La Fondation Brigitte Bardot au secours des singes

Publié le par Ricard Bruno

Depuis trois ans, le zoo de Saint-Denis-de-la-Réunion est fermé au public. Mais des animaux y vivent encore, dont trois chimpanzés qui vont pouvoir être transférés dans un zoo en Hollande. Une opération orchestrée par la Fondation Brigitte Bardot.
C’est un drôle de voyage que prépare Charlotte Nivelet. Cette chargée de mission faune sauvage pour la Fondation Brigitte Bardot s’envole demain pour Saint-Denis-de-la-Réunion. Non pour bronzer sur le sable fin ou crapahuter dans les « hauts » de l’île Bourbon, mais pour prendre en charge le transfert de trois chimpanzés, qui, après une escale à Paris, fileront vers les Pays-Bas.

Milieu naturel, trop dangereux

Le zoo de Saint-Denis étant fermé au public depuis trois ans, la situation devenait urgente pour Cheetah, âgée de 35-40 ans, Judith et Zaza, toutes deux âgées de 24 ans. « Je les ai vues il y a deux ans, elles vivaient dans des conditions déplorables, explique Emmanuelle Grundmann, primatologue et spécialiste des orangs-outans. Les chimpanzés étaient dans des enclos minuscules, sans verdure, en plein soleil, avec aucune possibilité de se mettre à l’ombre. On avait l’impression qu’ils étaient en prison », regrette Emmanuelle.

Fin 2008, la Fondation Brigitte Bardot a donc proposé son aide au zoo, en phase de devenir une ferme pédagogique. Une main tendue accueillie avec enthousiasme, car devant l’impossibilité de relâcher les trois mammifères dans la nature, la Fondation propose de les placer dans un zoo hollandais jusqu’à la fin de leur vie.

« Elles vivent enfermées depuis l’âge d’un an. Même si elles sont nées en milieu sauvage, aujourd’hui elles sont incapables d’y survivre. Elles ne sont pas en mesure de se nourrir, de se construire un nid, d’éviter les prédateurs, explique Emmanuelle Grundmann. Elles sont trop âgées pour être réintroduites en milieu naturel. Mieux vaut les réinstaller dans un zoo. C’est ce qu’elles ont toujours connu », insiste la primatologue.

« Retraite dorée »

Le transfert des animaux s’annonce quelque peu complexe. « Dans un premier temps, nous allons les séparer, puis les anesthésier, pour ensuite les mettre dans des caisses, afin de les transporter à l’aéroport », explique Charlotte Nivelet. Les risques ne sont pas nuls, « mais nous avons pris toutes les dispositions pour que tout se passe au mieux », insiste-t-elle. Pendant le long vol, 11 heures durant lesquelles elles voyageront en soute, Cheetah, Judith et Zaza devront absolument rester éveillées.

Sur le tarmac d’Orly, les trois femelles seront de nouveau « mises en caisse ». Un transporteur hollandais viendra les y récupérer afin de les emmener par camion dans un zoo proche d’Amsterdam. Là-bas, une fois passée la période de quarantaine, elles réapprendront à vivre dans un nouvel environnement. « C’est en quelque sorte le passage de la vie de prison à la vie de villa. L’idée, c’est qu’elles aient une retraite dorée », s’amuse Emmanuelle Grundmann.


Source : http://www.francesoir.fr/societe/2009/05/23/la-fondation-brigitte-bardot-au-secours-des-singes.html
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