CITES 2010 : Fondation Brigitte Bardot...

Publié le par Ricard Bruno

CITES, pour «Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction», cinq lettres anodines auxquelles est suspendu le sort de milliers d’espèces! Il s'agit ici d'interdire ou de limiter le commerce des produits issus d’espèces menacées.

Pour que ces interdictions portent leurs fruits, elles doivent être respectées par un maximum de pays.

Malheureusement intérêts économiques ne riment pas avec protection animale !
Pour la 10ème année, la Fondation Brigitte Bardot est présente à la CITES pour défendre le sort des espèces en danger.

La Fondation Brigitte Bardot entend peser de tout son poids sur les décisions qui scelleront le destin du thon rouge, de l’ours polaire, de l’éléphant d’Afrique et de tant d’autres espèces.

Revue détaillée des batailles à mener d’ici au 25 mars, date de clôture de la 15e session de la conférence des Parties à la CITES qui se tient actuellement à Doha, au Qatar.

Cette 15ème session de la Conférence des Parties sera, de toute évidence, placée sous le signe du thon rouge. Pourtant, bien d’autres espèces animales et végétales font l’objet d’âpres négociations, pour ne pas dire de marchandage (politique et économique).

L’importante couverture médiatique et la présence du ministre de l’Environnement du Qatar à l’inauguration de cette CITES laissent entrevoir les enjeux des débats et les tractations diplomatiques qui s’opèrent actuellement à Doha.



Si la Fondation Brigitte Bardot suit, plus directement, les propositions visant les espèces animales, il est évident que les décisions portant sur le commerce des plantes et bois exotiques ont une incidence directe sur la préservation des habitats. La première cause de disparition des animaux étant liée à la dégradation de leur environnement, les décisions prises à la CITES mettent en évidence cette interdépendance. La commercialisation de bois exotiques ou d’huile de palme peut condamner à mort des espèces animales, comme l’orang-outang en Indonésie, il est donc important d’en tenir compte dans nos choix de consommation.



< Les news en provenance des coulisses >
Plusieurs meetings sont tenus pour tenter d’influencer les différentes délégations présentes.
A la demande de la Fondation Brigitte Bardot, la délégation française a accepté, pour la première fois, de faire un point d’information avec les ONG françaises présentes à Doha. Les associations Robin des Bois et l’organisation internationale IFAW étaient donc à nos côtés face à une délégation au grand complet (Ministères des Affaires Etrangères, de l’Ecologie, de l’Agriculture, Muséum d’histoire naturelle…). A ce stade des négociations (n'oublions pas que la France, comme les 26 autres Etats membres, doit défendre la position commune de l'Union européenne), les informations filtres avec parcimonie :


icone happy L'UE souhaite transférer le Thon Rouge
en annexe 1 mais seulement en 2011. Suite>
17 mars 2010 par notre délégation sur place
icone happy La proposition de prolonger le moratoire
(20 ans au lieu de 9) ne sera pas suivi par l'UE,Suite>
17 et 21 mars 2010 par notre délégation sur place
icone happy Espoir pour le lynx Suite>
17 mars 2010 par notre délégation sur place
icone happy L'ours pourrait être abandonné à son triste sort par l'humanité Suite>
17 mars 2010 par notre délégation sur place

 

 

< Premiers résultats des votes >
16 mars - De la situation de l’antilope européenne saïga (qui a subi un déclin sévère de sa population du fait d’une chasse incontrôlée pour ses cornes), de la gestion du commerce et de la conservation des serpents, de la conservation des tortues terrestres et d’eau douce, ou encore de la conservation et la gestion des requins et des raies d’eau douce.

17 mars - Les premières propositions d’amendement des Annexes I et II ont été débattues. Après une matinée consacrée à l’étude des propositions sur les plantes, les deux premières propositions visant les animaux ont été mises à l’ordre du jour.


 

loup icone happy Canis Lupus
17 mars 2010 par notre délégation sur place
La Suisse propose d’exclure la forme domestiquée et le dingo (Canis lupus familiaris et Canis lupus dingo) des mesures de préservation (Annexes I et II) qui concernent le Canis lupus. La situation du loup et du chien domestique n’étant pas comparable, il s’agit d’une mesure de bon sens qui est adoptée par consensus.
lynx icone happy La proposition des Etats Unis
de supprimer le Lynx de l'annexe 2 rejetée Suite>
17 mars 2010 par notre délégation sur place
ours polaireicone happy L’Union Européenne met en échec la proposition des Etats-Unis en faveur de l’ours polaire : l'humanité vient d'abandonner l'ours polaire ! Suite>
18 mars 2010 par notre délégation sur place
icone happy L’adieu au canard des Mariannes (wikipédia)
18 mars 2010 par notre délégation sur place
La proposition suisse de supprimer de l’Annexe I le canard des Mariannes (Anas oustaleti) est accepté par consensus (pas de vote) puisque l’espèce est désormais éteinte (aucune observation confirmée depuis 1979). Le canard des Mariannes est donc logiquement retiré de la CITES après avoir été victime d’une chasse excessive et d’une perte de son habitat naturel.
crocodileicone happy Pour les Parties à la CITES,
avant d’être un animal, le crocodile est d’abord un sac ! Suite>
18 mars 2010 par notre délégation sur place
NACicone happy La proposition d'Israël de transférer le reptile fouette-queue Ocellé de l'annexe 2 à l'annexe 1 a échouée Suite>
18 mars 2010 par notre délégation sur place
Thon rouge en dangericone happy La France a torpillé la protection du thon rouge Suite>
18 mars 2010 par notre délégation sur place
NACicone happyQuatre espèces d'iguane, une espèce de grenouille inscrites à l'annexe 2 et le triton tacheté de Kaiser à l'annexe 1 Suite>
21 mars 2010 par notre délégation sur place
icone happy L'inscription du corail rouge et rose à l'annexe 1 rejetée !
21 mars 2010 par notre délégation sur place
Cette proposition, présentée par les Etats-Unis et la Suède au nom de l’Union européenne, vise à protéger les coraux de la décimation en série et de l’épuisement des « stocks » actuellement surexploités (commercialisés sous forme de colonies séchées entières, de bijoux, etc.). Après le thon rouge, nouveau bras de fer avec le Japon qui ne se limite pas à faire connaître son opposition à cette proposition mais demande le soutien des autres délégations pour la mettre en échec. La Tunisie exige un vote à bulletins secrets qui aboutit… au rejet de la proposition !
NACicone happyAucun pays n’a pu transférer ses populations d’éléphants à l’Annexe II, le moratoire de 9 ans garde donc toute sa pertinence et pourra être suivi… au moins jusqu’à la prochaine CITES ! Suite>
22 mars 2010 par notre délégation sur place
requinsicone happyLes propositions d'inscrire plusieurs espèces de requins en annexe 2 ont échouées Suite>

