Brigitte Bardot se dit "lassée" par ses combats mais "pas prête à se taire"

Publié le par Ricard Bruno

Brigitte Bardot "combat sans opérer de distinction, ou stigmatiser telle ou telle catégorie de personnes". Malgré une nouvelle condamnation pour incitation à la haine raciale, l'actrice n'entend pas se taire, selon son avocat qui explique la véhémence de sa cliente par sa "lassitude" à ne pas être entendue sur les conditions d'abattage des moutons.

"C'est son action militante, à l'endroit de toute la condition animale, induite par le comportement de l'homme dont il s'agit", a expliqué jeudi à l'Associated Press Me François-Xavier Kelidjian.

"C'est vrai que souvent je m'emporte, mais quand je vois la lenteur à laquelle le choses avancent alors que je ne suis pas éternelle, et en dépit de toutes les promesses qui m'ont été faites tous gouvernements confondus, c'est mon désarroi qui prend le pas", expliquait elle-même B.B à l'AP en septembre dernier, alors qu'elle fêtait son 73 anniversaire, entourée de chiens et de chats recueillis au siège de sa fondation à Paris.

L'ancienne actrice a été condamnée mardi par le tribunal correctionnel de Paris à 15 000 euros (23 000 $)d'amende pour des propos tenus dans une lettre envoyée en 2006 à Nicolas Sarkozy, ministre de l'Intérieur à l'époque. "Il y en a marre d'être menés par le bout du nez par toute cette population qui nous détruit, détruit notre pays en imposant ses actes", déclarait-elle en référence à la fête musulmane de l'Aïd el-Kébir et aux pratiques d'abattage des moutons.

Son avocat, qui réfléchit à interjeter appel, a expliqué jeudi que "depuis des années", sa cliente a multiplié les démarches auprès de plus hautes autorités de l'Etat et des autorités religieuses.

La lettre adressée le 31 octobre 2006 à M. Sarkozy alors ministre de l'Intérieur et des Cultes, était à l'époque "celle de la présidente d'une fondation de la protection animale", émue "une fois encore de la condition réservée à l'animal" dans le cadre du sacrifice rituel de l'Aïd el-Kébir, qui marque la fin du ramadan chez les musulmans.

Il transparaît dans cet écrit que Brigitte Bardot fait preuve "d'une lassitude, voire d'un épuisement", a-t-il expliqué, notant que Dalil Boubakeur, recteur de la Grande mosquée de Paris, avait notamment jugé que l'Islam n'était pas hostile à l'étourdissement préalable des animaux à sacrifier, permettant qu'ils soient égorgés sans souffrance, dès l'instant où il était réversible.

En décembre 2006, M. Sarkozy répondait à Brigitte Bardot, après enquête de l'Académie vétérinaire, qu'il "demanderait à ce que les abattoirs 'hallal' s'engagent concrètement et rapidement dans la voie d'une généralisation de l'étourdissement préalable". Devenu président, Nicolas Sarkozy a réitéré son engagement en recevant Brigitte Bardot le jour de son dernier anniversaire.

Brigitte Bardot s'était émue de la situation similaire de tous les animaux sacrifiés par les trois religions du Livre, notamment auprès de l'archevêque de Paris Mgr André Vingt-Trois et du Grand rabbin de France, Joseph Sitruk, ajoute son avocat. Mardi, il avait expliqué que l'ancienne star du cinéma français était "lasse de ce type de poursuites. Elle a l'impression qu'on veut la faire taire. On ne la fera pas taire dans sa défense animale".

"Je suis écoeurée de prêcher ainsi dans le désert", confiait récemment à l'AP Brigitte Bardot, végétarienne depuis 31 ans. "Oui, je suis lasse, mais tant que je vivrais, jamais on ne me fera taire. Jamais".

Source : http://canadianpress.google.com/article/ALeqM5it6uHZlLorc5EDrBDAXaHRDc2N7w

Publié dans le web en parle

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