Franche - Comté: la mort du lynx des Molunes

Publié le par Ricard Bruno

Face au tribunal de Lons-le-Saunier, le prévenu, ex-président de société de chasse, a reconnu avoir menti

« Que la survie du lynx ne soit pas menacée ne signifie pas que n’importe quel Simplet peut se taper un lynx », a déclaré l’avocat de la fédération des chasseurs du Jura, partie civile. Photo d’archives

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Alors que le procès du loup du Haut-Doubs est déjà fait (sans juge) et qu’il est déjà condamné, l’affaire de braconnage du lynx des Molunes, commune du Haut Jura, a été examinée vendredi par le tribunal correctionnel de Lons. De nombreuses associations, collectif grands prédateurs créé récemment en Franche-Comté, Fondation Brigitte Bardot, Centre Athénas, LPO, s’étaient portées partie civile. La fédération des chasseurs du Jura avait tenu également à se constituer partie civile car elle estime que les faits sont « une atteinte à son image ». Le prévenu, Louis Simplet, un habitant d’Oyonnax de 54 ans, n’était-il pas auparavant président de sa société de chasse locale ?

L’affaire remonte au 2 octobre 2010 et a eu lieu à l’aube, dans un bois. Que s’est-il réellement passé entre le moment où une dizaine de chiens ont cerné un lynx et celui où Louis Simplet est arrivé sur les lieux et a tiré un coup de feu ? En l’air, selon ses dires, carrément sur l’animal, selon ceux de témoins ayant affirmé avoir vu la dépouille à ses pieds. Sauf qu’à l’arrivée des gendarmes, alertés et venus sur place, il n’y avait pas de cadavre du prédateur protégé et devenu animal emblématique, hormis une touffe de poils.

« Braconnier notoire »

À la barre du tribunal, le prévenu a reconnu avoir menti et a changé de version : « J’ai tiré en l’air pour séparer les chiens et le lynx, puis je l’ai suivi dans le bois. Il était mort, je l’ai porté sur mon dos et l’ai ramené dans un coin tranquille. Je n’ai pas bien réagi, j’ai voulu étouffer l’affaire en m’en débarrassant pour protéger notre association de chasse mais je ne l’ai pas tué. »

Les mensonges ne faisant jamais bonne impression au tribunal, le procureur Miansoni a invité le prévenu à dire toute la vérité : « Si vous ne pouvez pas reconnaître avoir tué le lynx, dites-nous où vous l’avez mis, ça ne changera rien au jugement. » Avant de requérir quatre mois avec sursis, la prolongation du retrait du permis de chasse pour trois ans ou l’interdiction de le repasser durant cinq ans, plus la publication du jugement. Pour sa défense, Louis Simplet a lâché : « C’est une tragédie dont je me serais bien passé. Le lynx ne semble pas en disparition à en croire le nombre. »

M e Favoulet, avocat des chasseurs du Jura, n’a pas hésité à asséner : « Le prévenu est un braconnier notoire, condamné pour le braconnage d’un chevreuil deux jours après. Que la survie du lynx ne soit pas menacée ne signifie pas que n’importe quel Simplet peut se taper un lynx et faire ainsi un mal énorme à la chasse. » Partie civile, Ferus, association nationale de protection et conservation de l’ours, du loup et du lynx, représenté par un avocat de Marseille, attend beaucoup du jugement qui, mis en délibéré, sera rendu le 2 septembre prochain.

Source : http://www.estrepublicain.fr/fr/grand-est/franche-comte/info/5396919-Franche-Comte-la-mort-du-lynx-des-Molunes

Publié dans le web en parle

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