icone happy Une bonne nouvelle quand même : requin-taupe commun inscrit à l'annexe 2. Suite>
23 mars 2010 par notre délégation sur place
icone happy Le premier scarabée inscrit à l'annexe 2 de la CITES
23 mars 2010 par notre délégation sur place
Dernière proposition présentée, par la Bolivie, l’inscription à l’Annexe II du scarabée Dynastes satanas. Endémique aux forêts tropicales des régions de La Paz et de Cochabamba en Bolivie, l’espèce est gravement menacée par la perte de son habitat, due à l’essor de l’agriculture, mais aussi par le commerce international illicite. Ce commerce illicite touche des spécimens vivants (utilisés dans des combats de scarabées !) et des spécimens morts pour les collectionneurs privés : 634 spécimens saisis sur la seule année 2007. Lors de sa présentation, la délégation de la Bolivie indique que les spécimens prélevés sont vendus environ 2 dollars l’unité à des intermédiaires et se retrouvent en vente, notamment sur Internet, à des prix pouvant atteindre 220 USD par des fournisseurs situés au Canada, en Chine, en France, en Allemagne, au Japon et en Russie. Aucun pays ne prenant la parole pour rejeter cette proposition, celle-ci est adoptée par consensus et fait du Dynastes satanas le premier scarabée inscrit à l’Annexe II de la CITES.

 

Thon rouge en danger
< Thon rouge :
une situation alarmante >
Le nombre et l’urgence des sujets abordés permettent déjà d’affirmer qu’il s’agit de la plus ambitieuse CITES de ces dix dernières années. Objet de toutes les attentions et de toutes les pressions : le thon rouge, Thunnus thynnus.

La situation est alarmante : population de l’Atlantique Est et de la Méditerranée proches de l’extinction, diminution de 82,4% de la population de l’Atlantique Ouest en trente ans.

Les populations de Méditerranée proches de l’extinction
Face à un tel désastre, la proposition de Monaco d’inscrire l’espèce à l’Annexe I de la CITES (interdiction du commerce international) aurait dû faire l’unanimité. Rien n’est moins sûr, tant sont nombreux les intérêts économiques liés à sa pêche.
Un dilemme qu’illustrait la position de la France jusqu’au mois de février dernier : Jean-Louis Borloo, ministre de l’Environnement, y était favorable alors que Bruno Le Maire, ministre de l’Agriculture et de la Pêche, s’y opposait. Brigitte Bardot avait alors protesté par courrier auprès du cabinet de Bruno Le Maire, et c’est finalement l’Élysée qui trancha en faveur de l’interdiction.
Si la France est désormais favorable à l’inscription de l’espèce à l’annexe I, elle réclame cependant des assouplissements : délai de 18 mois et attente de la publication des résultats de la CICTA (Commission Internationale pour la Conservation des Thonidés de l’Atlantique) pour suspendre le commerce international… On peut également s’interroger sur la position qu’adoptera finalement l’Union Européenne alors que le pays qui la préside, l’Espagne, est un adversaire acharné de l’interdiction.

De son côté, le Parlement Européen se dit favorable à l’inscription du Thon rouge à l’Annexe I sous trois conditions : instaurer une dérogation générale pour le commerce intérieur permettant d’assurer la pérennité de la pêche artisanale côtière, accompagner financièrement les marins et les armateurs touchés par cette décision, renforcer les contrôles et sanctions pour lutter contre la pêche illicite, non déclarée et non réglementée.


icone happy L'UE souhaite transférer le Thon Rouge en annexe 1 mais seulement en 2011
COULISSE - 17 mars 2010 par notre délégation sur place

Si l'UE se dit favorable à l'inscription du thon rouge à l'Annexe I, elle propose de ne rendre effectif ce transfert qu'en mai 2011, avec possibilité de désinscription de l'espèce si les données transmises par l'ICCAT (Commission Internationale pour la Conservation des Thonidés de l'Atlantique) montrent une stabilisation des "stocks" (ici, on ne parle pas d'êtres vivants mais de stocks). Cette possibilité de désinscription de l'Annexe I est très préoccupante car nous nous retrouverions au point de départ sans qu'aucune mesure ne soit prise pour préserver cette espèce qui a été victime d'une surexploitation par l'homme. 
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icone happyLa France a torpillé la protection du thon rouge
VOTE - 18 mars 2010 par notre délégation sur place

Face à la proposition ferme et parfaitement argumentée de Monaco d’inscrire le thon rouge à l’Annexe I de la CITES, la France a choisi de militer au sein des pays membres de l’Union européenne puis auprès de toutes les délégations présentes à la CITES pour un texte amendé et totalement dénaturé qui n’a fait que porter une confusion générale dans un débat déjà extrêmement sensible.

La seule position cohérente aurait été de soutenir la proposition monégasque mais en introduisant un amendement repoussant à mai 2011 l’entrée en vigueur de l’Annexe I, avec possibilité de déclasser le thon rouge suivant les données transmises par l’ICCAT, la France (donc l’UE) a provoqué une pagaille comme rarement vue à la CITES… La Lybie s’est introduite dans la brèche ouverte pour demander (ou plutôt exiger) un vote immédiat sur le sujet (alors que l’UE et Monaco avaient sollicité un ajournement des débats pour travailler sur une proposition amendée).

Le texte a donc été mis au vote dans l’après midi, d’abord celui amendé par l’UE (avec report de la mise en œuvre de l’Annexe I), proposition rejetée, puis la proposition initiale de Monaco a fait l’objet, à son tour, d’un vote là encore très majoritairement négatif (20 pays favorables à l’inscription du thon rouge à l’Annexe I, 68 opposés et 30 abstentions).

Pour la Fondation Brigitte Bardot : « c’est un terrible camouflé, une déception et une honte pour les Européens qui ont une part de responsabilité immense dans l’échec de cette proposition ».
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Ours polaire
< La banquise fond, l’Ours polaire disparaît :
arrêtons le massacre! >

Une autre proposition d’inscription à l’Annexe I provoque déjà de vifs débats: il s’agit de l’Ours polaire, déjà inscrit sur l’Annexe II (commerce restreint et réglementé).


