A Bayonne, l’éternel bras de fer entre pro et anti-corrida

Publié le par Ricard Bruno

Les abolitionnistes dénoncent l’arrêté du maire qui encadre leur manifestation, demain vendredi

Les anti-corridas lors d'une récente manifestation à Bayonne

Les anti-corridas lors d'une récente manifestation à Bayonne (Archives Jean-Daniel Chopin)

Les pourfendeurs de la tauromachie se sont donnérendez-vous à Bayonne, demain, vendredi. Dans la soirée, la ville fêtera le double anniversaire de sa tradition taurine : 160 ans de la première corrida en France dans le quartier Saint-Esprit et 120 ans des arènes Marcel-Dangou. « Anniversaire de la honte », clament en chœur le Crac Europe (1) et le collectif Euskal Herria Bayonne anti-corrida. Avec le soutien de la Fondation Brigitte Bardot, Peta, la FLAC, L214 et Animal Cross, ils organisent une manifestation à 14 h 30, place de la Liberté.

Comme chaque année, Jean Grenet, maire de Bayonne et autrefois responsable du groupe tauromachique à l’Assemblée nationale, a pris un arrêté pour écarter les manifestants des arènes. L’arrêté définit autour du bâtiment un périmètre interdit à « toute manifestation à caractère social et politique ». L’effet du texte recouvre les dates des spectacles taurins de la saison.

  • Pas de tracts

Délégué départemental de la Fondation Brigitte Bardot, Daniel Raposo dénonce « une entrave à la liberté d’expression ». « C’est d’autant plus flagrant que le maire interdit de distribuer des tracts, y compris sur les voitures. » Sur ce dernier point, la directrice générale des services de la commune, Sylvie Raconnat, précise qu’il s’agit d’une « mesure pour la propreté de la ville ». « Elle est ancienne et permanente. » En vigueur depuis 1993.

Si elle ne cible pas directement l’activité papetière des abolitionnistes de la corrida, l’interdiction de manifester aux abords des arènes, elle, vise clairement leurs protestations sur le pavé. « Cet arrêté correspond à la volonté du maire d’éviter des affrontements. Il ne serait pas très sage de permettre des manifestations de personnes hostiles à la corrida au contact de ceux qui viennent voir ces mêmes corridas. C’est une question de sécurité publique », résume la patronne des services.

  • Au tribunal

Dans un communiqué, Jean-Pierre Garrigues, le président du Crac, affirme que son organisation a saisi mardi le tribunal administratif de Pau « d’une requête en urgence de ‘‘référé liberté’’, considérant que le droit à manifester et que la liberté d’expression sont bafoués par le maire de Bayonne ». Le Crac assure aussi que le sous-préfet de Bayonne, Patrick Dallennes, a soumis l’arrêté municipal à l’examen de Direction des libertés publiques et des affaires juridiques du Ministère de l’Intérieur (DLPAJ). Toujours selon le Crac, le ministère aurait demandé que soit revu l’arrêté.

Sylvie Raconnat assure que la mairie n’a pas été informée d’une telle démarche. Malgré nos appels répétés, nous n’avons pu obtenir de précision des services préfectoraux, pas plus que de la DLPAJ. Toutefois, une nouvelle mouture de l’arrêté est en cours d’écriture. Pour préciser les horaires d’application de l’interdiction de manifester.

(1) Crac est l’acronyme de Comité radicalement anti-corrida

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Blanc Michelle 09/08/2013 14:37


Vive la démocratie, les français n'ont plus le droit de s'exprimer, place à la torture et à la barbarie en France, rien à dire, circulez