Les eurodéputés veulent mettre fin au trafic illégal de chats et de chiens

Publié le par Ricard Bruno

Le Parlement européen demande mercredi 12 février un plan d’action pour stopper le commerce illégal des animaux de compagnie. Autant au nom du bien-être animal et des enjeux de santé publique, que pour lutter contre une source de trafics qui brasse beaucoup d’argent.

 
Les eurodéputés veulent mettre fin au trafic illégal de chats et de chiens

Les eurodéputés vont adopter une résolution appelant à un système européen obligatoire d’enregistrement des chats et chiens et à une définition européenne des établissements d’élevage commercial à grande échelle, connus sous le nom d’usines à chiots, lors de la session plénière mercredi 12 février 2020 au Parlement européen.

Selon les estimations présentées par les rapporteurs du texte, 46 000 chiens sont vendus chaque mois entre les pays de l’Union européenne, la plupart d’entre eux sans être enregistrés. C’est très compliqué à estimer car c’est un chiffre noir, comme le trafic de drogue, explique l’eurodéputé Pascal Durand (LREM – Renew Europe). C’est un trafic très rentable et extrêmement répandu. Un constat partagé par sa collègue des Républicains (PPE) Nathalie Colin-Oesterlé : selon Interpol, le trafic lié aux animaux sauvages et de compagnie est le troisième trafic au niveau international après les armes et la drogue, explique-t-elle.

 

Certaines animaleries proposent un bouledogue à 1 100 € en l’ayant acheté 450 €

Les députés européens appellent donc les États membres et la Commission à sanctionner les éleveurs qui violent la législation européenne sur les mouvements d’animaux de compagnie. Il faut permettre aux citoyens d’être informés sur l’origine de leur animal de compagnie, estime Nathalie Colin-Oesterlé. L’eurodéputée française prend l’exemple d’un bouledogue qui coûte 50 € à produire pour un élevage en Bulgarie, est vendu 450 € à une animalerie, avant d’être proposé à 1 100 € aux acheteurs en bout de chaîne.

 

Un système européen obligatoire d’enregistrement des chats et chiens permettrait une meilleure information des citoyens selon elle. On veut enregistrer tous les animaux de compagnie, notamment les chiens et les chats. Comme un véhicule qu’on immatricule, précise Pascal Durand.

Les eurodéputés veulent également réguler pour appeler les États membres à leurs responsabilités en la matière. Ils doivent faire en sorte d’augmenter les capacités à contrôler le trafic en mettant en place une vraie traçabilité et vérifier le travail des vétérinaires car certains sont complices, explique de son côté Pascal Durand, coauteur d’un livre intitulé L’Europe des animaux, utiliser le levier européen pour la cause animale, publié en mars 2019 avec le porte-parole de la Fondation Brigitte Bardot, Christophe Marie.

L’enjeu des contrôles au niveau national

Nombre de trafiquants passent d’un pays à l’autre de l’Union européenne sans déclarer les bêtes qu’ils transportent dans une voiture ou une camionnette. C’est l’avantage et l’inconvénient de l’espace Schengen, mais on fait face à la même chose qu’un transport d’animal entre Toulouse et la Creuse, tempère-t-il. Cela n’empêche en rien d’opérer un contrôle.

L’enjeu est là : la mise en œuvre des directives. On a une difficulté sur le suivi, reconnaît Pascal Durand. On peut agir pour que les règles soient améliorées, mais il faut que les polices ou les gendarmeries au niveau national soient formées et sachent exactement ce qu’elles doivent vérifier.

En attendant que la Commission et les États membres lancent une législation en la matière, une première avancée européenne doit avoir lieu en 2021 avec l’entrée en vigueur d’un paquet législatif sur la santé animale. Ce règlement européen, adopté en 2016, doit déjà permettre d’améliorer la transparence du commerce en ligne pour les animaux. On doit en finir avec les usines à chiots, en édictant des normes et en ne laissant pas la jungle du marché décider ce qui est possible ou pas pour l’élevage des animaux, conclut l’eurodéputé.

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