Les populations d’ours polaires sont estimées de 20 000 à 25 000 individus répartis entièrement sur le cercle arctique, dans cinq états : Canada, Danemark (Groënland), Russie, Norvège, États-Unis (Alaska). En 2008, l’IUCN (International Union for Conservation of Nature) a classé l’ours polaire en tant qu’espèce « vulnérable » du fait d’une diminution de la population estimée à 30% sur trois générations (45 ans).

Première menace, la réduction de son habitat. En Arctique, la glace de mer a diminué de 8% au cours des 30 dernières années et l’étendue de la glace de mer estivale a diminué de 15 à 20%. Les modèles climatiques prédisent un déclin supplémentaire de 10 à 50% de l’étendue de la glace d’ici 2100 et la disparition complète de la glace de mer estivale en Arctique d’ici environ 30 ans.

À cette menace environnementale majeure, s’ajoute la chasse «sportive» et commerciale de l’ours blanc. Entre 1992 et 2006, plus de 31 000 spécimens d’ours blancs ont fait l’objet de transactions internationales à des fins commerciales (tapis en peau d’ours, etc.) et non-commerciales (trophées) ce qui représente, environ, 2 086 spécimens par an; les exportations augmentent depuis le début des années 1990. Sur les 216 peaux, en moyenne, exportées annuellement au cours de cette période… 87% proviennent du Canada!

Le Canada poursuit l’abattage : la France complice?

Ours polaire

Le 8 janvier, Brigitte Bardot est intervenue auprès de Stephen Harper, 1er ministre canadien, pour dénoncer le refus du Canada de soutenir la proposition des États-Unis. Jugeant «criminelle et totalement irresponsable» la position canadienne, notre présidente enjoint le 1er ministre à revenir sur sa position, «une attitude contraire signerait l’arrêt de mort de cette espèce et ridiculiserait, une fois encore, le Canada pour sa gestion catastrophique et meurtrière de la faune sauvage».

L’ours blanc, devenu bien malgré lui le symbole du réchauffement climatique, est plus que menacé. Pourtant, la France ne semble pas prête à soutenir la proposition des États-Unis, préférant se placer derrière les quatre autres états de l’aire de répartition qui y sont opposés.

La FBB est donc intervenue, le 21 janvier, auprès de Nicolas Sarkozy, afin de lui présenter ses attentes pour la prochaine CITES, parmi lesquelles le transfert de l’ours blanc à l’Annexe I. Cette position est également celle du Parlement Européen.


icone happy L'ours pourrait être abandonné à son triste sort par l'humanité
COULISSE - 17 mars 2010 par notre délégation sur place

La France et l'UE ne suivront pas non plus les Etats-Unis dans leur demande de transférer l'ours blanc de l'Annexe II à l'Annexe I... Une aberration puisque de ce côté-ci de l'Atlantique, on préfère donner raison au Canada dont on connait la "gestion" catastrophique des espèces animales plutôt qu'entendre l'appel des Etats-Unis en faveur d'une espèce en danger, devenue bien malgré elle le triste symbole du réchauffement climatique ;
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icone happyL’Union Européenne met en échec la proposition des Etats-Unis en faveur de l’ours polaire : l'humanité vient d'abandonner l'ours polaire ! Suite>
18 mars 2010 par notre délégation sur place

Devenu, bien malgré lui, le symbole du réchauffement climatique, l’ours polaire vient d’être abandonné à son triste sort par la France et l’Union européenne qui se sont opposés à son transfert à l’Annexe I de la CITES, mesure qui aurait pourtant pu contribuer à sa sauvegarde.

L’Union européenne n’a pas été à la hauteur de l’enjeu, elle a peut-être voulu calmer le jeu avec le Canada après la fermeture du marché européen aux produits issus de la chasse aux phoques, mais ce marchandage politique ne devrait pas avoir sa place dans des décisions qui touchent à la survie d’une espèce animale en danger, c’est indigne et profondément choquant.

Rappelons que les populations d’ours polaires sont estimées à moins de 25 000 individus répartis sur le cercle arctique, dans 5 états : Canada, Danemark (Groenland), Russie, Norvège, Etats-Unis (Alaska). Une espèce classée « vulnérable » par l’IUCN du fait d’une diminution de la population estimée à 30 % sur 3 générations (45 ans).

A la menace environnementale majeure, représentée par la dégradation de son habitat, s’ajoute la chasse « sportive » et commerciale de l’ours blanc. Entre 1992 et 2006, plus de 31 000 spécimens d’ours blancs ont ainsi fait l’objet de transactions internationales à des fins commerciales (tapis en peau d’ours, etc.) et non commerciales (trophées) ce qui représente, environ, 2086 spécimens par an ; les exportations augmentent depuis le début des années 1990. Sur les 216 peaux, en moyenne, exportées annuellement au cours de cette période… 87 % proviennent du Canada !

C’est pourquoi, le 8 janvier dernier, Brigitte Bardot intervenait auprès de Stephen Harper, 1er ministre canadien, pour dénoncer le refus du Canada de soutenir la proposition des Etats-Unis. Jugeant « criminelle et totalement irresponsable » la position canadienne, Brigitte Bardot enjoignait le 1er ministre à revenir sur sa position « une attitude contraire signerait l’arrêt de mort de cette espèce et ridiculiserait, une fois encore, le Canada pour sa gestion catastrophique et meurtrière de la faune sauvage ».

L’appel à la raison n’a pas été entendu, les défenseurs de l’ours polaire et, plus généralement, de la biodiversité sont en deuil car une espèce phare est désormais assurée de rejoindre, à court terme, la liste déjà trop longue des espèces disparues.

Proposition des USA de transférer de l’annexe II à l’annexe I
SOUTIENS : Rwanda (précisant que ne restant que 20.000 individus il est insensé d’en prélever) · Qatar · Mali · Egypte · Yémen
OPPOSITIONS : Canada (où se trouvent les 2/3 de la population) et (seul pays autorisant le commerce) · Espagne pour l’UE · Islande · Norvège (proposition prématurée) · Danemark pour le Groenland
POUR 48% NON 62% Abstentions : 11%
Proposition REJETEE

Elephants
< L’éléphant, encore et toujours victime de ses défenses >

Depuis le moratoire de neuf ans sur le commerce de l’ivoire adopté lors de la CITES de La Haye en 2007, l’avenir de l’éléphant d’Afrique (Loxodonta africana) semblait moins incertain : aucune proposition ne devait être présentée durant ce répit afin d’établir une période de repos pour l’éléphant d’Afrique. Trois ans plus tard, deux pays, la Tanzanie et la Zambie, demandent pourtant le transfert de leurs populations d’éléphants de l’Annexe I à l’Annexe II afin d’autoriser la vente de leurs stocks d’ivoire (89 848,74 kg pour la Tanzanie et 21 692,23 kg pour la Zambie).

