Mauvaise corrida

Publié le par Ricard Bruno

Je demande à toutes Et à tous de réagir vivement à l'article paru  dans le figaro  qui fait l'appologie e la corrida (voir ci dessous)
BRUNO RICARD 

L'éditorial d'Yves Thréard

 
Surgie dans l'arène de l'actualité, la polémique sur les courses de taureaux fait rage cet été. Plusieurs âmes sensibles de la rubrique people, Brigitte Bardot et Renaud en tête, demandent la mise à mort des corridas en France. Le massacre de bêtes pour le seul plaisir pervers de quelques aficionados leur est, disent-elles, insupportable. La diffusion d'une publicité abolitionniste leur a été refusée, mais elles multiplient banderilles, communiqués et interviews dans la presse. Les ministres qui se repaissent de cette barbarie sont dénoncés en place publique.
 
Interpellé dans sa retraite américaine, Nicolas Sarkozy a immédiatement répondu. Le sujet figurera au programme du Grenelle de l'environnement. On ose espérer que cette grand-messe ne finira pas en auberge espagnole. Lutte contre le réchauffement climatique, OGM, biocarburants, énergies renouvelables, les thèmes ne manquent pas, qui semblent bien plus urgents et importants à débattre. On ne saurait trop recommander aux pouvoirs publics de ne pas céder à des vedettes en mal de publicité. La controverse ne mérite pas autant de diligence et d'attention.
 
On peut certes comprendre que la tauromachie ne soit pas goûtée par tout le monde ; concevoir qu'elle apparaisse cruelle ; reconnaître qu'elle soit inutile. Mais, à ce compte-là, combien d'activités ici bas devraient être proscrites, écartées du possible des hommes. Que n'interdit-on la Formule 1, mortel et juteux spectacle offert aux amoureux de vitesse ? S'indigne-t-on que la chasse soit encore autorisée ? Les passions ne sont pas toutes des vices. Quand on ne les partage pas, il suffit de s'abstenir.
 
La course de taureaux suscite tous les excès de langage. Elle ne renvoie pas à notre mauvais génie, à nos instincts primaires que ses détracteurs mettent en exergue. Elle n'est pas une boucherie. Ses partisans, eux, redoublent d'imagination et d'élégances littéraires pour en faire l'éloge. Sans barguigner sur l'emphase. C'est une « tragédie », disait Hemingway, qui l'élevait au rang d'un art.
 
Elle symbolise, en fait, l'ancestral combat entre l'homme et l'animal. Le courage du premier contre la bravoure du second. Mais avec des règles précises. Si elles sont violées, et le matador et le taureau sont déconsidérés. Des deux, on attend des exploits. La beauté du geste ; la puissance de l'audace.
 
La tauromachie est une tradition qui ne manque pas de majesté quand le talent des acteurs est au rendez-vous. Un usage culturel ancré dans quelques régions de la planète, de la Castille à l'Argentine, qu'il convient de respecter. Ceux qui veulent sa disparition sont bizarrement souvent les mêmes qui s'inquiètent de l'uniformisation du monde, qui luttent pour la persistance des identités. Leur croisade est aussi ridicule que la violence de leurs propos.
 
Souhaitons que l'Union européenne ne porte pas, un jour, l'estocade à la corrida. Et agitons vite un mouchoir blanc pour que cesse l'idiote bronca qui gronde dans le coeur de l'été.

Source : http://www.lefigaro.fr/debats/20070816.FIG000000025_mauvaise_corrida.html

Publié dans le web en parle

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