Ferme pédagogique : expulsion sous haute tension à Fuveau

Publié le par Ricard Bruno

Elle a été vidée de ses 600 animaux, hier. La gérante, condamnée pour impayés, avait fait appel à des "renforts". En vain

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Il a fallu du temps pour maîtriser les vachettes. Il a aussi fallu endormir les daims pour vérifier qu'ils n'avaient pas la tuberculose.

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Une ferme en état de siège. Comme si l'ennemi public numéro 1 y était retranché. Aucune communication des gendarmes, comme si le sort d'otages en dépendait. Hier, dès 8 heures du matin, une douzaine de militaires de la brigade de Rousset mais aussi du peloton de surveillance et d'intervention (Psig), épaulés par 4 policiers municipaux et 4 policiers de l'environnement ont déboulé aux abords de la ferme pédagogique de Fuveau, Le Nouveau Monde.

Cause de loyers impayés

La gérante, Joan Van der Meerschen et ses quelque centaines d'animaux, devaient en être délogés pour cause de loyers impayés. "Elle a payé le premier mois, quand elle est arrivée en mars 2010, puis dès le deuxième mois c'est devenu compliqué. Elle nous doit 90 000 euros pour la ferme, et 30 000 pour la maison attenante dans laquelle elle vit", assure la propriétaire qui est à l'origine de la plainte qui a amené la condamnation en appel en novembre de la locataire, qui elle-même aurait, selon 30 millions d'Amis, "déjà été expulsée des Alpes-Maritimes et de l'Aude pour des raisons similaires".

"Des animaux disparus, d'autres déplacés"

Reste que Joan Van der Meerschen n'entendait pas se laisser faire et avait convié 6 amis de sa fille, venus des quartiers Nord de Marseille, pour tenter de se mettre en travers de l'opération.

"On est venu parce que la cause animale nous touche", lâchaient-ils, en choeur alors que le Psig venait de les inviter à déguerpir. "Ils avaient bloqué le portail de la ferme avec des grosses bottes de foin, et l'avaient bouclé avec un gros cadenas. Du coup, les gendarmes ont dû tout exploser pour entrer", expliquait un proche de l'affaire. Explosée aussi une vitre de la voiture de la locataire quand celle-ci a prévenu les pompiers qu'elle allait se suicider et qu'elle s'est enfermée dans son véhicule.

Après quasiment deux heures de palabres, notamment entre les deux huissiers (celui mandaté par la justice et celle par la gérante de la ferme), l'opération a pu démarrer. Et démarrer par une surprise.

Des animaux cachés au sous-sol

"Selon l'huissier, il manquait des animaux, déclarait Arnold Lhomme, enquêteur pour 30 millions d'Amis, et puis elle en avait aussi mis dans le sous-sol de sa maison pour que nous n'ayons pas le droit d'y accéder : notamment des espèces qui valent cher comme des grues couronnées, des wallabys albinos etc... On a récupéré 600 animaux environ qui vont être répartis dans des parcs zoologiques ou en pensions à travers la France".

Une grosse saisie, "surtout en nombre d'espèces différentes", pour cette association mais aussi pour la Fondation Brigitte Bardot et celle de l'assistance aux animaux. Une centaine d'espèces qui a nécessité une préparation de longue haleine en terme de logistique.

Hier une quinzaine de camions ont chargé ces bêtes dont Joan van der Meerschen assurait qu'elles allaient en pâtir au niveau sanitaire.

Elle pestait, il y a quelques jours dans nos colonnes que "ces associations n'ont qu'un but mercantile au final". Arnold Lhomme, de 30 millions d'Amis : "Ça ne nous rapporte rien puisqu'on ne les vend pas ! Et ça nous coûte beaucoup en frais de déplacements et de transports...".

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