Gangrénée par le lobby de la chasse, la Société Centrale Canine est CONTRE le référendum pour les animaux.

Publié le par Ricard Bruno

Bonjour,

Peut-être en avez-vous déjà entendu parler : dans le domaine de la Protection Animale, le Référendum pour les Animaux est sur toutes les lèvres(1).

Ce référendum a pour but de permettre, grâce au R.I.P. (Référendum d’Initiative Partagée), aux citoyens et citoyennes de soumettre une proposition de loi. Ce projet propose 6 nouvelles mesures :
Et notamment, l’interdiction de traquer, torturer, et abattre des animaux pour se divertir : la chasse à courre.
Les six mesures proposées par le Référendum sont les suivantes :
- L’interdiction de l’élevage en cage
- L’interdiction des élevages à fourrure
- La fin de l’élevage intensif
- L’interdiction des spectacles avec animaux sauvages
- La fin de l’expérimentation animale quand une alternative est possible
- L’interdiction de la chasse à courre

C’est sur cette dernière mesure que nous allons nous pencher – car elle touche directement les chiens.

La chasse à courre est pratiquée par 300 à 400 riches aristocrates en France – une minorité. Elle consiste à traquer un animal, souvent un cerf, jusqu’à épuisement à l’aide d’une meute de chiens et de cavaliers.

Le but n’est pas de se nourrir – le corps de l’animal est ensuite jeté aux chiens ; la tête est utilisée comme trophée.

Le but n’est pas non plus d’abattre l’animal sans souffrance. Au contraire, la poursuite et la mise à mort sont volontairement longues et scénarisées(2). La bête est choisie par les chasseurs ; traquée toute la journée jusqu’à l’épuisement ; affaiblie à coups de morsures ; puis achevée à l’arme blanche.

Cette torture a pour unique objectif de divertir quelques centaines de chasseurs, assez riches pour s’offrir des chevaux, et une meute de chiens sortis que quelques fois par an au moment de la chasse.

Parlons-en justement, de ces chiens.
Les chiens de vénerie sont considérés comme des outils de travail.
Regardez les enquêtes et sauvetages réalisés par des associations de protection animale. La plupart des rescapés sont des chiens issus d’élevages de chasse.

Par exemple, en juillet dernier, 30 chiens de chasse ont été retrouvés attachés dans une forêt, livrés à eux-mêmes, affaiblis et malades. Personne ne s’occupait d’eux – normal, ce n’était pas la saison de la chasse.

Il ne s’agit pas d’un cas isolé. Les chiens de vénerie ont la vie dure.
Gangrénée par le lobby de la chasse, la Société Centrale Canine est CONTRE le référendum pour les animaux.
Ils passent leur temps enfermé dans des chenils étroits, les uns sur les autres.

S’ils tombent malades, personne ne les soigne – après tout, pourquoi s’embêter à payer un vétérinaire ?

Quelques jours avant la chasse, on les affame, afin de les rendre plus nerveux.

Ces chiens ne connaissent ni le confort d’un foyer ni la chaleur d’une caresse. Ils sont élevés dans l’unique but de servir les chasseurs.

Il semblerait donc logique que tous les acteurs du monde canin se prononcent en faveur du référendum pour les animaux, n’est-ce pas ?
Et bien non. La Société Centrale Canine s’est prononcée contre – dans l’unique but de maintenir la chasse à courre !
Dans un communiqué du 5 août 2020, la SCC (Société Centrale Canine) déclare :

« [Le Référendum d’Initiative Populaire pour les Animaux] vise, entre autres mesures, à obtenir l’interdiction de la chasse au chien courant (chiens courants, terriers et teckels). La Société Centrale Canine n’est pas une organisation cynégétique, mais nous savons qu’une telle interdiction aboutirait à l’extinction de plus de 40 races sur les 58 races nationales françaises. (…)

En conclusion, nous nous engageons fermement sur :
- Le maintien et la défense des races patrimoniales françaises.
- Le maintien des activités de sélection pratiquées en France depuis plus d’un siècle voire plusieurs siècles. »

En bref : la SCC refuse de soutenir le Référendum pour les Animaux… afin de protéger la chasse à courre(3).

Son excuse : interdire la chasse à court reviendrait à l’extinction des races de chien de chasse.

Mais bien sûr. Le combat de chiens a été aboli depuis longtemps ; et pourtant, on retrouve toujours des Staffs, des Rottweilers, des Bouledogues Anglais, des Bulls Terrier, qui mènent une vie heureuse au sein d’une famille aimante. Cette interdiction a été une aubaine pour eux.

Ce ne sont pas 300 chasseurs qui entassent leurs animaux en chenil pour les sortir une fois par an, qui vont « sauver » des dizaines de races. On n’est pas dupes.

L’immense majorité des éleveurs, censée être représentée par la SCC, se sent trahie.

La plupart des éleveurs exercent leur métier par passion pour le chien. Pour eux, le Référendum est une bonne nouvelle. Alors quand la SCC déclare se porter parole en étant pour la chasse à courre, et contre le référendum, cela donne une bien piètre image de leur métier.

Le problème est que la SCC est complètement gangrénée par le lobby des chasseurs.

Le président de la SCC, Gérard Thonnat, est un spécialiste de la chasse, qu’il pratique avec ferveur. (4)

Pas étonnant, donc, que lui et ses petits copains se prononcent contre le référendum.

Les éléphants peuvent continuer d’être exploités dans des cirques ; les poulets, porcs, et lapins élevés dans des cages minuscules et insalubres ; les Beagles inlassablement soumis à des tests douloureux… Tant que ces messieurs pourront satisfaire leurs caprices, et mettre à bas des proies torturées et à bout de souffle.

Le divertissement prime.
Ce n’est pas la première fois que la SCC défend les chasseurs.
Récemment, elle a permis (et même encouragé !) l’organisation de test d’aptitude à la chasse des chiens nordiques :
Gangrénée par le lobby de la chasse, la Société Centrale Canine est CONTRE le référendum pour les animaux.
Lors de l’affaire du chien Curtis, et de son humaine Elisa Pilarski, un « comportementaliste » représentant la SCC avait dit, lors d’une émission sur RMC : « [Les Staffs] sont particulièrement connus pour leur agressivité dans leur comportement interspécifique » – c’est-à-dire envers les autres espèces(5). Comme l’Homme, par exemple.

La SCC est sensée promouvoir chaque race, sans discrimination – et là, en sous-entendant que les Staffs sont des monstres sanguinaires capables de manger leur propre maître, elle fait exactement le contraire.

Curtis, comme tous les chiens catégorisés, est condamné pour « délit de sale gueule », et les chasseurs, également suspectés dans cette affaire, s’en sont encore une fois bien tirés.

Le lobby de la chasse est clairement très actif au sein de la SCC.

Heureusement, elle n’est pas la représentante des passionnés du chien. Vous l’êtes. Vous aussi avez votre mot à dire.

Je vous invite à vous rendre sur le site du Référendum pour les Animaux. Si vous souhaitez vous engager, vous pouvez apporter votre soutien au référendum. Je l’ai fait, et plus on sera nombreux, plus ces réformes pourront aboutir.

Source de l'article : 

logo_cvs
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article