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Les baleines à bosse montrent un rétablissement exceptionnel à travers le monde

Publié le par Ricard Bruno

 En espérant qu'une bonne fois pour toute on les laisse en paix, que certains pays qui continue hélas la chasse à la baleine cesse définitivement cette pratique scandaleuse sous le prétexte fallacieux de recherches scientifiques.
Bruno Ricard

Plus de 30 ans après l'interdiction de leur chasse commerciale, les baleines à bosse prospèrent de nouveau à travers le monde.

Plus de 30 ans après l'interdiction de leur chasse commerciale, les baleines à bosse prospèrent de nouveau à travers le monde.

 

Selon un article publié sur le site du Time, les baleines à bosse connaissent un rétablissement exceptionnel depuis l'interdiction de leur exploitation. Une étude affirme ainsi qu'une population de l'Atlantique Sud a retrouvé 93% de ses effectifs recensés au XIXe siècle.

Bonne nouvelle pour les baleines à bosse. Plus de 30 ans après l'interdiction de leur chasse commerciale, les cétacés prospèrent à travers le monde. C'est du moins ce qu'affirme un article publié sur le site du Time par le Dr Kirsten Thompson, scientifique spécialisée de la faune marine de l'université d'Exeter au Royaume-uni.

"Dans les profondeurs de l'océan, loin des regards de la plupart d'entre nous, un miracle silencieux est en train de se produire", écrit-elle. "De nombreuses populations de baleines à bosse, autrefois dévastées par la chasse commerciale, font actuellement leur retour". En témoigne une étude publiée en octobre dernier dans la revue Royal Society Open Science, poursuit-elle.

Une population qui a retrouvé 93% de ses effectifs

Ces travaux ont porté sur une population particulière de baleines à bosse (Megaptera novaeangliae) évoluant dans l'Ouest de l'Atlantique Sud. En 1830, ses effectifs étaient évalués à quelque 27.000 individus. Avant que la population ne soit peu à peu poussée vers l'extinction par l'exploitation humaine. Au milieu des années 1950, les effectifs étaient tombés à seulement 450 individus.

 

Si des mesures de protection de l'espèce ont commencé à apparaître dès le milieu des années 1960, il a fallu attendre qu'un moratoire sur la chasse commerciale ne soit signé en 1986 par les membres de la Commission baleinière internationale (CBI) pour que la menace ne diminue réellement. Des efforts qui semblent aujourd'hui avoir porté leurs fruits.

Selon l'étude menée par une équipe américaine, la population de baleines à bosse de l'Ouest de l'Atlantique Sud connait un rétablissement spectaculaire : elle semble avoir retrouvé 93% de ses effectifs d'avant exploitation, soit un total de près de 25.000 cétacés. Une estimation qui a fait figure de surprise pour Alexandre Zerbini, principal auteur du rapport, et ses collègues.

En 2006, une étude aérienne menée par la CBI avait en effet abouti à la conclusion que la population avait connu un regain d'à peine 30%. "Je m'attendais à ce que le rétablissement soit plus élevé qu'estimé en 2006 mais je ne pensais pas constater un rétablissement presque complet", a expliqué à USA Today, Alexander Zerbini, spécialiste du National Marine Fisheries Service associé à la NOAA.

 

D'après leur évaluation, la population pourrait retrouver ses effectifs d'ici une dizaine d'années grâce à l'interdiction de la chasse mais aussi aux autres mesures de protection mises en place telles que la création de sanctuaires marins. "Cet exemple montre clairement que si nous faisons ce qu'il faut, la population va se rétablir", a-t-il poursuivi. Un avis partagé par le Dr. Thompson.

Douze populations de plus de 2.000 individus

Car cette population de baleines à bosse évoluant au large de l'Amérique du Sud n'est pas la seule à connaitre un regain exceptionnel. D'autres montrent aussi des augmentations encourageantes. Selon la National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA), 14 populations distinctes de baleines à bosse sont actuellement recensées à travers le monde.

Selon la NOAA, 14 populations distinctes de baleines à bosse sont répertoriées à travers le monde. 
 

On estime que douze d'entre elles présentent des effectifs supérieurs à 2.000 individus - certaines dépassant un total de 20.000 - tandis que deux présentent moins de 2.000 spécimens. Un bilan positif alors que "ces mêmes populations avaient été quasiment éradiquées par la chasse il y a environ soixante ans", souligne la NOAA.

Entre la fin des années 1700 et le milieu des années 1900, on estime qu'au moins 300.000 baleines à bosse ont été chassées à travers le monde. Actuellement, quatre populations sont considérées en danger et une seule est classée menacée d'extinction, une population de baleines se reproduisant au large des côtes pacifiques du Mexique et des îles Revillagigedo.

"En éliminant la menace de la chasse, et en leur accordant des espaces sûrs pour survivre et prospérer, les populations de baleines de bosse de nombreuses régions se sont rétablies", se réjouit le Dr. Thompson dans son article. Au global, l'espèce compterait actuellement quelque 84.000 spécimens matures, selon l'Union internationale pour la conservation (UICN) qui la classe comme "préoccupation mineure".

 

Une bonne nouvelle aussi pour le climat

Ce rétablissement n'est toutefois pas qu'une bonne nouvelle pour les baleines, souligne la scientifique dans le Time. C'est également une découverte encourageante dans la lutte contre le changement climatique. Car les baleines jouent un rôle non négligeable dans la capture du dioxyde de carbone (CO2) présent dans l'atmosphère.

"En moyenne, une seule baleine stocke environ 33 tonnes de CO2", explique le Dr. Thompson. Or, "quand une baleine meurt naturellement, elle transporte le CO2 stocké dans son corps gigantesque jusque dans les profondeurs, le gardant piégé pendant des siècles". Un phénomène récemment mis en lumière par un rapport publié par le Fonds monétaire international (FMI) allié à la Great Whale Conservancy (GWC).

"Si nous ne considérons que les baleines à bosse antarctiques qui se reproduisent au Brésil, protéger cette population seule a abouti au stockage de 813.780 tonnes de CO2 dans les profondeurs", continue la spécialiste. "Cela représente environ le double des émissions de CO2 annuelles d'un petit pays comme les Bermudes ou le Belize, selon des données de 2018".

 
En moyenne, une seule baleine stocke environ 33 tonnes de CO2

Autant d'arguments qui suggèrent que la préservation des baleines pourrait jouer un rôle clé dans la lutte contre le changement climatique. Car malgré l'interdiction de la chasse commerciale, les cétacés sont loin d'être protégés de toutes les menaces. La pollution chimique, plastique, les collisions avec les bateaux, les prises accidentelles ou encore le changement climatique exercent des pressions non négligeables.

L'exemple du rétablissement des baleines à bosse pourrait néanmoins servir de modèle à d'autres espèces marines dont l'avenir est menacé. "Nous savons que l'océan [et la faune marine] peut se rétablir. Nous nous trouvons aujourd'hui à un tournant important pour rendre cela possible", écrit-elle dans son article. "C'est un défi important mais nous risquons de perdre tellement si nous l'ignorons".

 

"Nous avons les outils et la science. Tout ce qu'il nous manque est la volonté politique de créer des espaces pour permettre à la faune sauvage de se rétablir", conclut-elle.

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