Courrier boulversant à lire...

Publié le par Ricard Bruno

J'ai reçu ce jour par l'intermédiaire de mon blog le courier ci après que je vous retransmet dans son intégralité.

Bruno Ricard

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L'Animal et l'Homme
COSTES
Permettez-moi cette correspondance, pour vous adresser un texte qui n'est nullement une fiction mais le vécu d'une mère et d'un père dans la fin de vie de notre enfant de 16 ans, triste fin, douloureuse fin qui depuis nous a détruit.

J'ai voulu par ce texte montrer la considération porté à l'Etre Humain en comparaison à l'animal de compagnie, cette expérience nous l'avons vécu, merci de faire en sorte qu'aucun de nos concitoyens ne soient l'objet d'un tel acte qui se fait sous le manteau et trop souvent dans la souffrance, il est nécessaire qu'une loi puisse permettre à tout individu en fin de vie de choisir la façon dont il souhaite quitter ce monde et ainsi d'éviter des dérives qui laissent des familles dans le chaos.

Merci de l'intérêt que vous porterez à ma requête et merci d'avoir pris le temps de me lire, de lire une partie de notre vie que je n'aurais jamais imaginer un jour coucher sur le papier.

Cordialement
Philippe COSTES le papa de Jérôme un Ange désormais


Un texte sur une situation lamentable dans le pays des Droits de l’Homme :



Je m’appelle Orace et je suis de la race canine, je vous écris ce petit mot du paradis des chiens où je me trouve désormais.
Ces quelques lignes pour vous faire part de mon expérience terrestre, le point de vue d’un chien en quelque sorte.
Je suis venu au monde en novembre 1998, issue d’une portée de cinq frères et sœurs que j’ai très peu connus car deux mois après ma naissance, j’ai été placé dans une animalerie de la région parisienne.
Ma vie a donc débuté derrière les vitres d’une cage et j’en ai vu passer du monde, jusqu’à ce jour béni de janvier 1999 où enfin une famille m’a adopté.
Enfin libre, enfin choyé, enfin aimé par mes nouveaux maîtres composés des parents : Valérie, Philippe et des enfants, Alyzée, 8 ans, et Jérôme, 11 ans.
Une belle vie qui s’écoulait dans l’amour de mes maîtres avec qui je partageais tout, jusqu’à ce jour où Jérôme est tombé malade, un cancer venait s’installer dans notre vie si paisible auparavant.
Pendant trois ans je les ai vus tous les quatre faire bloc et se battre contre cette maladie avec tant de force, que je pensais dans ma petite tête de cabot que les choses allaient rentrer dans l’ordre et que nous pourrions revenir à une vie normale, mais hélas ! la vie ici bas est plus complexe, le combat à lui seul ne suffit pas.
La dernière fois que j’ai vu mon petit maître Jérôme, c’était le 7 décembre 2004, il avait 16 ans. Comme très souvent il est allé dans cet institut pour y passer quelques jours, sauf que cette fois-ci il n’est jamais revenu….
Sans le comprendre dans un premier temps, en ce jour du 24 décembre 2004, j’ai fait la fête à tant de personnes qui sont venues voir mes maîtres en pleurs, en fait elles étaient venues pour accompagner Jérôme dans sa dernière demeure, un jardin tapissé de marbre…
Combien de jours, combien de nuits, ai-je entendu les sanglots de mes maîtres ? Je ne peux le dire, mais depuis cette date maudite, la maison était devenue bien triste.
Combien de fois ai-je entendu mes maîtres revivre les derniers instants de vie de Jérôme ? Cette fin de vie indigne, cette fin de vie ignoble qui les torture car si j’ai bien compris, Jérôme n’a pas quitté ce monde dignement, mais par l’hypocrisie du « double effet » d’un traitement voulu par les seuls médecins.
Jérôme est parti par l’injection de plusieurs produits que les médecins ont administrés sans informer mes maîtres, sans qu’ils aient pu l’accompagner jusqu’à son dernier souffle … J’ai cru comprendre aussi qu’il n’était pas parti le visage apaisé…
J’ai cru comprendre également que les médecins, ayant fait cet acte dans leur dos, ne les ont pas accompagnés, ils les ont fuis, mes pauvres maîtres se sont retrouvés seuls, terriblement seuls, sans soutien, sans aide de leur part et cela les a encore plus détruits.
Depuis lors, ils se battent pour dénoncer l’hypocrisie de certaines fins de vie, « des euthanasies qui ne s’assument pas », tant de fois ils ont prononcé cette phrase avec des râles dans la voix.
J’ai fait tout ce que je pouvais pour les sortir de cette tristesse, de cette souffrance, quelque fois je réussissais et j’en était fier.
Les années ont passé, marqué par l’absence de Jérôme, jusqu’à ce que moi aussi je sois touché par la maladie, une infection que les différents vétérinaires n’ont pu soigner.
Mes maîtres ont tout fait pendant deux mois pour me guérir, avec la même hargne que pour Jérôme, n’hésitant pas à dépenser une somme d’argent non négligeable, et malgré notre combat, sous les recommandations du dernier vétérinaire, il a fallu se rendre à la triste évidence, mes jours étaient comptés.
Je me souviens de ce lundi 14 septembre 2009 où le vétérinaire s’est adressé à eux pour leur dire qu’il fallait qu’ils lâchent prise et me laisser partir avant que je ne souffre trop et je leur ai fait comprendre qu’ils devaient le faire pour moi, pour eux, pour ce que nous avions vécu auparavant avec le départ de mon petit maître Jérôme...
Et c’est ainsi que je suis parti de ce monde accompagné de mes maîtres adorés dans l’amour d’une dernière caresse, je me suis éteint doucement sans aucune souffrance et je les en remercie.
Certaines personnes ici-bas pour qualifier certaines morts citent souvent cette phrase « crever comme un chien » et je leur dis que cette citation dans beaucoup de cas est fausse car l’être humain ici-bas ne bénéficie pas du même privilège que nous les animaux : « Quitter ce monde dans la Dignité, proprement, sans souffrance, dans l’amour de ceux avec qui nous avons partagé tant de choses ».
Permettez-moi de vous donner mon sentiment de chien sur la perception de votre monde : « L’homme n’a aucune compassion pour ses semblables, trop souvent celui qui n’est pas concerné décide à la place de l’autre »
PS : A mes maîtres, Jérôme est venu à ma rencontre et nous partageons une vie nouvelle, remplie d’amour, dans l’attente de vous y retrouver. Je gambade désormais dans de vertes prairies lumineuses sous le regard joyeux de votre ange Jérôme.
Philippe COSTES
http://santeusagers.over-blog.com