Pour mémoire, l’aire de répartition de l’éléphant d’Afrique s’étend sur trente-sept états (Afrique subsaharienne). Toutes les populations ont été inscrites à l’Annexe I de la CITES en 1989. Mais le Zimbabwe, la Namibie et le Botswana ont transféré leurs populations à l’Annexe II en 1997, suivis par l’Afrique du Sud en 2000. Ce transfert à l’Annexe II a permis à ces 4 états de vendre d’importantes quantités d’ivoire, rouvrant ainsi le commerce international et entraînant une forte recrudescence du braconnage sur l’ensemble du continent.

La Tanzanie et la Zambie ont proposé le déclassement de leur population en se servant d’une grossière erreur dans la rédaction du moratoire qui devait initialement s’appliquer aux trente-sept états de l’aire de répartition mais qui s’est, en fait, limité aux quatre états dans lesquels les populations d’éléphants sont à l’Annexe II (l’objectif étant de suspendre toute nouvelle vente d’ivoire par ces pays).

Vers un moratoire de vingt ans sur le commerce de l’ivoire ?

Nous gardons espoir car la position de la France et celle du Parlement européen se rejoignent pour rejeter la demande de la Tanzanie et de la Zambie. De leur côté, huit pays africains (Ghana, Kenya, Libéria, Mali, Congo, Rwanda, Sierra Leone, Togo) ont proposé d’étendre l’application du moratoire sur le commerce de l’ivoire à tous les états de l’aire de répartition de l’éléphant (et non plus aux seuls quatre états actuels). Cette proposition commune prévoit également de faire passer la durée du moratoire de neuf à vingt ans. Le Parlement européen soutient cet amendement, ce dont se réjouit la Fondation Brigitte Bardot qui s’étonne, par ailleurs, que la France, en n’en soutenant que la première partie, ne semble pas favorable au prolongement du moratoire pour une durée de vingt ans.



icone happy Pas de meilleures nouvelles pour les éléphants
COULISSE - 17 mars 2010 par notre délégation sur place

En ce qui concerne les propositions présentées par la Tanzanie et la Zambie de transférer leurs populations d'éléphants à l'Annexe II (actuellement classées à l'Annexe I) afin de permette la vente des stocks d'ivoire, le secrétariat CITES a recommandé aux Parties de soutenir la demande de la Zambie et de rejeter celle présentée par la Tanzanie. L'Union européenne pourrait se montrer plus sage en rejetant les deux propositions qui viennent mettre à mal le moratoire de 9 ans adopté au cours de la COP*14 ;

La proposition commune de 8 pays africains -Ghana, Kenya, Libéria, Mali, Congo, Rwanda, Sierra Leone et Togo- de prolonger le moratoire (20 ans au lieu de 9) ne sera pas suivi par l'UE, la France n'a de toute façon jamais soutenu cette proposition qui était, pourtant, l'une des plus ambitieuses et des plus pertinentes car l'éléphant d'Afrique doit pouvoir bénéficier d'un répit pour reconstituer ces populations toujours massacrées pour alimenter le commerce de l'ivoire ;
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icone happy Toujours pas de bonnes nouvelles pour les éléphants
COULISSE - 21 mars 2010 par notre délégation sur place

L’Union européenne informe les ONG qu’aucune position commune n’est encore arrêtée sur les éléphants et, plus précisément, sur les propositions de la Zambie et de la Tanzanie de transférer leurs populations à l’Annexe II afin de commercialiser les stocks d’ivoire cumulés ces dernières années. Face à cette surprenante non-position à la veille du vote, certaines associations s’interrogent et suggèrent à l’UE de s’abstenir plutôt que soutenir le transfert en Annexe II de ces deux populations d’éléphants. Ceci ne présage rien de bon en effet car si nous savons, depuis plusieurs semaines déjà, que l’UE n’est pas favorable à une prolongation du moratoire sur la vente d’ivoire, l’UE semblait opposé au transfert de nouvelles populations d’éléphants à l’Annexe II… Rien n’est moins sûr aujourd’hui !

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icone happy Revirement heureux de situation : Aucun pays n’a pu transférer ses populations d’éléphants à l’Annexe II, le moratoire de 9 ans garde donc toute sa pertinence et pourra être suivi… au moins jusqu’à la prochaine CITES !
VOTE - 22 mars 2010 par notre délégation sur place

Alors que le débat s’ouvre sur l’éléphant d’Afrique (proposition de transfert à l’Annexe II des populations de Tanzanie et de Zambie ; prolongation du moratoire sur le commerce de l’ivoire), les bruits de couloir nous plongent dans la perplexité, l’Union européenne aurait-elle retournée sa veste, les 23 pays membres de la Coalition pour l’éléphant d’Afrique* auraient-ils tempéré leur position ? La réponse avec le résultat des votes…

* Membre de la CEA: Bénin, Burkina Faso, République Centre Africaine, Tchad, Côte d’Ivoire, Ethiopie, Guinée Equatoriale, Erythrée, Ghana, Guinée, Guinée Bissau, Kenya, Liberia, Mali, Mauritanie, Niger, Nigeria, Rwanda, Sénégal, Sierra Leone, Togo, Congo-Brazzaville et le Gouvernement du Soudan du Sud.

Un commerce illégal d'ivoire en hausse
En préambule, la présentation du « plan d’action pour le contrôle du commerce de l’ivoire d’éléphant » donne le ton, il est noté une augmentation régulière du commerce illégal de l’ivoire depuis 2004 et une hausse extrêmement prononcée en 2009 (plus de 17 tonnes d’ivoire saisies entre le mois de janvier et août 2009). Le Kenya précise qu’en 2007, 47 éléphants ont été tués par des braconniers, en 2008, pas moins de 145 éléphants ont été abattus pour alimenter le trafic d’ivoire et en 2009, ce sont 271 éléphants qui ont été braconnés au Kenya malgré les mesures nationales prises pour protéger ces précieux pachydermes. Cette lutte contre le braconnage de l’ivoire (élevé au rang de crime organisé) est une véritable guerre qui compte des victimes collatérales avec, chaque année, de nombreux gardes nationaux tués dans leur fonction de protéger un patrimoine naturel fragile et convié par de nombreux pays, les plus souvent asiatiques. Mais si la Chine reste l’acteur le plus important dans le commerce illégal de l’ivoire, le Nigéria, la République Démocratique du Congo et la Thaïlande sont présentés comme les pays au cœur du commerce illicite.

