Gainsbourg par Bardot : “Chaque retrouvaille était pour lui un miracle”

Publié le par Ricard Bruno

Gainsbourg par Bardot : “Chaque retrouvaille était pour lui un miracle”

Elle avait remarqué son "regard à la fois triste et moqueur" mais comme "habité d'une folle supériorité". Brigitte Bardot évoque Serge Gainsbourg, "l'homme de ses plus belles nuits".

Interview Christian Brincourt - Paris Match

Paris Match. Comment la plus belle fille du monde est-elle tombée amoureuse de “l’homme à tête de chou” ?
Brigitte Bardot. Ce qui m’a ­attirée, c’est le regard qu’il portait sur moi. Un regard que je n’ai jamais rencontré chez un autre homme. Serge était un introverti. Il avait un caractère double, fait de distances, de longs silences, l’ensemble enveloppé d’une formidable chaleur
humaine. Avec, bien sûr, son talent comme dénominateur. Je pense que notre histoire d’amour l’a décomplexé de son physique.

Peux-tu nous raconter les débuts de cette histoire ?
Notre première rencontre sur le plateau d’un film, quinze ans plus tôt, était restée sans suite. Mais un beau matin de 1967, il m’a téléphoné, souhaitant me faire écouter une chanson. J’ai encore sa voix dans ma tête. Il parlait peu et très bas. Il a demandé si j’avais un piano à la maison. C’est ainsi, face à face, dans mon salon, que nous nous sommes découverts. Nous étions aussi ­timides l’un que l’autre. Nous nous terrorisions mutuellement. Il a joué les premières mesures de “Harley Davidson” et commencé à fredonner les paroles torrides. Lui au piano, moi debout, j’ai essayé de fredonner à mon tour. Les mots peinaient à sortir de ma gorge. Il a vu mon ­désarroi et m’a calmée en demandant si j’avais du Dom Pérignon au frigo. J’ai rétorqué que ce serait du Moët & Chandon ou rien ! Après la première bouteille, j’ai chanté avec beaucoup plus de sensualité. Je crois qu’il a été subjugué. Il semblait ­heureux, moi aussi. Le lendemain, il m’a fait livrer une caisse de Dom Pérignon, puis une autre. Une grande histoire démarrait, dans des bulles dorées.

Tu n’as jamais habité rue de ­Verneuil, chez lui.
Même pas une seule nuit. Lorsque Serge a eu l’idée d’acheter cette petite maison du Quartier ­latin, nous l’avons visitée ensemble. Je l’ai trouvée sinistre, trop sombre. Toute notre histoire s’est déroulée avenue Paul-Doumer, au soleil du 6e étage. Mon mari Gunter Sachs n’avait pas la clé de chez moi. Et comme je n’avais pas les clés de chez lui, l’avenue Paul-Doumer était plus simple pour tout le monde.

Avez-vous vécu des moments ­protégés dont tu gardes précieusement le souvenir ?
On peut tout résumer en une phrase : ce fut une rencontre qui dura trois mois sans une ombre, sans un nuage. Quatre-vingt-dix jours d’amour fou. C’était beau, pur. Cela doit tout simplement s’appeler le bonheur...

Retrouvez la suite de cette interview dans Paris Match, n°3223, semaine du 24 février au 2 mars 2011. Point final

Source : http://www.parismatch.com/Culture-Match/Musique/Actu/Gainsbourg-par-Bardot-Chaque-retrouvaille-etait-pour-lui-un-miracle-254539/

Publié dans le web en parle

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François B. 24/02/2011 18:28



Un couple devenu mythique peut-être parce que la passion n'a eu le temps de s'éteindre, Brigitte ayant quitté Gainsbourg au plus fort de leur amour...


Je vais acheter PM dès demain.


Bonne soirée.


François