ANIMAUX DE BOUCHERIE : La lettre de Brigitte Bardot

Publié le par Ricard Bruno

ANIMAUX DE BOUCHERIE
Sommet sur le climat : plus de 100 associations avec Brigitte Bardot pour demander à la Commission européenne d’instaurer une « journée végétarienne ».
10 nov. 2009
 

Après être intervenue, fin septembre, auprès du Président Nicolas Sarkozy et avant le prochain sommet sur le climat de Copenhague, en décembre, Brigitte Bardot intervient aujourd’hui, au nom de 105 associations internationales, auprès du Président de la Commission européenne pour demander une remise en cause de l’élevage et l’instauration d’une journée végétarienne européenne.

Consulter la liste des 105 signataires

La lettre de Brigitte Bardot :
  Paris, le 10 novembre 2009
  Monsieur José Manuel Barroso
Président de la Commission européenne

Monsieur le Président,

A quelques semaines du sommet sur le climat qui se tiendra à Copenhague, je souhaite attirer votre attention sur la nécessité d’une remise en cause de l’élevage dont les répercussions sur l’environnement sont très préoccupantes.

En effet, vous le savez, dans son rapport « l’élevage aussi est une menace pour l’environnement », l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) indique que le secteur de l’élevage émet des gaz à effet de serre qui sont plus élevés que ceux produits par les transports (toutes catégories confondues).

De son côté, la Banque mondiale a démontré que, depuis 1970, 90% de la déforestation en Amazonie est liée aux besoins de l’industrie de la viande, accentuant d’autant les effets du réchauffement climatique qui nous préoccupe tant aujourd’hui.

Le secteur représente, en outre, respectivement 37 % de tout le méthane dû aux activités humaines (agissant sur le réchauffement 23 fois plus que le CO2), en grande partie produit par le système digestif des ruminants, et 64 % de l’ammoniac qui contribue aux pluies acides.

L’élevage est aussi responsable de l’appauvrissement des sols et de la mise en péril des réserves naturelles d’eau puisque la production d’un seul kilo de bœuf nécessite 323 m² de pâturages, 7 à 16 kilos de grains ou fèves de soja et jusqu’à 15 500 litres d’eau !

Le secteur de l’élevage a donc une incidence directe sur le réchauffement climatique, la pollution des sols, des nappes phréatiques, et représente un terrible gaspillage puisque près d’un tiers des céréales produites mondialement est destiné à nourrir les animaux pour la production de viande.

Si les pays « développés » diminuaient leur consommation de viande, il serait possible de limiter la famine qui tue près de six millions d’enfants chaque année.

Monsieur le Président, face à cette vérité implacable, et quelque peu effrayante, notre devoir collectif est d’agir, à tous les niveaux, y compris par la promotion d’un régime végétarien.

Instaurer une « journée végétarienne » européenne serait un symbole fort. Malheureusement, la « journée végétarienne mondiale » du 1er octobre n’est toujours pas, officiellement, reconnue en Europe. Il serait donc tout à fait positif de la promouvoir au sein des Etats membres de l’UE en accompagnant cette initiative d’une sensibilisation du consommateur sur l’impact de l’élevage sur l’environnement.

Le végétarisme est une démarche citoyenne et responsable, refuser la consommation de viande est aussi le meilleur moyen de protester contre l’inhumanité et la barbarie partout présentes dans les élevages, durant les transports ou lors de l’abattage des milliards d’animaux sacrifiés et consommés chaque année.

Monsieur le Président, au nom des plus de 100 associations signataires de ce courrier, je vous remercie de prendre en compte nos préoccupations et d’en débattre lors du prochain sommet sur le climat et, dans cette attente, vous assure de toute ma considération.

Brigitte Bardot


La lettre traduite en plusieurs langues :

http://www.evana.org/index.php?id=49902&lang=en GE
http://www.evana.org/index.php?id=49889&lang=en FR
http://www.evana.org/index.php?id=49888&lang=en PT
http://www.evana.org/index.php?id=49887&lang=en RO
http://www.evana.org/index.php?id=49886&lang=en EN
with open list of signatures

http://www.evana.org/index.php?id=49979&lang=en IT
http://www.evana.org/index.php?id=49932&lang=en NL
http://www.evana.org/index.php?id=49909&lang=en ES
http://www.evana.org/index.php?id=49904&lang=en SLO

 

Interview de Brigitte Bardot

1/ Après être intervenue, il y a quelques semaines, auprès du Président français Nicolas Sarkozy pour demander la reconnaissance d’une « journée végétarienne », vous renouvelez aujourd’hui cette démarche auprès du Président de la Commission européenne. Qu’en attendez-vous ?

