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Un zoo néo-zélandais réussit à faire éclore des œufs de la plus grande araignée du monde

Publié le par Ricard Bruno

Avec une envergure moyenne de 30 cm, l'espèce Theraphosa blondi est l'une des plus grandes mygales au monde.

Avec une envergure moyenne de 30 cm, l'espèce Theraphosa blondi est l'une des plus grandes mygales au monde.

 

Pour la première fois, le zoo de Wellington en Nouvelle-Zélande est parvenu à faire éclore 13 petits appartenant à l'espèce Theraphosa blondi. Avec une envergure moyenne de 30 centimètres, cette mygale est considérée comme la plus grande araignée du monde.

En Nouvelle-Zélande, le zoo de Wellington vient de célébrer l'arrivée de nouveaux pensionnaires et pas des moindres. Ceux-ci ont huit pattes, un abdomen orangé et ne mesure que quelques centimètres. Mais ils constituent une première encourageante pour la structure néo-zélandaise, le fruit d'un programme de reproduction démarré il y a quelques années plus tôt.

Les 13 nouveaux pensionnaires sont en effet de petites mygales appartenant à l'espèce Theraphosa blondi. Et c'est la première fois en vingt ans qu'un parc animalier parvient (officiellement) à faire éclore de telles araignées. "C'est une avancée considérable pour nous dans la mesure où nous sommes le premier zoo d'Australasie à élever cette espèce", s'est réjoui le zoo de Wellington sur Facebook.

Il faut préciser que Theraphosa blondi, plus connue sous le nom de mygale de Leblond ou mygale Goliath, n'est pas une espèce anodine. Elle se classe parmi les plus grandes araignées répertoriées à travers le monde, avec une envergure de 30 centimètres pattes comprises - soit environ la taille d'une assiette - pour une masse pouvant atteindre 170 grammes.

Cette espèce évolue dans les forêts tropicales d'Amérique du Sud, notamment au Guyana, au Brésil et au Venezuela. Contrairement à ce que laisse penser son surnom - araignée mangeuse d'oiseaux -, cette mygale se nourrit principalement de vers, de grenouilles et d'insectes. Mais sa taille peut lui permettre de s'attaquer à de petits mammifères voire des oiseaux si elle en croise sur son chemin.

Ces mensurations ne sont toutefois pas les seules armes de cette mygale comme en a témoigné en 2014 l'entomologiste Piotr Naskrecki après avoir croisé la route d'un spécimen au Guyana. L'araignée possède aussi une imposante paire de chélicères, du venin neurotoxique (non mortel pour l'humain) ainsi que des poils urticants qu'elle n'hésite pas à projeter sur le moindre intrus.

 

Car Theraphosa blondi est plutôt du genre timide et insaisissable. "Je travaille dans les tropiques en Amérique du Sud depuis de très nombreuses années et au cours des 10 à 15 dernières années, j'ai croisé la route de l'araignée à peine trois fois", avait confirmé à l'époque le spécialiste. L'espèce est néanmoins considérée comme relativement commune dans la nature. Comme en captivité.

Une reproduction complexe

L'imposante araignée fait en effet partie des espèces victimes du trafic de faune sauvage. Et des spécimens sont régulièrement capturés dans la nature pour servir d'animaux de compagnie. "Les goliaths sont classés dans la catégorie Non évalué par l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) donc nous ne connaissons pas leur situation dans la nature", a précisé le zoo de Wellington.

L'espèce Theraphosa blondi est endémique des forêts sud-américaines et se rencontre notamment au Guyana.

L'espèce Theraphosa blondi est endémique des forêts sud-américaines et se rencontre notamment au Guyana.

Mais "il est probable que leurs nombres soient en déclin à cause des captures pour le trafic d'animaux", a-t-il poursuivi. Selon la structure interrogée par One News, les données faisaient état de 88 spécimens officiellement répertoriés dans les zoos à travers le monde en 2018. Néanmoins, aucune structure n'avait semble-t-il mis en place de programme de reproduction de l'espèce jusqu'ici.

C'est à partir de neuf spécimens, mâles et femelles, que l'équipe néo-zélandaise a commencé à travailler. Mais former des couples s'est révélé être une tâche complexe. "C'est un véritable jeu de hasard que les individus soient prêts au même moment et qu'ils soient compatibles", expliquait il y a deux ans, Dave Laux, responsable des reptiles et des invertébrés au zoo.

 

L'équipe a également dû faire face à une autre difficulté : l’agressivité des femelles. "Vous avez toutes les difficultés de la reproduction classique d'araignées [...] et vous devez vous assurer que tout le monde est adéquatement nourri pour que personne ne devienne un dîner plutôt qu'un partenaire", poursuivait-il. Après deux ans d'efforts, le zoo de Wellington semble finalement avoir trouvé la technique.

Treize petits, des goliaths miniatures "de la taille d'une pièce de 10 cents", ont finalement éclos. C'est relativement peu lorsqu'on sait que les mygales peuvent produire des sacs contenant jusqu'à 150 œufs. Mais c'est une première victoire pour le parc néo-zélandais. "Nous sommes assez fiers. C'est extrêmement gratifiant de récolter enfin les fruits de notre travail", a confié Dave Laux au New Zealand Herald.

"C'est une espèce absolument fantastique avec laquelle nous sommes très fiers de travailler", a-t-il poursuivi. Les petits devraient être visibles des visiteurs lorsque le zoo rouvrira ses portes.

Lien de l'article et vidéo : Cliquez ICI

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