Que vont devenir les animaux de cirque ? "Où allons-nous les mettre ?" s'inquiète le directeur d'un refuge

Publié le par Ricard Bruno

L'interdiction progressive des animaux sauvages dans les cirques itinérants est une bonne nouvelle pour les défenseurs du bien-être animal. Pourtant, elle ne va pas sans poser certains problèmes. Qui va accueillir ces animaux ? Une équipe d'"Envoyé spécial" s'est rendue dans un refuge qui héberge notamment des tigres et lions en provenance de cirques.

A Saint-Martin-la-Plaine (Loire), le refuge Tonga héberge des animaux sauvages que lui remettent les autorités, comme les dix tigres qui ont été saisis dans l'Oise fin 2020. Il doit son nom à son premier pensionnaire, un hippopotame de cirque. Blessé, l'animal avait été confié en 2007 à Pierre Thivillon, propriétaire d'un zoo, qui avait alors décidé de créer un refuge. Aujourd'hui, ce dernier reçoit principalement des singes de laboratoire, et des félins provenant de cirques.

C'est le cas de Jon, un lion récupéré il y a six mois dans un état pitoyable. Muriel Arnal, présidente de l'association de protection animale One Voice, a gardé des photos de son arrivée. Elles montrent un animal hébété et décharné, les côtes saillantes, la queue tranchée et ensanglantée. "Il pesait 116 kilos à son arrivée, se rappelle Pierre Thivillon. Il en fait aujourd'hui 200."

Comment les refuges pourront-ils faire face ?

Dans le cirque où il était maltraité, Jon ne participait pas aux spectacles, mais servait à la reproduction, une pratique autorisée en France... à condition que les petits soient vendus à des personnes habilitées à s'en occuper. Mais ce n'est pas toujours le cas, explique Muriel Arnal : "Beaucoup de cirques les font se reproduire pour vendre les lionceaux et les tigreaux sous le manteau, qui finissent dans les appartements, dans les caves... Et ça, il faut que ça s'arrête !"

Alors que la présence d'animaux sauvages dans les cirques itinérants doit être progressivement interdite en France (une mesure annoncée en septembre 2020), Pierre Thivillon s'inquiète. Il estime que les refuges existants ne pourront pas les prendre tous en charge. Le sien a déjà accueilli plus de 300 animaux depuis son ouverture. Les bâtiments et les enclos ont coûté 1,5 million d'euros, et le budget de fonctionnement atteint 200 000 euros par an, le tout financé par des dons et des associations. 

Extrait de "Un cirque sans animaux ?", un reportage à voir dans "Envoyé spécial" le 10 juin 2021.

Source de l'article et vidéo : Cliquez ICI

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article