SAUVETAGE DE 35 CHEVAUX MALTRAITÉS EN BOURGOGNE

Publié le par Ricard Bruno

Le sauvetage en image ©DR/La Tanière

Le sauvetage en image ©DR/La Tanière

SAUVETAGE DE 35 CHEVAUX MALTRAITÉS EN BOURGOGNE

Le zoo-refuge La Tanière vient de réaliser un nouveau sauvetage périlleux jeudi 3 décembre en Côte-d’Or. Pas moins de 35 chevaux ont été rapatriés par les équipes de La Tanière dans le refuge d’Eure-et-Loir. Une nouvelle victoire pour le bien-être des équidés après 13 ans de procédure.

Cette opération de sauvetage fait suite à une première réalisée un mois auparavant, chez les mêmes propriétaires, dans l’Yonne. Un troupeau de 105 chevaux a été saisi et réparti dans trois associations, la société de protection des animaux (SPA), l’association Brigitte Bardot et le zoo-refuge La Tanière qui acrécupèré 31 étalons. En Côte-d’Or, cette fois-ci, ce sont 41 chevaux qui attendent les équipes du zoo-refuge La Tanière et de la SPA, 35 étalons, 5 juments et un poulain. Si le terrain s’avère plus praticable que celui du premier sauvetage la santé des chevaux est plus dégradée, 7 d’entre eux sont immédiatement pris en charge par les vétérinaires de La Tanière pour que les premiers soins soient donnés.

UNE OPÉRATION MUSCLÉE

Les équipes de la SPA et du zoo-refuge La Tanière sont arrivés à 8h sur les lieux de la saisie, accompagnées de la gendarmerie pour assurer leur protection.  Quelques jours auparavant, elles étaient venues en repérage pour différencier les mâles et les femelles, mais aussi pour identifier les chevaux qui avaient besoin de soins d’urgence. Le constat vétérinaire est lourd, les chevaux souffrent d’ataxie (atteinte neurologique qui entraine des troubles de l’équilibre), de troubles comportementaux et de problèmes aux yeux, un cheval est complètement aveugle. Certains s’écroulent après seulement quelques minutes d’effort. Tout ceci s’explique par des carences alimentaires et le développement de la consanguinité au sein du troupeau. La population de mâles est trop élevée pour le nombre de femelles. Les chevaux étaient nourris principalement de paille et de farine, habituellement utilisée pour engraisser les bovins. Ils ont donc développé de la graisse mais pas de muscle, ce qui a entrainé de  gros retards de croissance chez la plupart d’entre eux. Les équipes constatent également des plaies ouvertes dues à des morsures de bagarres entre mâles et des pathologies au niveau des pieds en raison du sol humidifié par la gadoue et les excréments accumulés.

UNE PRESSION MAXIMALE

Les équipes sont sous pression. Elles doivent être efficaces pour que l’opération se déroule sans embuche. L’organisation est primordiale, dans un premier temps les chevaux récupérés passent entre les mains de la première équipe vétérinaire qui va constater leur état de santé puis les identifier auprès de l’IFCE (Institut français du cheval et de l’équitation). La plupart d’entre eux sont sans papier et n’ont jamais eu de suivi sanitaire. Puis les vétérinaires de La Tanière prennent le relais pour les vacciner et les vermifuger. Enfin, le chargement dans les camions peut commencer. Mais cette étape ne se déroule pas sans son lot de complications. Les étalons, très peu manipulés, ne se laissent pas faire et donnent du fil à retorde aux équipes sur place. Ces dernières ont « failli abandonner », explique Patrick Violas fondateur de La Tanière, mais finalement tous ensemble ils réussissent à trouver une meilleure organisation pour embarquer les équidés sans trop de difficulté.

Epuisées, les équipes de La Tanière et de la SPA sonnent la fin de l’opération à 16h30. Au total 40 chevaux ont été chargés, les 5 femelles et le poulain partent avec la SPA. Le zoo-refuge La Tanière, quant à lui, prend la route pour acheminer les 35 étalons dans un pré qu’il loue spécialement pour les accueillir.  Parmi eux, 7 passeront dans les locaux des vétérinaires au préalable pour recevoir des soins nécessaires. Une fois arrivés sur les lieux, fatigués les chevaux peinent à sortir du camion et tiennent à peine sur leurs jambes.

Les chevaux sont couverts de plusieurs blessures ©DR/La Tanière

 

UN ACCOMPLISSEMENT TANT ATTENDU  

Le lendemain, les soins se poursuivent, « les équipes animalière et vétérinaire préparent des protocoles de remise en forme par individu, car tous les chevaux n’ont pas les mêmes pathologies et ont beaucoup de carences », nous explique Sophie Fernandes-Petitot une interlocutrice du zoo-refuge La Tanière. Après avoir été remis sur pieds les chevaux seront proposés à l’adoption. Au total le refuge a accueilli 66 chevaux en l’espace d’un mois, majoritairement des étalons. « Cela nous fait plaisir de les voir s’épanouir, les habitants du coin qui ont suivi le sauvetage sont très présents et touchés de voir ces animaux se remettre sur pieds de jour en jour », ajoute-t-elle enthousiaste.

Cette saisie est le résultat de treize années de procédures. Dès 2007 des premiers rapports sont rédigés dénonçant des mauvais traitements, plusieurs propriétaires seraient impliqués.  Les services de l’Etat, après plusieurs poursuites judiciaires, autorisent à récupérer les animaux. Mais le troupeau est trop grand et contient beaucoup d’étalons ce qui complique la tâche, aucune structure n’a assez de place pour tous les accueillir. Il aura fallu que la SPA et le zoo-refuge La Tanière se répartissent les équidés pour pouvoir lancer le sauvetage. Les chevaux peuvent désormais s’épanouir dans leurs nouveaux lieux de vie. Encore un beau sauvetage qui a été réalisé, grâce au travail acharné de plusieurs associations. Le zoo-refuge La Tanière, qui ne touche pas de subvention de l’Etat et fermé au public en raison de la crise sanitaire, fait un appel aux dons pour aider à la prise en charge des soins dispensés aux chevaux recueillis.

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