Brigitte Bardot : Elle n’écoute que Radio Classique...

Publié le par Ricard Bruno

 

Elle n’écoute que Radio Classique. À l’occasion de l’exposition qui lui est consacrée à Boulogne-Billancourt, elle a réservé son unique grand entretien radiophonique à Olivier Bellamy.


« Quand j’étais jeune, je n’étais pas très intéressée par la musique classique. C’était plutôt le cha-cha-cha et la rumba... Mais parmi les hommes de ma vie, il s’en est trouvé qui m’ont initiée à ce que je trouvais jusqu’alors rébarbatif. Ils m’ont appris à écouter, à prendre conscience d’un goût qui était probablement en moi mais que j’ignorais. Aujourd’hui, je n’écoute plus que du classique et je reste branchée jour et nuit sur Radio Classique.

« À huit ans, j’ai dansé sur la Gymnopédie n° 1 d’Erik Satie. C’était une variation qui s’intitulait L’Amour et Psyché. La danse m’a apporté une grande discipline de vie : on a souvent les pieds en sang et on ne peut pas se plaindre ; il faut y aller quand même.

« La première musique qui m’a marquée, c’est Blanche-Neige. Je voulais vivre dans ce dessin animé et j’ai gardé la fraîcheur de l’enfance. Je ne suis pas raisonnable...

« Aujourd’hui, j’adore le mouvement lent du Concerto pour clarinette de Mozart. Cela vous porte à croire que le paradis peut exister. J’ai aussi une passion pour le mouvement lent du Concerto pour deux violons de Bach. Il a écrit cette page en s’inspirant de la respiration d’une femme endormie. C’est frappant quand on l’écoute en y pensant. Et je ne peux pas entendre l’Andante du Concerto pour piano n° 21 de Mozart sans pleurer. La beauté, c’est ce qui est si unique que personne ne peut faire mieux. Ce qui est beau rend notre âme belle et ce qui est laid nous salit et rend notre âme laide. Les plus beaux morceaux classiques nous élèvent et nous rapprochent de Dieu.

« La beauté, selon moi, vient de l’harmonie, que ce soit en peinture, en architecture ou en musique. Or on vit un siècle sans harmonie. C’est pour cela qu’on a tant besoin de musique et d’art classique.

« Je me souviens d’avoir assisté au récital de Maria Callas en 1958 à l’Opéra de Paris. Je n’ai pas rencontré Callas car nous vivions dans deux mondes différents alors que nous ressentions sans doute la même chose face à la gloire : ce "deuil éclatant du bonheur", comme dit Madame de Staël. Elle en a bavé et a eu une fin de vie épouvantable. Elle s’est réfugiée dans une solitude qui l’a probablement tuée. J’ai eu de la chance en arrêtant à temps mon métier d’actrice pour m’occuper des animaux. J’ai sauvé des animaux, mais ils m’ont également sauvée. La fin des actrices est souvent triste : Marilyn s’est suicidée, Romy Schneider aussi, Marlene Dietrich a fini abandonnée de tous. Le cinéma est un monde très déstabilisant parce qu’on fait semblant, alors que moi, j’ai toujours eu soif d’authenticité et de vérité.

« En 1958, Maria Callas chantait "Casta Diva" dans Norma de Bellini. Je n’étais pas capable de l’apprécier à l’époque, mais aujourd’hui je le trouve si beau que j’ai demandé qu’on le fasse entendre le jour de mon enterrement. »

Source : http://www.qobuz.com/info/MAGAZINE-ACTUALITES/L-INVITE-DU-MOIS/Brigitte-Bardot37088

Publié dans le web en parle

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