La proposition de la Tanzanie
de déclasser l'éléphant en annexe 2 et de vendre son stock d'ivoire rejetée !

Première proposition étudiée, celle de la République-Unie de Tanzanie visant à transférer sa population d’éléphants de l’Annexe I à l’Annexe II dans le but de réaliser une vente unique, au profit du Japon et de la Chine, des stocks gouvernementaux d’ivoire s’élevant à 89 848,74 kg.

La délégation tanzanienne demande que sa proposition soit scindée en deux et fasse l’objet de deux votes séparés, le premier portant sur le transfert de la population à l’Annexe II, le second portant sur la vente du stock d’ivoire enregistré.

Cette demande est acceptée après avoir fait l’objet d’un vote à bulletins secrets (à la demande de la Tanzanie appuyée par plus de 10 pays). Le Japon ouvre le bal en soutenant, bien évidemment, la proposition de la République-Unie de Tanzanie pour le transfert de sa population et la vente des stocks d’ivoire. Le Japon ne se limite pas à faire connaître sa position sur la proposition mais appelle les autres délégations à soutenir le texte… Un signal très clair pour les délégations affidées au Japon (et elles sont nombreuses)…

L’Union européenne intervient et fait connaître son opposition à une nouvelle vente de stock d’ivoire jugée prématurée pour pouvoir étudier l’incidence des ventes précédentes sur le braconnage. On le sait, toute reprise du commerce légal, même restreint ou partiel, entraîne une augmentation du commerce illégal et stimule la demande d’ivoire, et donc du braconnage, comme le rappellent plusieurs pays parmi lesquels le Libéria et l’Inde.

Lors de la précédente Conférence des Parties, un moratoire de 9 ans avait été adopté pour éviter toute nouvelle demande de vente d’ivoire afin d’établir une période de « repos » pour l’éléphant d’Afrique, de nombreuses délégations ont pris la parole pour rappeler leur attachement à ce moratoire, en particulier la Tunisie, le Congo ou encore le Rwanda. La première partie de la proposition (transfert de la population à l’Annexe II) est soumise au vote et se voit rejetée, le même sort est réservé au deuxième volet de la proposition sur le commerce des stocks d’ivoire… Très bonne nouvelle donc pour les défenseurs des animaux !

Idem pour la proposition de la Zambie : l'éléphant ne sera pas déclassé !
Après la Tanzanie, c’est au tour de la Zambie de venir défendre sa proposition visant à transférer sa population d’éléphants à l’Annexe II. Le but est d’autoriser les transactions non commerciales portant sur les trophées de chasse, le commerce d’animaux vivants vers des destinataires « appropriés » et « acceptables », le commerce de peaux brutes. Mais la Zambie amende sa proposition initiale en annulant sa demande de vente unique, à destination du Japon et de la Chine, portant sur 21 692,23 kg des stocks gouvernementaux. A l’exception de pays africains (Mali, Rwanda, Gana ou encore Kenya), les intervenants sont majoritairement favorables à la proposition zambienne (Etats-Unis, Japon, Norvège…), mais l’UE tient un discours plus surprenant déclarant que le transfert à l’Annexe II pourrait se justifier ou encore que la proposition de la Zambie peut se comprendre, sans toutefois dire clairement si elle soutient ou s’oppose à la proposition. Cette attitude pourrait annoncer une abstention de l’Union européenne. A la demande de la Zambie, la proposition est mise au vote à bulletins secrets et se voit rejetée avec un fort taux d’abstention.

Pas de prolongation du moratoire ni d'extension de la zone d'application
Après la bataille, perdue, pour de nouveaux transferts de populations d’éléphants à l’Annexe II, le Kenya présente une proposition, cosignée avec le Ghana, le Libéria, le Mali, le Congo, le Togo, le Rwanda et Sierra Leone au nom des 23 pays membres de la Coalition pour l’éléphant d’Afrique* d’élargir l’application du moratoire de neuf ans sur le commerce de l’ivoire (adopté lors de la dernière Conférence des Parties) à tous les pays de l’aire de répartition de l’éléphants et non pas aux seuls 4 pays ayant préalablement transféré leurs populations à l’Annexe II (Zimbabwe, Namibie, Botswana et Afrique du Sud).

Lors des débats, le Botswana conteste cette proposition qui semble venir en opposition avec l’article 15 du règlement de la CITES autorisant les parties à présenter, à chaque conférence, des propositions d’amendements aux Annexes. Nombreux pays s’opposent à leur tour, parmi lesquels la Tanzanie, l’Afrique du Sud, la Chine et… l’Union européenne !

Mise aux votes, la proposition amendée des pays membres de la Coalition pour l’éléphant d’Afrique est rejetée, un deuxième vote doit faire se prononcer les délégations sur la proposition initiale incluant une prolongation du moratoire sur 20 ans. Mais face à l’hostilité rencontrées, le Kenya préfère retirer sa proposition plutôt que l’amener à un échec qui pourrait renvoyer un message négatif sur la préservation de l’éléphant d’Afrique. Aucun pays n’ayant pu transférer sa population d’éléphants à l’Annexe II, le moratoire de 9 ans garde donc toute sa pertinence et pourra être suivi… au moins jusqu’à la prochaine CITES !
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Lynx
< Le lynx victime du marché de la fourrure >

Cette année encore, les États-Unis proposent de supprimer le lynx roux (Lynx rufus) de l’Annexe II afin de faciliter le commerce de ses peaux. Entre 1998 et 2007, 481 975 spécimens ont ainsi été commercialisés au niveau international, dont 439 177 peaux. La FBB est intervenue auprès des autorités françaises pour s’opposer à cette proposition qui menace le lynx d’Espagne (Lynx pardinus), classé en «danger critique d’extinction», et le lynx eurasien (Lynx lynx).

En effet, les méthodes d’identification actuelles ne permettent pas de distinguer les différentes espèces de lynx puisque les échanges portent, essentiellement, sur des fourrures partielles, en particulier la fourrure claire et tachetée du ventre très prisée dans la confection. Le braconnage du lynx d’Espagne, félidé le plus en danger d’extinction au monde, est une réalité : encourager le commerce de ces fourrures signerait l’arrêt de mort de l’espèce.

