Gigantesque ferme de crocodiles en Australie, le projet scandaleux d'Hermès ?

Publié le par Ricard Bruno

Une ferme de crocodiles près de Darwin, en Australie. La marque Hermès prévoirait d'en construire une nouvelle en vue de produire pas moins de 50.000 sauriens en 5 ans.

Une ferme de crocodiles près de Darwin, en Australie. La marque Hermès prévoirait d'en construire une nouvelle en vue de produire pas moins de 50.000 sauriens en 5 ans.

Alors que plusieurs griffes de luxe se sont détournées des peaux de reptiles exotiques, Hermès suivrait le chemin inverse et prévoirait d'investir des dizaines de millions de dollars dans un projet de ferme-usine de crocodiles, selon un média national australien. Si cette information est avérée, la Fondation 30 Millions d'Amis déplore un tel déni des attentes sociétales en matière de bien-être animal.

Quand les crocodiles versent des (vraies) larmes ! L'enseigne de luxe Hermès aurait acquis une ferme horticole au nord de l'Australie afin d'y construire le plus vaste élevage de crocodiles du pays, selon le média national australien ABC, relayé par Ouest-France (10/11/2010). La future exploitation – dont les travaux seraient estimés à 40 millions de dollars – devrait « produire » jusqu'à 50.000 sauriens en cinq ans, permettant ainsi de fabriquer davantage de sacs en cuir exotique... vendus autour de 20.000 euros pièce.

Opacité sur les fournisseurs de peaux

Si cet élevage-usine voyait le jour, cela reviendrait à augmenter de moitié le nombre de crocodiles élevés pour leur cuir et leur viande dans l'État des Northern Territories (Territoires du Nord). Une région au triste bilan – plus de 24.600 peaux exportées entre 2018 et 2019 d'après le Département des Ressources naturelles et environnementales – et dont les marques Hermès et Louis Vuitton posséderaient déjà à elles seules « l'écrasante majorité » des fermes, souligne le média australien qui a pu consulter des documents relatifs au projet et soumis à l'agence locale de protection de l'environnement.

Pour éviter de susciter l'indignation – légitime – des consommateurs, le géant français du haut de gamme tenterait pourtant de maintenir l'opacité sur ses pratiques. Ainsi, la future ferme-usine serait portée par la société « PRI Farming »... elle-même dirigée par trois responsables d'Hermès associés à un homme d'affaires australien, Mick Burns, également surnommé le « roi des crocodiles ». « Hermès et Louis Vuitton préfèrent garder secret leur contrôle des fermes de crocodiles, leur implication dans cette industrie n'étant mentionnée sur aucun de leurs sites web, pointe ABC. Les éleveurs rachetés par les marques de luxe signent souvent des accords de confidentialité leur interdisant de mentionner la vente. »

Contactée par 30millionsdamis.fr pour éclaircir ce point, l'enseigne n'a pas souhaité donner suite à nos sollicitations.

Derrière les écailles, la souffrance

En 2009, la marque à la carriole avait été épinglée par l'association PeTA dans une enquête consacrée à deux de ses fournisseurs au Texas et au Zimbabwe. Dans ces élevages sordides, les lanceurs d'alerte avaient pu filmer « des dizaines de milliers de crocodiles confinés dans de tristes fosses en béton, de la naissance à l'abattage », « des employés incisant et charcutant plus de 500 alligators conscients alors que ceux-ci luttaient pour se dégager », ou encore des animaux « dont les pattes bougent encore plusieurs minutes après la tentative d'abattage ».

En investissant massivement dans l'élevage de crocodiles, Hermès choisirait donc délibérément d'ignorer les attentes sociétales en matière de bien-être animal... alors même que certains de ses concurrents ont déjà franchi le pas en s'engageant pour une mode plus éthique. Ainsi, en décembre 2018, Chanel avait annoncé son intention de ne plus utiliser de peaux exotiques (crocodile, lézard, serpent et raie) dans ses prochaines collections. D'autres griffes de luxe telles que Gucci, Versace et Furla ont quant à elles décidé de cesser définitivement l'utilisation de la fourrure.

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