« Gainsbourg (vie héroïque) » au MK2 Gambetta : l’homme à la tête de chou, à la vie à la mort

Publié le par Ricard Bruno

Brigitte Bardot (Laeticia Casta) comme les autres femmes de Gainsbourg aura été l'une des rares personnes à percer l'armure du chanteur. Photo : Jérôme Brezillon, Universal Pictures France

Brigitte Bardot (Laeticia Casta) comme les autres femmes de Gainsbourg aura été l'une des rares personnes à percer l'armure du chanteur. Photo : Jérôme Brezillon, Universal Pictures France

En 1968, Gainsbourg chantait Comic Strip. 20 ans après sa mort, c’est au tour de Joann Sfar, justement auteur de BD, de lui rendre un vibrant hommage à travers un film très personnel et emprunt de lyrisme. On retrouve sur l’écran cette folle imagination qui a fait son succès comme auteur de BD. Du générique au chat noir qui accueille Gainsbourg chez Gréco en passant par la mise en scène de Gainsbarre, créature au nez immense et à l’œil vitreux.

Sfar a choisi de relater la vie du chanteur dans sa quasi totalité, de son enfance sous l’Occupation à sa liaison avec Bambou. L’admiration sans bornes que le réalisateur voue à  l’homme à la tête de chou imprègne chaque séquence du film. Les scènes défilent très vite : le mariage raté, Gréco, Boris Vian. Une fresque qui se prête malheureusement plutôt mal à la complexité du bonhomme. Les scènes les plus réussies sont d’ailleurs celles où Sfar prend le temps d’arrêter la machine à traverser le temps. Le moment Bardot est ainsi l’une des meilleures séquences du film. On perçoit alors la sensibilité que Gainsbourg s’est évertué à cacher derrière ses multiples provocations lorsqu’il pleure leur séparation devant une photo de Laetitia Casta, sublime dans son interprétation de B.B.

Il voulait être peintre, il devint l'un des plus grands chanteurs français du XXe siècle. Photo : Jérôme Brezillon, Universal Pictures France

Il voulait être peintre, il devint l'un des plus grands chanteurs français du XXe siècle. Photo : Jérôme Brezillon, Universal Pictures France

De Gainsbourg à Gainsbarre

Gainsbourg et Gainsbarre ne se sont jamais quittés. Lorsque Serge se sent bien, son double maléfique s’efface. Lorsqu’il va mal, il n’a plus la force d’y résister. Une des réussites du film tient à la restitution, originale, de ce copinage : déçu de ne pas être à la hauteur de ses exigences en matière de peinture, c’est Gainsbarre qui pousse Gainsbourg à la chanson. Sur son lit d’hôpital, c’est encore son double maléfique qui l’incite à fumer malgré les recommandations des médecins. Il faut d’ailleurs rendre hommage à l’acteur principal, Eric Elmosnino, époustouflant dans ce va-et-vient permanent entre Gainsbourg et son alter égo.

L’artiste considérait avoir cédé à la facilité en choisissant la chanson. Son père, passionné de peinture, s’est pourtant lui-même radouci devant la qualité des créations musicales de son fils. « Lucien,  je t’ai toujours dit que la chanson c’est de la merde. Mais, quand même, je suis fier de toi », lui avouait-il au moment de la liaison avec Bardot. Gageons que, de sa tombe, le chanteur accepte enfin l’idée qu’il fut l’un des plus grands créateurs français de ces 50 dernières années.

Gainsbourg (vie héroïque), de Joann Sfar (2h15). Sortie le 20 janvier 2010.
Avec Eric Elmosnino, Laetitia Casta, Lucy Gordon, Anna Mouglalis, Mylène Jampanoï, Sara Forestier.

Au Mk2 Gambetta, tous les jours à 13h130, 16h15, 19h et 21h45.

 

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Source : http://le75020.fr/paris-XXe-75020-20e-arrondissement/a-la-une/7851-gainsbourg-vie-heroique-mk2-gambetta-tete-chou-film-joann-sfar.paris-75020-info

Publié dans le web en parle

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