BB - Tout d’abord, je suis très heureuse de pouvoir parler au nom de toutes ces associations (plus de 100 !) qui se sont ralliées pour dénoncer l’élevage des animaux pour la consommation. Il ne faut pas voir dans notre démarche qu’une simple demande en faveur d’une « journée végétarienne », cela va bien au-delà car c’est en fait une remise en cause de l’élevage et une dénonciation de ses conséquences sur les animaux et l’environnement.

 

2/ Dans votre lettre, vous abordez les effets environnementaux de l’élevage tant au niveau du réchauffement climatique que du gaspillage des ressources naturelles. Pensez-vous que le public soit plus sensible à la défense de l’environnement qu’à celle des animaux ?

BB – La défense des animaux devrait être une raison suffisante pour agir, malheureusement, ce n’est pas le cas et si les menaces liées à notre environnement sont généralement mieux prises en compte c’est, et il ne faut pas se le cacher, parce que l’homme est en première ligne. S’il n’agit que très peu pour sauvegarder telle ou telle espèce, peut-être agira-t-il davantage pour assurer sa propre survie… Il y a quelques jours, le Times faisait sa Une en titrant : « Pour sauver la planète, nous devons tous devenir végétariens », c’est la vérité et j’aimerais que le public en soit conscient.

 

3/ Depuis combien de temps êtes-vous végétarienne ?

BB - Depuis 1962, lorsque je suis venue à « cinq colonnes à la une » pour dénoncer les conditions d’abattage des animaux. J’ai alors pris conscience de l’horreur des élevages en batteries, du transport et de l’abattage des animaux de boucherie. J’ai toujours été sensible à la détresse animale mais à partir de cette intervention, je ne voulais plus être complice de cette mort industrielle, inhumaine.

 

4/ Vous pensez qu'il est préférable d'être végétarien mais vous le conseillez seulement. Pourquoi ne pas être percutante comme vous savez si bien le faire ?

BB - Je ne pense pas que l’on puisse obliger les gens à devenir végétariens du jour au lendemain. C’est une prise de conscience, une décision personnelle. Ma Fondation peut informer sur la souffrance animale, ensuite, à chacun de prendre ses responsabilités.

 

5/ Pourtant, vous appelez ouvertement à ne plus consommer de viande de cheval.

BB - Oui et lorsque j’appelle à ne plus manger de viande de cheval, les végétariens me le reprochent car ils ont déjà atteint un niveau de conscience qui leur fait refuser toute consommation de viande, quelle qu’elle soit. Un veau, un agneau ou un cheval mené à l’abattoir, c’est insupportable, je ne le supporte pas, mais le grand public n’en est pas là, c’est pourquoi je supplie les Français à manger moins de viande et plus du tout de viande de cheval. C’est un peu comme notre action contre la fourrure des peaux de chiens et de chats, ou des produits issus des phoques, si nous avons pu aboutir, non sans mal, à l’interdiction de ce commerce en Europe, il aurait été illusoire d’espérer obtenir une victoire contre le commerce de la fourrure en général. Nous n’avons pas d’autres solutions que nous battre par paliers, c’est inévitable, alors je me bats pour arriver très vite à la fin de l’hippophagie et j’appelle, dans le même temps, le public à remettre en cause sa consommation de viande dans son ensemble.

 

6/ Le végétarisme c'est facile à appliquer, on s'en porte tout aussi bien et pas besoin de passer par le gouvernement pour le réclamer. Si les gens étaient plus sensibilisés, ne pensez-vous pas que ce mode d'alimentation se développerait ?

BB - Les végétariens se portent mieux que les personnes qui mangent de la viande, c’est une évidence, et j’espère que de plus en plus de gens ne seront plus sourds à la souffrance animale, plus aveugles ni complices et que les élevages intensifs, véritables camps de la honte, disparaîtront à jamais. Je me suis souvent opposée à la peine de mort pour les hommes, pourtant parfois coupables, aujourd’hui nous devons tous nous battre afin d’abolir la peine de mort pour les animaux qui sont, eux, toujours innocents !

 

Brigitte Bardot

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Commenter cet article

ecureuil 13/11/2009 13:38


encore un bien grand combat qui j'espère verra la fin voulue !
je ne suis pas végétarienne mais je suis tout aussi sensible a la cause animale et je ne supporte pas non plus les abattages  d'un autre temps !