Rouen : une association se bat pour sauver Wang, jeune chien détenu dans la cave d’un immeuble de l’île Lacroix

Publié le par Ricard Bruno

Animaux. Une association alerte sur le sort d’un jeune chien de traîneau, détenu dans une cave sur l’île Lacroix dans des conditions indignes.

Combien de temps Wang va-t-il rester dans ces conditions de détention ?

Combien de temps Wang va-t-il rester dans ces conditions de détention ?

Âgé de 20 mois, Wang est un Malamute dont le sort avait, l’été dernier, ému les riverains de l’île Lacroix et au-delà. Le chien de traîneau nordique était « enchaîné et muselé, sans eau, jour et nuit sur un balcon du quatrième étage. Il pleurait et hurlait. Les voisins sont intervenus et la SNPA est venue, mais a conclu à un conflit de voisinage. Cependant, le locataire s’est tout de même engagé à le mettre chez un cousin. Effectivement, il a disparu. Pour la SNPA, affaire conclue », ne décolère pas Valérie Chevalier, enquêtrice locale pour l’association nationale Giapa (Groupe intervention actif protection animale).

Car, effectivement, l’animal a été retrouvé : « Il a été déplacé dans la cave. Dans un petit espace, avec peu d’aération, de lumière et une odeur pestilentielle », poursuit la militante.

« Son propriétaire joue sur le texte d’une loi [...] vieille et vague ! », en vertu de laquelle tout serait permis au motif que l’on se trouve dans une propriété privée. Or, la cave « n’est pas un lieu d’habitation ! ».L’association qui vient en aide aux animaux en détresse a déposé plainte : « C’est là-dessus que nous allons jouer. » Et a alerté la police nationale. « Trois équipages sont intervenus. Ils ont été choqués par les conditions de vie de l’animal et en ont référé au Parquet avec toujours la même réponse : c’est contractuel ! Tout le monde se renvoie la décision. »

Selon le Giapa, « le tribunal ne peut pas prendre un avis de réquisition. Il renvoie sur la Direction départementale de la protection des populations[préfecture, NDLR] qui n’entreprend rien. Heureusement, en attendant, les voisins le nourrissent. »

Pour ces raisons, l’association a aussi interpellé la mairie de Rouen, « car le maire est le premier magistrat. Il est en pleine décision, car selon la loi, ce n’est pas de la maltraitance mais du mauvais traitement infligé. Il faudrait qu’il soit agonisant. C’est inhumain ! »

Et pendant ce temps, alors que le statu quo prévaut, Wang continue de subir sa vie de chien. Ses complaintes sont entendues jusqu’aux immeubles alentour. « Pour lui [le propriétaire], c’est normal. C’est sa chambre. Il le sort tous les deux ou trois jours. Il ne se laissera pas faire ! », redoute Valérie Chevalier.

Réquisition réclamée

Avec l’aide de son président Philippe Toutenelle, l’association a demandé à la mairie « une réquisition, définitive ou pas ! On le met dans une de nos structures en attente d’un procès. Nous pourrons ensuite le prendre en charge, le mettre en règle, le vacciner et lui trouver une famille. Ce cas est l’exemple type de l’augmentation des cas d’abandons et de maltraitances. Il y a même des personnes jugées qui réitèrent, car les condamnations ne sont pas assez sévères. Après, il faut rester dans la légalité même si c’est dur ! »

Contactée, la SNPA déclare ne pas pouvoir donner d’informations ; le propriétaire est aux abonnés absents et le syndic de l’immeuble, AIC, ne donne pas suite non plus aux sollicitations.

À la Ville de Rouen, le directeur général des services indique que « la police municipale s’est déplacée le 16 octobre et n’a pas constaté de maltraitance, mais des conditions de détention pas idéales. Après échanges avec nos services, cela ne relève pas du pouvoir de police du maire, car il n’y a pas de gravité immédiate. Nous transmettons le dossier à la Préfecture dans le cadre du Code rural et pêche maritime, que nous appuierons. »

Pour l’enquêtrice, qui interprète cette déclaration comme « un retour à la case départ », seul le chien compte, « car c’est une race qui doit courir et avoir de l’espace. Ses conditions de vie sont très difficiles. La loi n’est pas appliquée. Et puis, les voisins réagissent aussi. Ils envoient des courriers mais ce sont des personnes âgées et elles ont peur des répercussions. Il faut vraiment sauver ce pauvre animal. »

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Elisa 25/10/2018 08:53

Et malheureusement, ce n'est pas un cas isolé, loin de là !
Si on tolère d'infliger un mauvais traitement qui n'est pas de la maltraitance, il faudrait plus d'explications, parceque pour moi c'est la même chose. Qu'est ce que de la maltraitance ? faut-il un chien squelettique et en sang, avec des pattes brisées pour enfin parler de maltraitance ? pour moi c'est aussi un chien enfermé seul, qu'on sort de temps en temps, qui aboie toute,la journée parcequ'il souffre, qui a à manger et à boire, de temps en temps, dont on nettoie pas les déjections, voilà, pour moi c'est maltraiter un chien. c'est clair. Je sais que beaucoup le pensent aussi.