La Fondation Brigitte Bardot milite pour la défense du Thon rouge, espèce fortement menacée à l'etat sauvage.

Publié le par Ricard Bruno

A quelques mois de l’ouverture de la 15ème Conférence des Parties à la CITES, la Fondation Brigitte Bardot a sollicité l’intervention du gouvernement français pour défendre, au sein de l’Union Européenne, la proposition faite par Monaco concernant l’inscription du Thon rouge (Thunnus thynnus) en Annexe I afin de stopper le déclin déjà bien avancé des populations sauvages.

La FBB sera présente en tant qu’observateur à la COP 15 et nous savons que la France va jouer un rôle important dans le positionnement de l’Union Européenne face à cette proposition. Nous soutenons l’inscription du Thon rouge en annexe I et cela pour différentes raisons :

L’inscription du thon rouge d’Atlantique à l’Annexe I de la Convention est cohérente avec la résolution Conf. 9.24 (Rév. CdP 14) car la population remplit les critères de l’annexe I.

En effet, les stocks de l’Atlantique Est et de la Méditerranée ont subit un déclin de 74,2%, en 50 ans de 1957 à 2007, dont la plus grande partie a eu lieu au cours de la dernière décennie.

Les stocks de l’Atlantique Ouest ont également subit une diminution de 82,4 % sur une période de 34 années.

Si la pêche devait se poursuivre avec le même taux de mortalité, associé à une biomasse du stock reproducteur faible et une surcapacité massive de pêche, nous assisterions à la chute massive des stocks.

Mackenzie et al. (2009) concluent que même si l’interdiction de pêcher le thon rouge dans l’Atlantique Nord-Est et en Méditerranée était presque totale et mise en œuvre entre 2008 et 2022, la population tomberait de toute façon à des niveaux records en quelques années.

Safina et Klinger (2008) affirment même que les stocks de thon de l’Atlantique Ouest sont actuellement en danger d’extinction et qu’il y aurait lieu de proclamer un moratoire immédiatement.

L’organe de gestion représenté par la CICTA ne semble pas maitriser la situation et assurer une véritable conservation du thon à long terme. Celle-ci sous estimerait le déclin des stocks selon Taylor et al. 2009.

De plus, les capacités d’aquaculture seraient estimées à deux fois le total autorisé de captures. Il est important de préciser également que pour obtenir 1kg de thon il faut 15 kg de poisson sauvage.

Les importations totales déclarées en 2009 par le Japon s’élèveraient à 32 356 t alors que le total autorisé est de 29 500 t. Les captures sont significativement supérieures aux quotas légaux (jusqu’à 61 000 t en 2007 selon les scientifiques de la CICTA). De plus, la CICTA fixe constamment des quotas de prise pour les stocks de l’Atlantique Est et de la Méditerranée au dessus des niveaux recommandés par ses scientifiques.

Leurs propositions présentées en juillet 2008 suggéraient un total autorisé de capture pour le stocks du pacifique Est et de la Méditerranée de 8500 à 15 000 t et que la pêche durant la saison de frai (mai, juin, juillet) soit interdite, ainsi qu’un moratoire pour augmenter les chances de reconstitution. Ces mesures n’ont pas été adoptées par la CICTA.

Le thon rouge de l’Atlantique est très vulnérable à des facteurs intrinsèques (comportement grégaire le rendant plus vulnérable aux instruments de pêche) et extrinsèques (le gros de la pêche se passant dans les zones de grande concentration pour le frai) ce qui augmentent encore le risque de voir sa population décliner.

Il y a en plus de l’évidence du déclin de la population de thon rouge dans le monde, une réelle urgence car certaines études tendent à démontrer qu’une saison de pêche supplémentaire entrainerait le déclin irréversible de la population de thon rouge.

Il est donc impératif que le thon rouge passe en Annexe I et qu’une mise en application soit effective au plus vite afin d’enrayer le processus d’éradication de l’espèce, c’est la position défendue par la Fondation Brigitte Bardot.
Source : http://www.fondationbrigittebardot.fr/site/actu.php?id=40223

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