La "chapelle" qui dort vaut de l'or à Saint-Tropez

Publié le par Ricard Bruno

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Vincent Roux figure tropézienne, immortalisa notamment BB.

Par legs testamentaire à l’église, le peintre Vincent Roux avait demandé l’édification d’une «chapelle». Des proches dénoncent sa vente par le diocèse au mépris de ses dernières volontés

Herbert Von Karajan ne négligeait pas ses grandes soirées mondaines. La symphonie qui se joue autour du peintre Vincent Roux, disparu en 1991, est tout autre ces jours-ci à Saint-Tropez. La mémoire de celui qui immortalisa BB, qualifié de « grand homme de foi», est au centre d'une vive polémique.

En cause, une chapelle édifiée grâce à un legs de l'artiste, dont le terrain vient d'être vendu pour un projet immobilier. Dans cette affaire, l'association pour la promotion de l'œuvre de Vincent Roux (APPOVR), s'oppose au diocèse de Fréjus-Toulon qui n'aurait pas respecté les dernières volontés du peintre...

Don de 3 MF à l'église

La présidente Michèle Cornut-Caral, copie du testament en main est très claire. «Avant sa disparition, Vincent Roux avait, entre autres, donné une partie du produit de la vente de sa villa - soit 3 283 000 francs - pour qu'une chapelle dédiée à la Sainte Vierge et à Saint-Vincent, patron des vignerons, soit érigée dans le golfe, assortie d'une petite cure».

Elle le sera effectivement sur un terrain appartenant à la paroisse tropézienne, en bordure de la route des Salins. L'édifice, bien que surmonté d'une croix et bénéficiant de tout le nécessaire pour accueillir des fidèles, demeurera hélas une coquille vide.

Encadrée de vignes, la chapelle à la façade défraîchie fait grise mine en 2013. Comme abandonnée. Un panneau de chantier atteste de la vente du terrain de 5 600 m2 et de la division en deux de la parcelle pour un futur projet immobilier des SARL tropéziennes Lou et Revieur (lire par ailleurs).

Croix volatilisée

À l'heure où l'État fait le tri dans son patrimoine immobilier pour renflouer ses caisses, l'église ne semble donc pas en reste. Mais aucune « faute » à se faire pardonner du côté du diocèse varois qui au terme de « chapelle » préfère celui de simple « maison». Sans existence religieuse donc. « L'appellation est erronée et c'est une affaire privée», indique l'économe diocésain avant de raccrocher.

Michèle Cornut-Caral qui brandit une photo de 2009 représentant la bâtisse surmontée d'une croix n'est pas de cet avis. « Ce symbole sacré du christianisme est bien la preuve de l'existence d'une chapelle. Et d'ailleurs c'est le terme qui figure dans le testament pris en compte à l'époque par l'église. Aujourd'hui elle le renie», constate Michèle, attristée de voir comment l'église « profite de la charité chrétienne» du peintre. Vente oblige, la croix en question s'est volatilisée... Cela désacralise-t-il pour autant la « chapelle Saint-Vincent » ?

Source : Cliquez ici

Publié dans le web en parle

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