Le Parlement européen s’est positionné contre cette proposition des États-Unis et la France semble défendre la même position.

icone happy De l'espoir pour le lynx
COULISSE - 17 mars 2010 par notre délégation sur place

Un point positif : la délégation française nous a réaffirmé son opposition à la proposition des Etats-Unis de supprimer le Lynx rufus de l'Annexe II (pour plus de détails, voir notre article CITES), position qui sera défendue d'une seule voix par l'Union européenne.
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icone happyLa proposition des Etats Unis de supprimer le Lynx de l'annexe 2 rejetée
VOTE - 17 mars 2010 par notre délégation sur place

Pour la 4ème fois, les Etats-Unis proposent de supprimer le Lynx rufus de l’Annexe II afin d’en faciliter le commerce de la fourrure. Aucun consensus mais des positions tranchées, le Pakistan, le Canada, la Chine, le Zimbabwe, le Qatar, le Japon, le Botswana, la Russie ou encore le Sénégal prennent la parole pour soutenir la proposition américaine ; l’Union européenne s’y oppose, elle est rejointe par la Tunisie et la Norvège. A l’issue du vote, 53 pays soutiennent la proposition, 46 y sont opposés et 15 s’abstiennent. La majorité des 2/3 n’étant pas atteinte, la proposition est rejetée. Ce que salue la Fondation Brigitte Bardot.
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Crocodile
< Qui veut la peau du crocodile ? >

Mi-novembre, la Fondation Brigitte Bardot a été auditionnée par la Commission européenne pour présenter ses arguments contre des propositions visant à transférer deux espèces de crocodiles de l’Annexe I à l’Annexe II.

L’une de ces propositions émane du Mexique et vise le crocodile de Morelet (Crocodylus moreletti), l’autre de l’Égypte pour le crocodile du Nil (Crocodylus niloticus). Dans les deux cas, il s’agit de simplifier le commerce international des peaux (cuir) en provenance de «fermes» d’élevage. Mais dans les deux cas, ces «fermes» d’élevage semblent bien peu contrôlées et les espèces sauvages ne font pas l’objet d’un plan de protection alors qu’elles sont victimes d’une dégradation sévère de leur habitat et de nombreux prélèvements illicites pour alimenter le commerce.

Le Parlement européen a rejeté ces deux propositions, mais la position de la France semble plus nuancée… Nous serons par conséquent attentifs au résultat des négociations européennes déterminant la position commune sur ces propositions mexicaines et égyptiennes.

icone happyPour les Parties à la CITES, avant d’être un animal, le crocodile est d’abord un sac !
VOTE - 18 mars 2010 par notre délégation sur place

Le Mexique a présenté sa proposition visant à transférer le crocodile de Morelet de l’Annexe I à l’Annexe II, avec un quota zéro pour les spécimens sauvages à des fins commerciales, afin de faciliter le commerce des peaux en provenance de fermes d’élevage. Cette espèce est présente dans 3 pays (Mexique, Guatemala et Belize). La Fondation Brigitte Bardot, qui a été auditionnée par la Commission européenne sur ce sujet, est fermement opposée à cette proposition car de nombreux jeunes sont prélevés à l’état sauvage pour, précisément, alimenter ces « fermes d’élevage » insuffisamment contrôlées. En tant que pays de l’aire de répartition, le Guatemala a pris la parole pour s’opposer à cette proposition, à moins que celle-ci soit amendée pour permettre le maintien à l’Annexe I du crocodile de Morelet présent au Guatemala. Le Mexique a amendé son texte dans ce sens et la proposition a été adoptée, soutenue notamment par les Etats-Unis et l’Union européenne…

Après le Mexique, l’Egypte a présenté à son tour, et pour les même raisons, une proposition visant à transférer de l’Annexe I à l’Annexe II le crocodile du Nil. Cette fois-ci, le débat est plus partagé car l’Egypte n’apporte pas des preuves que le prélèvement dans la nature ne sera pas préjudiciable aux populations sauvages. Mise au vote, la proposition sera rejetée de peu (60 pays y étaient favorables et 38 y étaient opposés, mais la majorité des 2/3 n’étant pas atteinte la proposition a été rejetée). Après le déjeuner et en ouverture de séance de l’après-midi, coup de théâtre de l’UE qui déclare vouloir revenir sur son vote et sollicite une représentation de la proposition ultérieurement… Avec les voix de l’UE, la proposition égyptienne devrait passer !

L’heure du déjeuner a donc été propice à des rapprochements entre l’UE et l’Egypte afin de trouver des intérêts communs (lesquels ?) pour un transfert de la population du crocodile du Nil en Annexe II… Marchandage, compromissions et petites combines entre amis…
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Requin
< Les Requins >

Une attention toute particulière est portée cette année aux requins puisque pas moins de huit espèces sont proposées pour une inscription à l’Annexe II. Les Palaos et les États-Unis proposent d’inscrire le requin-marteau halicorne (Sphyrna lewini), le grand requin-marteau (Sphyrna mokarran), le requin-marteau lisse (Sphyrna zygaena), le requin gris (Carcharhinus plumbeus), le requin sombre (Carcharhinus obscurus) et le requin océanique (Carcharhinus longimanus). Les Palaos et la Suède, au nom des États membres de la Communauté européenne, proposent d’inscrire le requin-taupe commun (Lamna nasus) et l’aiguillat commun (Squalus acanthias).

Ces espèces sont menacées pour différentes raisons dont une commune à toutes: la sur pêche motivée par la valeur marchande des ailerons. De nombreux requins sont toujours victimes de cette pêche d’une rare cruauté qui consiste à couper les ailerons et rejeter à la mer le requin encore vivant qui, ne pouvant se diriger, coule et finit par se noyer.

Le Parlement européen s’est positionné en faveur de toutes ces propositions, la France devrait logiquement soutenir les deux propositions co-présentées par la Suède au nom de l’UE.

icone happy Les propositions d'inscrire plusieurs espèces de requins en annexe 2 ont échouées.
VOTE - 23 mars 2010 par notre délégation sur place

Cette journée, placée sous le signe du requin, débute avec la présentation, par les Palaos et les Etats-Unis, d’une première proposition visant à inscrire à l’Annexe II le requin-marteau Halicorne (Sphyma lewini), le grand requin-marteau (Sphyma mokarran) et le requin-marteau lisse (Sphyma zygaena).

La proposition initiale comprenait également l’inscription du requin gris et du requin sombre à l’Annexe II mais ces deux espèces ont été retirées de la proposition pour recentrer le débat sur trois espèces de requin-marteau dont les ailerons sont plus difficilement identifiables. La proposition indique que les espèces Sphyran spp. ont décliné de 76 % entre 1992 et 2005.

D’après un inventaire mené à Hong Kong en 2006, les espèces Sphyrna spp. couvertes par cette proposition ont formé collectivement une part considérable du commerce des ailerons (environ 5,9 %). Entre 1,3 et 2,7 millions de S. zygaena ou de S. lewini alimentent chaque année le commerce des ailerons de requins.

