Brigitte Bardot, people et divertissement...

Publié le par Ricard Bruno

Brigitte Bardot, people et divertissement
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Alors que leur place dans les tous médias est centrale, les phénomènes people restent mal connus, comme la plupart des phénomènes d'imitation, de grégarisation, de panurgisme.... L'exposition consacrée à Brigitte Bardot, par le musée de Boulogne-Billancourt (jusqu'au 31 janvier 2010) est une occasion stimulante de raviver nos ignorances en matière d'"effets people"des médias pour peu que l'on effectue la visite "sans prévention ni précipitation".

Héritière
Toute la vie publique de Madame Bardot est étalée sous nos yeux, le cinéma, la chanson, les mariages, les amants, les animaux qu'elle défend... People à tout prix même pour la bonne cause. Née d'une famille de la bourgesoie parisienne, Conservatoire National de Danse, dès 15 ans elle est dans Elle, dont elle fit la couverture à 16 : la famille a des relations et une usine. Brigitte Bardot est une "héritière" : le miracle BB s'épanouit en terrain favorable ; pour objectiver cette dimension sociologique, il faudrait comparer sa trajectoire sociale avec celle de sa contemporaine, Sheila, "petite fille de français moyen" (titre de l'une de ses chansons, en tête du hit parade de l'été 1968), qui vendait avec sa famille de la confiserie sur les marchés et séduisit une classe de fans différente.

Icône pluri-média
Quelle place occupe BB dans la société française ? L'exposition ne propose pas de réponse, mais elle impose la question en juxtaposant les "faits" qui sont "faits" par des images et des "unes" par centaines. Images de libération féminine, d'érotisme qui indisposent plaisamment fâcheux et Tartuffe. Entrée dans le Larousse à 24 ans, De Gaulle en fit la Marianne des 36 000 mairies en 1968. BB fut aussi le faire-valoir des marques pour des créations publicitaires qu'elle écrasait de sa présence : Pschitt (soda), Simca (automobile), Paris-Presse, Les Laines du Chat Botté, Radio Luxembourg, Yamah (moto), Air France, BNP... Images de films, affiches, photographies avec les uns et les autres. Et des chansons, des émissions de télévision. Les people parlent aux people.

Devant le phénomène de la peopelisation, la sociologie de la culure reste démunie. BB n'a pas été de ces "intimate strangers" dont parle la sociologie des "célébrités" (Richard Schickel) et Roland Barthes ne nous apprend rien sur cette mythologie. Pour s'y retrouver, c'est peut-être vers la "psychologie économique" de Gabriel Tarde qu'il faut se tourner, qui a identifié le rôle de la presse dans la quantification de la célébrité, de la popularité, de la gloire et de la réputation (Psychologie économique, publié en 1902). Sans cette quantification, pas de people. Mais son intuition n'a pas été développée et n'a pas été adaptée aux médias plus récents et à leur contribution à la peoplisation. Pourtant avec les médias numériques, les réseaux sociaux, les bruits courent plus vite, plus haut.

People, "opium du peuple, soupir de la créature opprimée" ?
Pourquoi avoir baptisé cette exposition "les années insouciance" ? Insouciance du milieu où BB est mise en scène, le show business ? Sans doute. D'ailleurs Claude François chantait aussi "cette année là", 1962, année sans histoire ! Pour d'autres, ce furent les années de la guerre en Algérie... Guerre coloniale : 400 000 appelés du contingent font leur "service". Guerre civile : massacre d'Oran, massacre des harkis. C'était aussi l'époque de la loi Debré contre la laïcité, des avortements criminalisés... A tous ceux que l'époque opprimait dans leur vie la plus quotidienne, BB parlait d'autre chose, justement, divertissait. "A quoi sert la beauté des femmes", s'interrogeait faussement Théophile Gautier. Ne cachez pas ce sein...

Source : http://mediamediorum.blogspot.com/2009/11/brigitte-bardot-people-et.html
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riri 19/11/2009 12:40



Charabia d'intello qui disserte dans le vide. Confondre stars (au sens où l'on entendait ce mot à l'époque de l'âge d'or d'Hollywood) et people (au sens actuel), c'est ne faire aucune différence
entre une Loana qui n'est rien et n'existe que par médias interposés, et Brigitte Bardot qui la dernière star féminine authentique et qui existe par son passé de comédienne/chanteuse et son
présent de femme engagée dans un combat. A vider les mots de leur sens, on en arrive à parler du dernier navet cinématographique en date comme d'un film culte. Pour comprendre le "phénomène
Bardot", ce n'est ni Richard Schickel, ni Roland Barthes qu'il faut lire, mais Edgar Morin et François Nourissier.