Emmanuel Bonini publie Brigitte Bardot

Publié le par Ricard Bruno

La véritable personnalité de BB se dévoile dans ce nouvel ouvrage d’Emmanuel Bonini truffé de documents.

Si nous vivions encore au Moyen-Âge, Emmanuel Bonini serait l’avocat de ces femmes brûlées vives lors des chasses aux sorcières. Dans son dernier livre, cet écrivain, spécialiste des biographies d’artistes, défend la cause de la très controversée Brigitte Bardot. Mais Brigitte Bardot, Par amour… et c’est tout! est plus qu’un plaidoyer. Ce livre est le portrait d’une femme devenue star malgré elle et bouc émissaire à cause d’elle. Son caractère entier mais fragile, son aura, lui ont valu d’être une cible idéale pour certaines personnes aimant cultiver le malentendu du moment qu’il les sert. «Parce que sa vérité est plus belle que sa légende», Emmanuel Bonini a voulu rétablir la première en reprenant, point par point, les domaines ayant fait polémique comme l’accusation de racisme dont elle fit l’objet. Au-delà de l’histoire, la publication des lettres reçues ou écrites par BB révèlent sa vraie personnalité, son intelligence et ses qualités d’écritures qui rejettent, loin, très loin, son image, pourtant indélébile aux yeux du monde, de femme objet.

Comment avez-vous fait connaissance de Brigitte Bardot?
Je lui ai écrit, il y a douze ans, pour lui parler d’un de mes livres parlant d’une histoire d’amour entre un adolescent et un chien. Le titre était Parce que j’étais lui, par ce qu’il était Mwouah. Depuis, on s’est pris d’amour et d’amitié. C’est quelqu’un de très important dans ma vie. Pourtant, je ne l’ai pas rencontrée souvent, je ne suis pas un intime de la Madrague.

A-t-elle lu ce livre?
Non, pas encore. Mais on lui a lu des ex-traits et elle avait les larmes aux yeux. Je suis très fier de l’avoir rétablie dans sa vérité. Une vérité que des voyous ont voulu maquiller par voix judiciaire et médiatique.

Rétablir la vérité était votre but initial?
Bien sûr. C’est une femme magnifique. On dit qu’elle vieillit mal, quelle est en décalage avec l’époque, alors si être ainsi, ça veut dire, être en don de soi permanent dans des temps où l’égoïsme, l’égocentrisme, l’individualisme sont rois, oui, elle est en décalage.

Comment vit-elle?
Elle prend ce qu’il y a de beau dans la vie, ce qu’il y a de vrai, c’est à dire, la nature. Or, ce qui compte aujourd’hui, c’est l’image, tout ce qui est superficiel, le fond n’a plus aucune importance, c’est la frime, le fric, l’exploitation de l’homme par l’homme, de l’animal par l’homme, le sacré est bafoué. Brigitte Bardot est une résistante alors que, de tout temps, il y a eu des collabos.

A travers votre ouvrage, on découvre une BB, au caractère entier…
C’est quelqu’un qui ne fait pas de concession. C’est comme ça qu’elle s’est construite et c’est, pour elle, une barrière pour survivre. Ce qui est formidable, c’est que lorsqu’elle prend une cause à cœur, elle va jusqu’au bout. BB, c’est un mec bien, une femme d’honneur.

Qu’est-ce qu’elle aurait pu faire si elle n’avait pas été comédienne?
Elle était destinée à la danse classique. Mais c’est une grande paresseuse et elle n’avait pas la rigueur nécessaire, ne penser qu’à ça. Et Brigitte a toujours pensé à l’amour avant de penser au reste. Aujourd’hui, elle est un Samu social…

«On l’a posée à côté de son image»

Pourtant ce n’est pas l’image qui restera d’elle…
On en a fait la putain du siècle, mais c’est quelqu’un d’extrêmement pudique. Le siècle l’a dégouttée et l’objet sexuel qu’elle a incarné, elle ne l’acceptait pas, parce qu’elle ne se reconnaissant pas dedans. On l’a posée à côté de son image. Plus on est connu, moins on est connu.

Comment sont nés ces malentendus?
C’est facile de diaboliser les gens. Elle n’a jamais milité, ni pour le FN, ni pour aucun parti que ce soit. Tout ce qu’elle veut, c’est qu’il y ait un respect de la vie, pour les plus faibles, notamment, ceux qui ne votent pas, c’est à dire les animaux.

Dans leurs lettres, il apparaît que les femmes adorent BB…
Mais oui ! Elles ont pu avoir peur à une époque car elle représentait le rêve inaccessible de tous les hommes mariés. Elle était d’autant plus dangereuse qu’elle était ni perverse, ni immorale. Aujourd’hui, elles se sont rendues compte que c’est une femme à part entière, connaissant leurs problèmes.

Enfin, elle est d’une incroyable générosité…
C’est trop. Tandis qu’elle donne, elle ne pense pas elle. Elle ne sait pas dire non. C’est une sacrifiée. Elle tire un trait sur son bonheur.
 
Gérald Massé
Brigitte Bardot Par amour… c’est tout !, d’Emmanuel Bonini,
éditions Alphée Jean-Paul Bertrand, 322 pages, 21 €.

Extrait

Objet de désir et d’insultes, aux yeux de son amie Françoise Sagan, Brigitte Bardot est «un être humain qui a su rester beau, naturel, féroce, tendre, aimant les chiens, les chevaux, la mers et les hommes, un être humain relativement très peu abîmé par rapport à ses contemporains et qui eut, cependant, à supporter parfois un supplice intime dix fois pire que le leur». Une femme née pour choquer et qui l’assume en mettant régulièrement le feu aux poudres de l’establishment. Les préjugés ne tiennent debout que par la valeur qu’on leur attribue. L’éducation, la bienséance n’existent que par ceux qui les ont inventées. Moi j’ai inventé le contraire. Propriété de l’universel, c’est peu dire que cette fausse naïve et parfaite ingénue n’aime pas tout le monde et que tout le monde ne l’aime pas. Ce qui en soi serait plutôt rassurant, n’était cette vieille spécificité franco-française qui voudrait qu’une bonne Bardot soit une Bardot morte.

«Accusée Bardot, levez-vous !» Cette formule, retenue en 1958 par les rédacteurs du très conventionnel Jour de France pour légender l’une de leurs couvertures consacrée à la sortie de En cas de malheur, aurait pu être celui de ce livre. (pages 15 et 16).

Source : http://www.lechorepublicain.fr/selection-loisirs-emmanuel-bonini-publie-brigitte-bardot,148.html

Publié dans le web en parle

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MANIGOLD 23/11/2009 10:17


Que l'on arrête de la critiquer en disant qu'elle vieillit mal, tous ces gens malsains et collabos qui ont toujours été jaloux, les envieuses, les collabos,c'est facile de dire cela, ils sont
contents qu'elle ait vieillit après avoir été si belle,
car eux, et dans ce monde d'aujourd'hui, il ya beaucoup de moches, et ils ou elles sont obligés d'avoir recours à la chirurgie esthétique en ayant 25 ou 30 Ans, QUELLE HORREUR, il faut
rester soi même, et notre B.B. a toujours été belle naturellement, sans chirurgie.
Je déteste le monde d'aujourd'hui. Heureusement, que j'ai eu les plus belles années, qui ne seront plus pareils pour les idiots et méprisants d'aujourd'hui, qui n'ont rien connu, et qui se
contentent d'avoir toute la m.... d'aujourd'hui. Ils n'aiment pas entendre parler du passé, c'était si bien ....... Doris (57 ans)