Le requin-marteau Halicorne, en danger d’extinction, est de plus en plus ciblé pour ses ailerons très prisés et très précieux dans le commerce international des ailerons de requins du fait de leur grande taille et de leur grand nombre d’épines (cartilage). Le comportement de rassemblement de cette espèce la rend particulièrement vulnérable à la surexploitation car des bancs entiers peuvent être capturés au cours des rassemblements.

Lors de la présentation de sa proposition, la délégation des Palaos fait état de sa situation privilégiée qui a fait bénéficier à sa population d’importantes ressources marines durant une longue période. Mais aujourd’hui, les habitants des îles se préoccupent de la raréfaction de ces ressources, d’où le revirement des Palaos au sein de la CITES (préalablement hostiles aux mesures de préservation) auteur cette année de plusieurs propositions visant à protéger les requins dans un souci de transmission des ressources aux générations futures.

De très nombreux intervenants prennent la parole, le Japon exhorte une fois encore les délégations à rejeter la proposition, la Chine de son côté reconnait la situation préoccupante du requin-marteau tout en faisant la démonstration (photos à l’appui) qu’il existe plus de 400 ailerons de même taille et de couleur similaire, rendant impossible l’identification des espèces concernées. La Chine indique également que les commerçants classent les ailerons par taille et non par espèce et que les saisies portent sur des produits transformés, donc, plutôt que soutenir la préservation de plusieurs espèces par mesure de précaution, la Chine s’oppose et invite les autres délégations à rejeter l’inscription de ces espèces à l’Annexe II.

De sont côté, l’Union européenne soutient la proposition en rappelant que l’objectif des prises portent sur le prélèvement des ailerons, le requin étant ensuite rejeté à la mer. De très nombreuses délégations prennent la parole successivement, et le texte amendé (entrée en vigueur de l’inscription de ces espèces à l’Annexe II retardée de 24 mois) est mis au vote : 75 pays soutiennent la proposition, 45 s’y opposent, 14 s’abstiennent, la majorité des deux tiers n’étant pas atteinte (de peu), la proposition est rejetée.

Après cet échec, les Etats-Unis et les Palaos présentent une autre proposition visant à inscrire à l’Annexe II le requin océanique (Carcharhinus longimanus), avec report de 24 mois de l’entrée en vigueur de l’inscription.

Le requin océanique est classé « en danger critique d’extension » (IUCN 2009) dans l’Atlantique Nord-Ouest et dans l’Atlantique Centre-Ouest sur la base de forts déclins observés. Alors que l’espèce est surexploitée, principalement pour le commerce des ailerons, elle ne fait l’objet d’aucune gestion à travers son aire de répartition. Le requin océanique est considéré comme « espèce préférée » pour la soupe des ailerons ; la valeur élevée des ailerons et la valeur peu importante de la chair a mené à une pratique de découpe des ailerons très répandue. Le groupe consultatif d’experts de la FAO* a conclu que cette espèce remplit les critères d’une inscription à l’Annexe II. A nouveau, le Japon intervient pour s’opposer fermement à cette proposition et demande un vote à bulletins secrets alors que la Lybie souhaitait un vote par voix nominale afin de pouvoir identifier qui votait quoi… Le Japon étant soutenu par plus de dix pays, le vote à lieu à bulletins secrets. Résultat sans surprise après les débats de la matinée, la proposition est rejetée car elle n’atteint pas la majorité des 2/3 (75 pays ont soutenu la proposition, 51 s’y sont opposés et 16 pays se sont abstenus).

* Food and Agriculture Organization – Organisation des Nations Unies en charge, notamment, de la gestion des pêches.

Autre proposition présentée par l’Union européenne et les Palaos, l’inscription à l’Annexe II de l’aiguillat commun (Squalus acanthias). La surexploitation par les pêcheries, le commerce non réglementé et la gestion inappropriée des populations sont reconnus comme les menaces majeures à cette espèce ; l’espèce figure parmi les espèces de requins les plus vulnérables à la surexploitation en raison de son comportement grégaire, de sa maturité sexuelle tardive, de sa faible capacité de reproduction… Sa chair est très consommée, particulièrement en Europe où elle est utilisée pour les « fish and ships » (poissons frits) au Royaume-Uni et pour le « schillerlocken » en Allemagne. L’huile, les ailerons et les peaux sont également largement commercialisées dans les marchés internationaux. En décembre 2009, le Conseil de l’Union européenne a adopté une baisse de 90 % du total autorisé des captures d’aiguillat commun pour l’année 2010, tout en maintenant une autorisation de 10 % pour les prises incidentes. Toutefois, le groupe consultatif d’experts de la FAO considère que l’espèce ne répond pas (encore ?) aux critères d’inscription à l’Annexe II, position reprise par tous les opposants, à commencer par le Japon. La proposition mise au vote (à bulletins secrets à la demande du Maroc) est largement rejetée (67 pays contre la proposition, 60 pour et 11 abstentions).

icone happy Une seule espèce de requin est inscrite à l'annexe 2.

L’après-midi débute avec la proposition des Palaos et de la Suède, au nom de l’Union européenne, d’inscrire à l’Annexe II le requin-taupe commun (Lamna nasus). Les évaluations des populations de l’Atlantique Nord et de l’Atlantique Sud, conduites en 2009, ont indiqué des déclins historiques jusqu’à moins de 30 % du niveau de référence et des taux de déclins plus récents dépassant 50 %. Les pêcheries « non-durables », motivées par la valeur élevée de la chair et des ailerons, sont la menace principale. La chair est commercialisée à des prix élevés au niveau international sous forme fraîche ou congelée, les ailerons sont précieux et courants dans le commerce international, les autres produits commercialisés au niveau international comprennent le cuir et l’huile de foie ainsi que, probablement, le cartilage et d’autres parties. Si le principal marché de la viande du requin-taupe reste l’Union européenne, le Conseil de l’UE a fixé, en décembre 2009, un quota zéro pour les captures de requin-taupe en 2010. Après les débats du matin, les différentes délégations reprennent la parole pour redire plus ou moins la même chose. L’intervention du Canada est à souligner car sa délégation rappelle que lors de la précédente Conférence des Parties (2007), le Canada s’était opposé à cette même proposition (alors présentée par l’Allemagne au nom de l’UE) jugeant que l’espèce ne répondait pas aux critères d’inscription à l’Annexe II. Aux vues des nouvelles données communiquées, le Canada considère que l’espèce répond désormais à ces critères. La FAO intervient dans le même sens, démontrant ainsi que le principe de précaution n’est pas suivi par les Parties à la CITES qui réagissent, trop souvent, lorsque l’espèce est déjà en danger d’extinction. Le vote se fait, une fois encore, à bulletins secrets et aboutit à l’adoption de la proposition (86 pays soutiennent le texte, 42 s’y opposent et 8 s’abstiennent). Très bonne nouvelle donc !


