Le râle de Guam avait disparu, ce petit oiseau est de retour dans la nature

Publié le par Ricard Bruno

Le râle de Guam avait disparu, ce petit oiseau est de retour dans la nature

Le râle de Guam, petite espèce d’oiseau endémique de l’île du même nom, dans le Pacifique, avait disparu à l’état sauvage. Il avait été décimé par un serpent invasif. Aujourd’hui, l’espèce est réintroduite dans la nature.

Le râle de Guam avait disparu, ce petit oiseau est de retour dans la nature

Un petit oiseau au plumage sombre, qui ne dépasse pas la trentaine de centimètres de long. Voici à quoi ressemble le râle de Guam. C’est une espèce endémique de l’île du même nom, un territoire américain de l’ouest de l’océan Pacifique. Jusque très récemment, l’oiseau avait complètement disparu à l’état sauvage.

La population de l’espèce a été décimée par l’introduction accidentelle à Guam d’une espèce invasive de serpents, à la fin de la Seconde Guerre mondiale. L’oiseau est incapable de voler, et, n’ayant jamais été confronté aux serpents, il n’a pas su leur échapper.

Résultat, depuis la fin des années 1980, le râle de Guam était considéré comme étant « éteint à l’état naturel » par l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), une organisation non-gouvernementale qui tient à jour une liste rouge des espèces menacées.

Une trentaine d’années plus tard, la situation du râle de Guam s’est beaucoup améliorée. Il a été réintroduit dans la nature et n’est plus considéré comme éteint à l’état naturel, a indiqué l’UICN ce mardi.

De 10 000 individus… à 21

Si le râle de Guam a pu être réintroduit dans la nature, c’est grâce à des programmes d’élevage en captivité.

Et en 1985, il restait très exactement 21 râles de Guam sur l'île, contre… environ 10 000 avant les années 1960, selon les chiffres du Zoo national Smithsonian de Washington.

À ce moment-là, il a été décidé de capturer les derniers (et rares) individus en liberté, pour mettre en place des programmes de conservation.

Des râles ont donc été élevés en captivité, à Guam, mais aussi dans 11 zoos des États-Unis, certains hébergeant déjà des spécimens.

Dès 1989, des oiseaux ont été relâchés sur l’île de Rota, un autre territoire américain situé au nord de Guam. Où il n’y a pas de serpents. Au fil des ans, des dizaines de spécimens y ont été relâchés. Jusqu’à 100 par an, précise l’organisation non-gouvernementale (ONG) britannique Birdlife International.

En 1998, les autorités avaient relâché 16 oiseaux à Guam, dans des secteurs protégés des serpents. Mais « on estime que cette population a été réduite à néant par des chats errants et d’autres prédateurs », relève un rapport du Service de la pêche et de la faune des États-Unis publié en 2009.

Relâchés dans d’autres îles

Dans les années 2010, d’autres râles ont été relâchés à Cocos, une petite île du territoire de Guam. Il a d’abord fallu éradiquer les rats de l’île, précise le Zoo national de Washington, et s’assurer qu’il y avait suffisamment de lézards pour que les oiseaux puissent se nourrir…

Un rail de Guam au Zoo de Cincinnati, aux États-Unis. (Photo : Greg Hume / Wikimédia Commons / CC BY-SA 3.0)

Un rail de Guam au Zoo de Cincinnati, aux États-Unis. (Photo : Greg Hume / Wikimédia Commons / CC BY-SA 3.0)

Entre 2010 et 2012, 26 râles y ont été introduits. Ils vivent en liberté et sont visibles partout sur l’île, même s’il est difficile d’estimer combien d’individus compte la population sur place, précise Birdlife International.

À Rota, en revanche, « leur population ne peut pas encore être considérée comme étant totalement suffisante », indiquait l’ONG britannique en 2017. Une manière de dire que l’on ne pouvait pas être certain de la pérennité de l’espèce.

Deux ans plus tard, l’UICN considère donc que ça y est, l’oiseau est « établi » sur l’île Cocos. L’institution ne mentionne pas la situation à Rota.

Un seul précédent

C’est la seconde fois, seulement, qu’une espèce d’oiseau se rétablit ainsi après avoir été déclarée éteinte à l’état naturel par l’UICN. L’autre espèce est le condor de Californie.

Décimés par la chasse, la pollution, et la destruction de leur habitat naturel, ces condors n’étaient plus que 22 en vie dans la nature en 1982, selon la revue scientifique américaine Smithsonian.

Cette même année, un programme d’élevage avait été mis en place au Zoo de San Diego, rapporte la chaîne de télévision américaine CNN. Dix ans plus tard, les condors avaient commencé à être relâchés dans la nature. Et le 22 juillet dernier, le 1 000e individu en vie aujourd’hui est né : un œuf a éclos dans l’État américain de l’Utah.

Le râle de Guam, lui, n’en est pas encore tout à fait là. Il est toujours considéré par l’UICN comme étant « en danger critique » de disparition. L’espèce reste « à deux doigts de l’extinction ».

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Duchesne 11/12/2019 22:58

Heureuse que cet oiseau soit de nouveau présent, enfin une bonne nouvelle dans ce monde horrible

Duchesne 11/12/2019 22:57

Heureuse pour cette bonne nouvelle pour cet oiseau ❤️