Chasse aux phoques : Brigitte Bardot se confie...

Publié le par Ricard Bruno

 

L’Union européenne travaille actuellement à la rédaction d’un nouveau Règlement visant à interdire, au sein des 27 Etats membres, l’importation, l’exportation et le commerce des produits issus de la chasse aux phoques.

La cruauté de cette chasse a été épinglée par L’EFSA (Autorité Européenne de Sécurité des Aliments) qui a adopté, le 6 décembre 2007, un avis scientifique dans lequel on peut lire notamment que les phoques peuvent être : « dépecés alors qu’ils sont encore conscients […] les phoques sentent les coups de couteau du dépeçage, avant de perdre connaissance ou de mourir du fait de la saignée ».

Pour la Fondation Brigitte Bardot, Il n’y a pas d’autre alternative qu’interdire, comme l’ont déjà fait les Etats-Unis, le Mexique et plusieurs Etats membres de l’UE, l’importation, le commerce, l’exportation et le transit de tous les produits issus de la chasse aux phoques et autres pinnipèdes sans autre dérogation que celle accordée aux populations Inuits pour leur chasse de subsistance (non commerciale).

Mais alors que l’Allemagne, le Royaume-Uni, l’Italie, la Pologne, l’Autriche, la Belgique, les Pays-Bas, le Luxembourg, la Roumanie et la République Tchèque semblent favorables à une interdiction totale du commerce des produits issus de la chasse aux phoques, la France semble militer de son côté pour l’adoption d’une dérogation autorisant les importations sous certaines conditions.

Une position française fermement condamnée par BB qui, dans une lettre au Chef de l’Etat rendue publique hier (5 février), lance une supplique à Nicolas Sarkozy :

« Dans quelques jours, les autorités canadiennes annonceront leur quota de « chasse » 2009, j’en suis malade par avance, alors je vous supplie d’intervenir pour que la France ne me fasse plus honte sur ce dossier qui est le symbole mondial de mon action en faveur des animaux. »

Pour le Mague, Brigitte Bardot a accepté de répondre à quelques questions afin de préciser le sens de sa nouvelle intervention. Exclusif :

Pourquoi êtes-vous intervenue auprès du président Sarkozy ?

Brigitte Bardot - Parce qu’il m’a fait une promesse et qu’il ne l’a pas tenue. Lorsqu’il m’a reçue en septembre 2007 à l’Elysée, le Président m’a dit que la France ne serait plus complice du massacre des phoques, mais la politique défendue à Bruxelles par mon pays ne correspond pas du tout à cet engagement.

Etes-vous en contact avec le ministre français de l’Ecologie, en charge du dossier ?

BB - Oui, j’ai eu une conversation téléphonique avec Jean-Louis Borloo et je l’ai même invité à venir me rencontrer à la Madrague. Il y a quelques jours, il m’a écrit que, grâce au travail de mon équipe et de la sienne, la France avait une position de leader sur le sujet de la protection des phoques… Aujourd’hui, j’ai l’impression qu’il s’est foutu de moi ! C’est d’autant plus douloureux que ce combat est le symbole même de mon engagement pour la défense des animaux. Je ne suis plus une jeune fille alors, même si ma Fondation reprend le flambeau, j’aimerais obtenir cette victoire de mon vivant et ne pas me sentir trahie par mon pays.

Vous écrivez que la position de la France est inacceptable et profondément choquante.

BB - Absolument, car si les peaux de phoques ou autres produits sont issus d’un massacre prétendu « humain », la France ne s’opposera pas à leur commerce. Je trouve cela révoltant, hypocrite et scandaleux car, par définition, un massacre est inhumain, fermer les yeux pour ne pas contrarier le commerce est indigne.

Les autorités canadiennes ont pourtant apporté des garanties

BB - Pas du tout. Les mesurettes proposées ne changeront rien aux méthodes d’abattage. Dans l’ancienne réglementation, les chasseurs devaient déjà s’assurer manuellement de la mort du phoque frappé avant de passer à un autre. Cette mesure n’est pas respectée car, sur la glace, c’est une course à qui tuera un maximum de phoques en un minimum de temps. On donne des coups à droite et à gauche pour immobiliser les animaux puis on vient les achever ensuite. Ecrire qu’il faudra désormais attendre 1 minute avant d’écorcher le phoque ne changera rien à la pratique. Je ne comprends pas comment le gouvernement français et quelques députés peuvent se faire manipuler à ce point.

Etes-vous favorable à l’utilisation du fusil par les chasseurs ?

BB - Bien sûr que non, les dernières observations montrent très clairement que les phoques sont, là encore, laissés de longues minutes blessés avant d’être récupérés et tués par les chasseurs. Je souhaite simplement qu’on leur foute la paix à ces phoques qui vivent dans un monde mis en danger par la faute de l’homme. La mortalité des jeunes phoques n’a jamais été aussi élevée du fait de la disparition des glaces, cette apocalypse de la banquise semble inéluctable, hélas, alors je ne vois pas pourquoi les Canadiens se battent avec un tel acharnement pour perpétuer ce massacre qui écœure le monde.

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