Brigitte Bardot au secours des ours...

Publié le par Ricard Bruno

De nombreuses propositions affluent pour sauver «Urs» et «Berna», menacés d'euthanasie. La dernière en date est celle de Brigitte Bardot, révoltée par les événements!

 

«Outrée et très préoccupée.» Dans une lettre ouverte à la direction du Parc aux ours de Berne, Brigitte Bardot s'émeut du sort d'«Urs» et «Berna». Nés en décembre dernier, les deux oursons risquent d'être euthanasiés si aucune place d'accueil ne leur est trouvée. «Il est inacceptable d'avoir profité du charme de ces adorables créatures - également source de belles rentrées d'argent - pour ensuite les condamner à mort lorsque leur cohabitation deviendra problématique», écrit ainsi Brigitte Bardot. Offrant le concours de sa fondation pour trouver un lieu d'accueil aux deux oursons, elle lance «qu'il est impensable qu'ils soient euthanasiés».

Autres propositions sur la table
Ce n'est pas la première proposition que reçoit Marc Rosset, conservateur du Bärenpark. Franz Weber a trouvé deux places d'accueil (voir encadré) pour «Urs» et «Berna». Le député bernois Thomas Fuchs (UDC) a profité d'une rencontre avec le maire de Berlin, qui, comme notre capitale, a l'ours comme emblème, pour lui proposer de récupérer les deux plantigrades. Un conseiller municipal bernois a quant à lui déposé une motion urgente mercredi pour agrandir le Parc aux ours. «Nous sommes en train de chercher des places pour «Urs» et «Berna», explique Marc Rosset. Et je suis très confiant dans le fait que nous trouverons une solution.» Concernant les propositions qui affluent de toutes parts pour sauver les deux boules de poil, le conservateur relève que «nous les étudions et les prenons toutes en considération». Mais trouver une maison pour deux oursons, c'est plus dur que de placer deux cochons d'Inde. «Ils ont besoin de beaucoup de place, indique Marc Rosset. Et il faut une installation qui garantisse qu'ils ne s'échapperont pas.» Et le spécialiste de revenir sur les raisons qui forcent le Parc aux ours à déplacer «Urs» et «Berna». «Les mamans ours chassent leurs petits une fois qu'ils ont atteint l'âge de 2?ans. Dans la nature, les petits partent et la moitié meurt tuée par des congénères ou d'autres animaux. Mais, dans un enclos, ils ne peuvent pas s'enfuir.»

Pour Brigitte Auloy, cheffe de projet à la Fondation Brigitte Bardot, le cas d'«Urs» et «Berna» illustre les problèmes que pose la détention d'animaux sauvages en captivité. «Nous allons faire notre maximum pour sauver ces deux oursons, affirme-t-elle. Il est impensable d'imaginer qu'on les ait fait naître pour les sacrifier ensuite. Mais, même si nous trouvons une solution pour ces deux animaux, le problème se posera de nouveau dans deux ans puisqu'il y aura de nouveau des naissances au Parc aux ours. L'euthanasie de jeunes animaux dans les zoos n'est pas exceptionnelle. Cela se fait régulièrement. Mais, éthiquement, on ne peut pas accepter cela.» Marc Rosset, lui, explique que les zoos européens ont comme position de laisser faire le cours naturel des choses. «C'est bon pour les animaux d'avoir des petits. C'est un enrichissement comportemental et cela leur évite de s'ennuyer. C'est nécessaire au bien-être des animaux, même si cela implique qu'il faille tuer les petits qu'on ne peut pas placer.» Une vision très mal acceptée par pas mal de gens. «Nous avons reçu beaucoup de réactions négatives et des insultes, indique Marc Rosset. On nous a traités de meurtriers. Je trouve cela étonnant de la part de personnes qui souvent consomment de la viande et ne se préoccupent pas des milliers d'animaux tués chaque jour pour être mangés.»

 

 

«Un accueil durable»

«N'importe quel être sensible est concerné par le sort de ces deux oursons dont nous suivons la vie, réagit Judith Weber. Cela fend le coeur d'imaginer qu'ils se fassent froidement piquer.»

La Fondation Franz Webers'est démenée pour sauver «Urs» et «Berna». Elle a annoncé hier à la direction du Parc aux ours de Berne qu'elle avait trouvé un emplacement «magnifique et durable» pour les deux bêtes. Il s'agit du Refuge de l'Arche, un parc en Normandie. «C'est un terrain qui est assez vaste pour accueillir ces deux mâles qui ont grandi ensemble sans qu'il y ait de problème», s'est réjouie l'épouse de Franz Weber. Avec son terrain arborisé et vallonné de 15 000 mètres carrés et sa tanière, le lieu abrite déjà un ours bosniaque depuis plus de deux ans.

Source : http://www.lematin.ch/actu/suisse/brigitte-bardot-secours-ours-302660

 

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