A Augé, en Deux-Sèvres, le berger allemand Jagger est tombé sur un " tueur d’animaux "

Publié le par Ricard Bruno

Hier matin, les époux Decanter plus une trentaine de personnes venues les soutenir se sont rassemblés devant l’hôtel de ville de Niort, avant une courte marche blanche jusqu’au tribunal.

Hier matin, les époux Decanter plus une trentaine de personnes venues les soutenir se sont rassemblés devant l’hôtel de ville de Niort, avant une courte marche blanche jusqu’au tribunal.

Un habitant d’Augé devait répondre, le mardi 9 avril 2019 devant le tribunal correctionnel de Niort, de “ sévices graves ou d’actes de cruauté ” aux dépens d’un berger allemand qu’il avait abattu : le parquet a requis six mois de prison avec sursis.

près un rassemblement organisé entre 9 h et 9 h 45 grosso modo, le mardi 9 avril 2019, devant l’hôtel de ville de Niort et qui a réuni pas loin de quarante personnes, le cortège s’est ébranlé en direction du palais de justice pour une courte marche blanche en mémoire de Jagger, ce berger allemand à poils longs de 4 ans abattu par un voisin, tard dans la soirée du vendredi 15 février dernier, à Augé.

Un peu après 11 h, ils étaient environ vingt-cinq à prendre place dans le prétoire du tribunal correctionnel au moment de l’ouverture du procès. A la barre, ce Saint-Maixentais de naissance, qui réside dans le hameau de Saint-Hilaire, toujours à Augé , a réitéré ses aveux, formulés face aux gendarmes pendant sa garde à vue remontant à la soirée du lundi 18 février 2019 : oui, en voyant le chien de la famille Decanter qui s’était aventuré dans la cour de sa propriété et « attaquait », à l’écouter,son épagneul breton « à travers le portillon », il est rentré chez lui pour y récupérer sa carabine à plombs, saisie depuis.

Jagger a été jeté dans l'eau comme un déchet !

 

 

 

L’ouvrier agricole âgé de 57 ans revient et fait feu à trois reprises sur l’animal, l’abandonnant sur place. Avant de le récupérer le lendemain et de le charger dans sa 4L pour s’en débarrasser au barrage de la Touche-Poupard, à Clavé. « Jagger a été jeté dans l’eau comme un déchet ! », s’énervera Me Isabelle Gharbi-Terrin, au nom des propriétaires de l’animal, inconsolables.

« Pourquoi avez-vous tiré trois fois ? », lui demande la présidente Mélanie Mistral. « Parce que j’avais que trois cartouches », lui répond du tac au tac le prévenu au casier judiciaire vierge de toute mention. Il précise qu’il utilise habituellement son arme pour faire feu sur les pigeons nichant dans ses tilleuls et qu’il avait déjà abattu, avec la même carabine, un chien par le passé, l’enterrant après. Son tort ? « Il m’avait tué vingt-trois poules. »

Hélène et Fabrice Decanter, domiciliés dans le hameau de La Magnerie, ici lors du rassemblement organisé, au matin du mardi 9 avril 2019, devant l'hôtel de ville en mémoire de leur chien tué, Jagger : la première tient l'urne funéraire qui renferme les cendres du berger allemand.

Hélène et Fabrice Decanter, domiciliés dans le hameau de La Magnerie, ici lors du rassemblement organisé, au matin du mardi 9 avril 2019, devant l'hôtel de ville en mémoire de leur chien tué, Jagger : la première tient l'urne funéraire qui renferme les cendres du berger allemand.

« Il n’a pas tiré pour lui faire peur, il aurait alors tiré en l’air, a constaté la substitut du procureur de la République Alice Rodrigues. Jagger ne pouvait pas s’échapper, il était dans sa ligne de mire. » A l’encontre du quinquagénaire, la magistrate du parquet requiert six mois d’emprisonnement assortis d’un sursis avec mise à l’épreuve courant sur deux années et comprenant l’interdiction de détenir ou de porter une arme : elle y ajoute le paiement d’une amende de 300 €.

« J’aurais pas dû le faire », avait marmonné, plus tôt, le Saint-Maixentais. « Il avait envie de tuer et il avait envie de faire mal ! », le taclera encore Me Isabelle Gharbi-Terrin.

" Il fait preuve d'une froideur... "

« Il l'a laissé gisant au sol, agonisant, dira Me Daniel Ithurbisque, au nom de l'association de secours et de protection des animaux de compagnie (Aspac), basée à La Crèche et dont le président, Michel Vaudois, a assisté au procès. Il fait preuve d'une froideur... J'insiste sur l'impact éducatif que peut avoir une sanction. Les animaux de compagnie, particulièrement les chats et les chiens, sont de plus en plus considérés comme des membres de la famille. »

D'aileurs, depuis le 17 février 2015, date de l'apparition de l'article 515-14 dans le code civil, les animaux sont reconnus comme « des êtres vivants doués de sensibilité ».

Le jugement mis en délibéré au mardi 14 mai 2019

Le jugement a été mis en délibéré par la juge Mistral : elle le rendra en ouverture de l’audience correctionnelle du mardi 14 mai 2019, à 8 h 45. Hélène Decanter, qui considérait son berger allemand comme « son bébé », ses deux enfants respectivement âgés de 22 et 26 ans ayant aujourd’hui quitté le domicile familial, sera là pour écouter la décision : « J’espère que la justice sera pour Jagger, pas pour son assassin. »

Elle gardera en mémoire « le sourire » du mis en cause « quand il a quitté la salle d’audience : on aurait dit qu’il était fier de lui C’est ce qui me blesse le plus. »

" C'était le chien de sa vie ", affirme Me Isabelle Gharbi-Terrin

Sans compter les frais de justice, les cinq groupements de défense des animaux parties civiles dans ce dossier ont réclamé la somme de 6.500 € au prévenu à titre de dommages et intérêts : la Fondation Brigitte Bardot (2.000 €), la SPA (1.000 €),  l’Aspac (1.000 €), la Fondation 30 millions d’amis (500 €) et l’association Stéphane Lamart (2.000 €). Cette dernière était représentée par Me Isabelle Gharbi-Terrin, qui défend donc également les intérêts des propriétaires de Jagger, Hélène et Fabrice Decanter en plus de leur fils, Djessy. L’avocate au barreau de Marseille, dans les Bouches-du-Rhône, n’a pas demandé de dédommagement pécuniaire pour la famille : « Je plaide pour l’amour de mes clients pour leur chien, je plaide pour une mesure qui soit dissuasive. Ce que je veux, c’est qu’à Augé, on puisse vivre tranquillement ». Car, plus tôt, Me Isabelle Gharbi-Terrin expliquait que, dans la commune, « tous les chats disparaissent », les habitants imputant ces actes au quinquagénaire décrit comme « un tueur d’animaux. Il faut l’arrêter ! » Elle a aussi insisté sur le rapport « fusionnel » entre Hélène Decanter et son berger allemand : « Je le dis sans honte, très sérieusement et avec beaucoup de respect : c’était le chien de sa vie. »

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