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NAC
< Les NAC en ligne de mire>

Si la mode des Nouveaux Animaux de Compagnie, que l’on retrouve dans les animaleries ou via Internet, fait des ravages chez les particuliers et collectionneurs, elle fait bien plus de ravages encore dans la nature avec des captures toujours plus importantes, une mortalité extrême durant les transports et des populations affaiblies. Il est donc nécessaire aujourd’hui de réglementer plus strictement le commerce de ces espèces exotiques.

Israël propose de transférer de l’Annexe II à l’Annexe I le petit reptile fouette-queue ocellé (Uromastyx ornata) dont les prélèvements pour le commerce ont mis en péril l’espèce dans les 4 états de l’aire de répartition (Arabie Saoudite, Égypte, Israël et Yémen). Le Honduras propose d’inscrire à l’Annexe II l’iguane des îles d’Utila (Ctenosaura bakeri), l’iguane de Roatan (Ctenosaura oedirhina) et l’iguane du Honduras (Ctenosaura melanosterna).

De son côté, le Guatemala propose l’inscription de l’iguane noir du Guatemala (Ctenosaura palearis) à l’Annexe II. Les amphibiens comptant également parmi les victimes favorites des trafiquants, le Honduras et le Mexique proposent d’inscrire à l’Annexe II la grenouille arboricole (Agalychnis spp.). Toujours chez les amphibiens, l’Iran propose d’inscrire à l’Annexe I le triton tacheté de Kaiser (Neurergus kaiseri).

Dans sa résolution du 10 février, le Parlement européen invite instamment la Commission et les États membres à apporter leur soutien à toutes ces propositions. À Doha, la Fondation Brigitte Bardot soutient toutes les initiatives susceptibles de garantir à long terme la survie et le respect de la vie sauvage. Nous profitons aussi de la convention pour appeler une fois encore l’Union Européenne et les pays qui la composent, à interdire l’importation d’animaux sauvages, à renforcer la surveillance des sites Internet marchands où prolifère le trafic et à prendre des mesures encore plus strictes en ce qui concerne l’importation de produits issus d’espèces sauvages

icone happyLa proposition d'Israël de transférer le reptile fouette-queue Ocellé de l'annexe 2 à l'annexe 1 a échouée
VOTE - 18 mars 2010 par notre délégation sur place

Israël a proposé de transférer de l’Annexe II à l’Annexe I le reptile fouette-queue Ocellé (Uromastyx ornata) qui est particulièrement victime du commerce des « nouveaux animaux de compagnie ». Vulnérable en raison, notamment, de la maturité tardive, de la faible fécondité et du faible taux de survie des juvéniles, l’espèce est en déclin dans les 4 Etats de l’aire de répartition (Arabie saoudite, Egypte, Israël et Yémen). Dans la partie méridionale d’Israël, il ne resterait désormais que quelques centaines d’individus contre quelques milliers il y a 10 ans.

Le Japon, le Soudan puis l’Union européenne sont intervenus pour s’opposer au transfert de l’espèce à l’Annexe I… Israël, soutenu par un seul pays (Guinée-Bissau) a finalement retiré sa proposition qui était vouée à l’échec… Ce qui représente, aussi, un nouvel échec pour les défenseurs des animaux !


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icone happyQuatre espèces d'iguane noir du Guatemala désormais inscrites à l'annexe 2
VOTE - 21 mars 2010 par notre délégation sur place

Première proposition présentée ce dimanche 21 mars : l’inscription à l’Annexe II de l’iguane noir du Guatemala (Ctenosaura palearis). Le Guatemala est le seul Etat de l’aire de répartition de cette espèce dont la répartition totale s’étend à moins de 10 km² (haute vallée du Rio Motagua). En danger critique d’extinction, il resterait moins de 2500 animaux adultes, l’espèce fait toujours l’objet de captures alimentant un commerce international illicite pour les collectionneurs privés, principalement aux Etats-Unis et en Europe. Tous les intervenants étant favorables à la proposition, celle-ci est adoptée par consensus.

L’Honduras présente ensuite une proposition visant à inscrire à l’Annexe II trois espèces d’iguane (Ctenosaura bakeri ; C. oedirhina ; C. melanosterna) endémiques au Honduras et victimes d’une destruction et d’une fragmentation de leur habitat. A ces menaces s’ajoutent les captures illicites pour le commerce national de la viande et des œufs, mais aussi le commerce international illicite pour les collectionneurs américains ou européens. Là encore, tous les intervenants étant favorables à la proposition, celle-ci est adoptée par consensus
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icone happyUne espèce de grenouille inscrite à l'annexe 2
VOTE - 21 mars 2010 par notre délégation sur place

Autre proposition de l’Honduras, présentée avec le Mexique, visant à inscrire à l’Annexe II une famille de grenouilles arboricoles (Agalychnis spp.). Les espèces Agalychnis spp. sont exploitées pour le commerce international des nouveaux animaux de compagnie dont la demande provient des Etats-Unis (plus de 20 000 importations annuelles !), d’Europe et du Japon. Ces espèces se trouvent dans la canopée de forêts de plaines aux forêts de montagne humides dans les zones tropicales et subtropicales. De couleurs vives, elles sont attractives pour les collectionneurs et disponibles dans les différents réseaux de vente habituels (internet, animaleries…). Après discussion et soutien de nombreux pays, la proposition est adoptée par consensus.
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icone happyLe triton tacheté de Kaiser inscrit à l'annexe 1
VOTE - 21 mars 2010 par notre délégation sur place

Au tour de l’Iran de présenter sa demande d’inscription à l’Annexe I du triton tacheté de Kaiser (Neurergus kaiseri). Espèce en danger critique d’extinction, dont le déclin est principalement dû aux prélèvements illicites pour le commerce international des nouveaux animaux de compagnie (Europe et Etats-Unis), à l’aire de répartition connue inférieure à 10 km². L’espèce est rare et a subi un déclin de population de plus de 80 % au cours des dix dernières années ; la population totale est estimée à moins de 1000 individus adultes. Là encore, tous les intervenants apportant leur soutien à la proposition, celle-ci est adoptée par consensus.
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Source : http://www.fondationbrigittebardot.fr/site/monde.php?Id=469
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