Publié dans le web en parle

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E
<br /> <br /> c'est vraiment très poignant !<br /> <br /> <br /> reposez en paix , jérome et son fidèle compagnon car ve=ous oeuvrez encore içi bas sans le savoir pour qu'un jour, le monde et les humains deviennent meilleurs !<br /> <br /> <br /> <br />
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L
<br /> <br /> Ce récit est effectivement bouleversant et ma tristesse pour cet enfant est à l'égale de ma tristesse pour ce chien..... La maladie et la souffrance est la même pour les hommes et les animaux...<br /> j'embrasse bien fort les parents et maîtres qui ont égé si courageux...<br /> <br /> <br /> marie Rose<br /> <br /> <br /> <br />
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F
<br /> <br /> Cher Bruno,<br /> <br /> <br /> Je viens de lire le courrier que tu as mis en ligne concernant Jérôme. Je suis allé voir le témoignage de ses parents meurtris à "Sept à Huit" en 2008. Je suis en larmes... Je suis<br /> bouleversé par ce qu'ils ont vécu...<br /> <br /> <br /> Je comprends tellement leur douleur et cette incompréhension face au milieu médical qui aurait dû leur expliquer ce qu'ils faisaient à leur enfant. Ils ont volé à Jérôme leurs derniers<br /> instants ensemble, ces moments essentiels où on a envie de se dire "je t'aime", indispensable pour vivre ensuite. Mon Dieu, quelle douleur doit être encore la leur.<br /> <br /> <br /> Dans le livre que je suis en train d'écrire (tu le sais) à propos des incohérences du milieu hospitalier, de l'absence souvent de dialogues avec les patients et la famille etc... , je vais<br /> évoquer ce drame parmi tous les témoignages que je reçois sur ce sujet, car il me bouleverse vraiment.<br /> <br /> <br /> Merci, cher Bruno, de m'avoir fait connaitre cette histoire si triste.<br /> <br /> <br /> Bien à toi.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> François <br /> <br /> <br /> <br />
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