Mythique Bardot à Saint-Tropez!

Publié le par Ricard Bruno

Après Boulogne Billancourt près de Paris, la commune varoise où elle habite lui consacre une exposition. Un parcours au sein de plusieurs vies
C'est dans le film de Roger Vadim

C'est dans le film de Roger Vadim "Et Dieu... créa la femme" que Brigitte Bardot connut son premier très grand succès

 

Je t'aime... Moi non plus. La chanson que Serge Gainsbourg a composée en 1967 et interprétée avec Brigitte Bardot résume bien l'état d'esprit qui anime aujourd'hui la star retirée du monde et le petit port de pêcheurs varois. D'un côté, une femme de 75 ans réfugiée dans sa Madrague comme dans un bunker, assailli de curieux. De l'autre, une cité touristique pour milliardaires en yachts géants et badauds en goguette et en claquettes, à la population décuplée, l'été venue. C'est le moment plus qu'opportun que Saint-Tropez a choisi pour reprendre à son compte l'exposition consacrée à BB de son vivant, inaugurée symboliquement l'an dernier, à Boulogne-Billancourt, le jour de son 75e anniversaire.
 
Cette première version, déclinée en motif rose Vichy, était sous-titrée "les années insouciance". Ici, l'orangé typiquement années 70 a pris le dessus, comme on peut le vérifier dès l'entrée de ville, via ces immenses calicots verticaux qui annoncent l'exposition, toisant deux autres rendez-vous de l'été tropézien: la rétrospective Modigliani au musée de l'Annonciade et le déploiement sur les trottoirs des sculptures monumentales de Botero. Aucun jeu comparatif ici, la notoriété restant du côté de l'ex-actrice et chanteuse, désormais mobilisée par sa seule fondation pour la défense des animaux portant son nom. Ce sont toutes ces facettes, aussi multiples que contrastées, que le visiteur découvre dans un Espace Rendez-vous des Lices, écrin peu glamour mais transcendé par une habile scénographie.

"C'est une adaptation tropézienne, remodelée par rapport au lieu, explique Gersande, chargée de l'accueil du public. Il y a ainsi une reconstitution de sa chambre à La Madrague". Près de 800 oeuvres sont réunies, "provenant surtout de collections privées, comme celle de son ancien mari, Gunter Sachs, car elle a quasiment tout vendu ce qui lui appartenait pour sa fondation". Bernard D'Ormale, l'actuel époux de Brigitte Bardot, souligne "qu'on fait rarement des expositions du vivant des gens. Mais Brigitte fait partie de ces personnes un peu exceptionnelles". C'est pourtant une plongée dans l'intime qu'offre ce lumineux panorama, entre cinéma, mode, design et art. Que l'on soit ou non bardolâtre, ce voyage dans l'Histoire et un passé récent ne peut que passionner. "Notre public, ce sont majoritairement des gens qui ont connu cette époque, précise Gersande.

Comme c'est un lieu de vacances, il y a beaucoup de familles. On voit moins les jeunes seuls. Ils viennent avec leurs parents ou leurs grands-parents". Tout commence par un "couloir du temps" pour situer le contexte historique de sa naissance, le 28 septembre 1934, et de son enfance. Bardot a grandi sous René Coty, Danielle Darrieux, Michèle Morgan et Edwige Feuillère renvoyant alors l'image de comédiennes femmes du monde et élégantes. "Depuis qu'elle est toute petite, elle est actrice?", demande cette fillette à sa mère. Non. C'est dans la danse classique que Brigitte aurait pu s'épanouir, au sein de l'école Bourgat ou au bras de Michel Renault, danseur étoile de l'Opéra de Paris.

Une séance photo pour le magazine Elle va en décider autrement... "La souris aurait pu être petit rat", rit Bernard D'Ormale. Si elle a aimé les hommes (une salle émeraude rend compte de ses multiples passions), c'est auprès des animaux que Brigitte Bardot a su trouver le meilleur. "Petite, elle voulait être fermière, confirme son mari. Elle n'a rien prémédité de ce qui lui est arrivée mais elle assume. C'est une femme d'absolu, libre. Une femme d'émotion et de coeur". Diminuée par une arthrose, ne pouvant plus se déplacer sans béquilles, BB n'était pas là le jour de l'ouverture : "Elle ne se sent pas de refaire le parcours de cette vie, constate Gersande. Elle n'en a ni la force, ni l'envie".
 
Si elle n'a rien demandé ni rien refusé, Bardot a tenu à ce que le public termine la visite par une salle dédiée aux combats de sa fondation. Les images choc de vivisection ou d'abattoirs font ainsi face aux affiches des films Viva Maria! ou Boulevard du rhum. Télescopage en guise de résumé. "Dans un monde devenu marchand, elle n'accepte pas la souffrance épouvantable des animaux, remarque Bernard D'Ormale. Son combat est sans concessions. Elle n'a plus le temps. Elle veut du résultat. Mais ça ne la rend pas heureuse tout ça, de devoir traiter tellement d'horreurs".

Source : http://www.laprovence.com/article/tv-people/mythique-bardot-a-saint-tropez

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