 20 ans dans Dieu créa la femme, je suis sortie de la projection transfigurée, en admiration pour la superbe femme si féline, douce, naturelle, décomplexée, émancipée par rapport à la morale de l'époque, et de son personnage incarnant déjà en sus sa sensibilité pour les animaux. Je suis végétarienne depuis mes 17 ans, le film de G Franju le "Sang des bêtes" dont j'avais vu des extraits à la tv, les positions de Bardot à propos de l'abattage sans étourdissement et son combat, et le fait qu'à mon arrivée à Paris, je vivais rue de l'Armorique près d'une gare de marchandise, où j'entendais mugir dans les camions les animaux en route pour l'abattoir sans oublier le cri des cochons égorgés dans les fermes vosgiennes où j'ai passé une partie de mon enfance ont déterminé mon choix d'exclure illico presto la barbaque de mon alimentation au grand dam de mon entourage qui se souciait de ma santé alors que j'étais convaincue que refuser de faire le mal ne pouvait pas être malsain. La lecture notamment d'Albert Schweitzer sur le respect de la vie via le végétarisme et les religions indouistes ma conforté dans ce sens.
Quant à la sublime robe vichy que portait BB à son mariage, normal qu'elle ne réitère pas le port d' une tenue immaculée, s'étant mariée magnifiquement en blanc précédemment avec R Vadim.
Je suis persuadée que Bardot sait mettre à l'aise les gens notamment ceux qu'elle accueille, mais devant elle, je resterai sans voix, tétanisée, comme je le fus lorsque je me suis trouvée nez à nez avec Simone de Beauvoir, un autre de mes totems, dans une AG à la Mutualité, il y a de cela des décennies !
J'au eu le même problème avec Marguerite Duras, mais comme elle était une intime de mon fiancé de l'époque, la "crainte"" s'est quelque peu atténuée. Charlotte Aeschelmann Bardot for ever! Quel con, le Macron et sa Brigitte en prime aussi silencieuse que son Jupiter de pacotille, que du dédain pour une gloire nationale et internationale BRIGITTE BARDOT! Charlotte Aeschelmann

Ricard Bruno 11/06/2018 14:39

Bonjour Bravo pour votre très beau commentaire...
Bruno Ricard